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À l’assaut du ciel

4 novembre 2015

Composition de classe et lutte de classe dans le marxisme autonome italien

Un livre de Steve Wright traduit de l’anglais par le collectif senonevero

Edition augmentée d’une chronologie italienne 1956-1980

300 pages pdf complet :

assaut

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L’opéraïsme est un courant marxiste radical qui s’est développé dans l’Italie des années 1960 et 1970, comme tentative de confronter la théorie générale du Capital avec « l’étude réelle de l’usine réelle ». En rapportant le comportement de lutte actuel de la classe ouvrière à sa structure matérielle actuelle dans le rapport d’exploitation, le but des théoriciens opéraïstes était de comprendre « les nouvelles formes d’action indépendante de la classe ouvrière ». Le livre fort bien documenté de Steve Wright raconte l’histoire de ce courant, nourri de toutes les luttes de l’époque, et s’efforce d’apprécier son apport dans le contexte des récentes mobilisations « contre le capital global ».

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Wilhelm Weitling – L’humanité telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être (1838) [3 à 5]

9 juillet 2013

WilhelmWeitling

Traduction intégrale de Die Menschheit, wie sie ist und trie sie sein soltte, Munich, Ernst éd., 1895, édition identique à la seconde, de 1845. Parties 3, 4 et 5.

III

 CONSTITUTION DE LA GRANDE LIGUE DES FAMILLES DE L’HUMANITÉ

Les conditions nécessaires de la vie humaine, tant individuelle que sociale, sont le travail et la jouissance, et l’existence sociale la plus parfaite consiste dans une égale répartition de ces deux conditions entre tous les membres de la société, selon les lois de la nature et de l’amour chrétien. L’égalité sociale, le plus haut idéal et la base la plus solide du bonheur terrestre, selon les deux conditions essentielles de la vie humaine, à savoir le travail et la jouissance, consiste en deux ordres, à l’intérieur desquels chaque membre particulier de la grande ligue est obligé d’agir selon les lois de l’égalité générale. L’un est l’ordre des familles, ou ordre de la jouissance, l’autre est l’ordre des activités.

L’ordre des familles

 Il est composé par les familles sous la surveillance des membres âgés. Mille familles environ forment une association de familles, et élisent un chef de l’association. Dix associations familiales forment un arrondissement de familles, et choisissent en commun, comme les premières, ou au moyen d’élections générales, un chef d’arrondissement. Chaque arrondissement élit un député au Congrès des grandes associations familiales, et ce Congrès à son tour élit un Sénat, la plus haute autorité législative des associations familiales.

L’ordre des activités

Il se compose des classes des paysans, des ouvriers, du corps enseignant et de l’armée industrielle.

 La classe paysanne. Dix paysans constituent un groupe, et choisissent comme surveillant et dirigeant de leur travail un chef de groupe. Dix chefs de groupes élisent un agriculteur. Celui-ci est responsable de cent paysans ; il doit répartir également entre les chefs de groupe le travail qui lui a été confié et surveiller l’exécution précise et ponctuelle de celui-ci. Dix agriculteurs élisent un bailli [8]. Celui-ci veille au bon accomplissement des devoirs des agriculteurs et désigne à chacun le lieu de travail, les champs, ainsi que la part équitable du travail de chacun. Cent baillis élisent un représentant au conseil de l’agriculture. Celui-ci, dans chaque secteur de l’agriculture, tel que la culture des céréales, des vignes et du houblon, la culture des arbres fruitiers, l’apiculture, l’élevage des moutons, etc., élit un Président au Ministère de la grande association familiale.

Ce dernier enfin est formé par les présidents choisis de cette manière par les classes des paysans, des ouvriers et du corps enseignant.

La classe ouvrière

A cette catégorie appartiennent tous ceux qui s’adonnent aux travaux manuels, aux arts, aux travaux industriels ou mécaniques.

Comme cela se passe pour la classe paysanne, ils élisent un responsable pour dix personnes, un maître pour cent, et dix maîtres élisent une direction des travaux.

Dans un arrondissement de cent directions, il y a une compagnie de maîtres, formée par les travailleurs qui ont réalisé une découverte utile au bien de la collectivité. Les compagnies des maîtres élisent un représentant au Comité de l’Industrie, qui est pour la classe ouvrière l’équivalent du Conseil de l’Agriculture pour la classe paysanne, et à son tour ce Comité de l’Industrie nomme, dans chaque branche d’activité, un président au Ministère.

Chaque membre de la société appartient en même temps aux deux catégories de travailleurs, grâce aux notions préliminaires reçues dans les établissements d’éducation, et travaille dans différents secteurs, selon ses inclinations. Ainsi il peut arriver que quelqu’un, qui est directeur des travaux dans une profession, à l’époque de la moisson ou dans toute autre occasion, collabore aux travaux des champs comme un simple travailleur. Chacun, pour son propre plaisir, peut se consacrer en même temps à une ou plusieurs occupations.

Le corps enseignant

C’est à lui que l’on confie l’occupation de tous les postes, dans les trois branches de l’ordre des activités, pour lesquels plusieurs années d’études sont nécessaires.

Dans ce but, chaque association familiale a un établissement d’éducation ; outre plusieurs écoles artistiques et professionnelles, chaque arrondissement de familles a une école supérieure, et pour dix arrondissements de familles, une université. Les professeurs de la grande association familiale élisent dans chaque faculté un président pour le Ministère.

En outre, les universités, c’est-à-dire ceux qui y étudient et ont atteint un degré élevé de culture, élisent dix de leurs membres au Comité des Doctes.

Celui-ci, comme le Conseil de l’Agriculture et le Comité de l’Industrie, reste en place jusqu’à de nouvelles élections. Le Sénat choisit les professeurs dans le Comité des Doctes, et pourvoit tous les postes importants du corps enseignant.

Chacun, outre les matières d’enseignement, est tenu de se familiariser avec la pratique de quelque travail manuel, avec lequel il peut compléter son temps de travail, si la spécialité dont il s’occupe n’emploie pas entièrement sa journée.

A l’université et dans les écoles supérieures, les cours sont comptés comme temps de travail seulement aux élèves qui s’y sont distingués.

IV

 L’ARMÉE INDUSTRIELLE POUR LES TRAVAUX SOCIAUX COLLECTIFS

Tous les hommes sains et vigoureux sont tenus d’y travailler pendant trois ans.

La durée du travail est la même que dans les autres branches de l’activité et le temps de service s’effectue entre quinze et dix-huit ans.

Ils élisent leurs surveillants jusqu’à un maximum de cent, les autres postes, et les charges de direction relatives aux travaux à exécuter, qui réclament des connaissances scientifiques, sont pourvus par le corps enseignant.

Les surveillants ne peuvent être choisis Que parmi ceux qui restent dans l’armée après leur temps de service régulier.

En dehors des heures de travail, toutes les institutions possibles d’enseignement leur sont ouvertes, et ils sont tenus, durant leurs trois années, d’apprendre un métier de leur goût ou de se perfectionner dans celui qu’ils ont déjà exercé avant leur service ou, encore, de fréquenter les établissements scolaires.

Ceux qui, leurs trois années terminées, n’ont acquis de notions dans aucune matière, sont obligés de rester dans l’armée pour une certaine période, mais peuvent aussi être choisis comme surveillants.

L’armée se divise en différents corps, dont chacun assume un travail particulier.

Si un corps quelconque vient à manquer de volontaires, le tirage au sort décide quels sont les membres des corps les plus chargés qui viendront compléter les plus faibles.

Chaque élève peut, tous les six mois, demander son affectation dans un autre corps.

Il existe un corps d’honneur qui prend volontairement en charge les travaux les plus pénibles. Celui qui sert volontairement pendant un an dans ce corps est exempté du reste du service.

Le droit de vote et la qualité de majorité sont acquis après l’accomplissement du service obligatoire.

Jusque-là, tous doivent se soumettre à leurs supérieurs pour l’exécution des travaux à accomplir, comme auparavant ils devaient obéissance à leurs parents et à leurs enseignants.

L’armée industrielle est organisée militairement et placée sous la direction immédiate du Sénat. Elle est logée, dans les régions où sont exécutés les travaux, auprès des familles, et à cette fin, des chambres sont réservées aux étrangers dans chaque maison.

Si elle doit travailler longtemps dans une région inhabitée, elle se construit des logements provisoires.

L’armée industrielle est obligée de mener à leur fin tous les travaux qui lui sont assignés par le Sénat.

Les principaux travaux auxquels elle se livre sont les travaux miniers, la construction de chemins de fer et de barrages, le creusement de canaux, la construction de routes et de ponts, les coupes en forêt, l’assainissement de marais, le défrichage de régions infertiles, le transport des diverses marchandises ; le nettoyage des ports, des routes et des édifices ; la colonisation de terres lointaines.

A partir du moment où la jeunesse se fortifie dans des travaux de cette sorte, disparaît cette génération fragile, fiévreuse et maladive, et naît au contraire un nouveau genre humain, sain de corps et d’esprit.

V – LE SÉNAT ET LE MINISTÈRE

 L’ordre des familles détermine les besoins de tous, tandis que l’ordre des activités fournit les moyens d’y pourvoir.

En ce qui concerne l’ordre des familles, ou la répartition égale des besoins de tous, le Sénat place, pour faciliter l’administration, un directeur pour dix arrondissements de familles, soit environ un million d’habitants.

Les directeurs doivent aviser le Sénat de l’excédent des biens produits par leur district, déduction faite des besoins du district lui-même, et rendre des comptes précis.

Ils font de même pour la répartition égale des produits, bruts ou manufactures, qui leur sont accordes pour les nécessités de leur district.

L’ensemble de tous les relevés des directeurs met le Sénat en mesure de connaitre exactement et de calculer précisément la qualité et la quantité de tous les besoins de la grande association des familles. Puis le Sénat remet au Ministère les relevés des travaux à exécuter par la collectivité, et a son tour le Ministère repartit ces travaux entre ses membres, de telle sorte que chacun assume la catégorie des travaux dont il est président : l’architecte ceux de la construction, l’agronome la culture des vignes, et ainsi de suite.

Les présidents repartissent les travaux à exécuter entre les baillis, les directeurs et autres officiers de l’armée industrielle ; ceux-ci a leur tour parmi leurs électeurs, et ainsi de suite jusqu’à chaque particulier.

Le Sénat dirige tous les travaux par l’intermédiaire des représentants de chaque profession ; pour la prospérité de tous, il procure les objets nécessaires tels que produits alimentaires, logements, vêtements, produits artistiques et scientifiques, confort et loisirs, repartis avec justice.

Tous les ans, tous les trois ans au maximum selon l’étendue du territoire fédéral, ont lieu de nouvelles élections.

A chaque élection on élit seulement un tiers du Sénat. En même temps que s’achève le service d’un tiers du Sénat, s’achève aussi le service d’un tiers du Congres. Les décisions, au Sénat, sont prises a la majorité des deux tiers. Si cette majorité n’est pas obtenue au Sénat, c’est la majorité absolue qui tranche au Congres. Dans l’ordre des activités, les femmes qui travaillent dans une catégorie de travailleurs ont le droit de vote et sont éligibles.

[8] Le paragraphe relatif à l’Amtmann ne figure pas dans la deuxième édition de 1845, alors qu’elle se trouve dans la réimpression de 1839.

Wilhelm Weitling – L’humanité telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être (1838) [2]

7 juillet 2013

WilhelmWeitling

Traduction intégrale de Die Menschheit, wie sie ist und trie sie sein soltte, Munich, Ernst éd., 1895, édition identique à la seconde, de 1845. Deuxième partie.

II

Si vous avez foi et confiance dans votre juste cause, vous avez déjà à moitié gagné ; avec votre foi vous pouvez déplacer des montagnes. Heureux ceux qui ne voient pas, et ont la foi. Mais ce n’est pas la foi aveugle qui conduit au but, mais celle née de la persuasion.

Il existe une conviction fondée sur l’enseignement du Christ et sur la nature selon laquelle aucun véritable bonheur n’est possible pour l’humanité sans la réalisation des principes suivants :

1. La loi naturelle de l’amour chrétien est la base de toutes les autres lois à réaliser pour la société.

2. Union générale de l’humanité entière en une grande fédération de familles, et disparition de tous les principes mesquins de nationalité et de sectarisme.

3. Égale répartition du travail pour tous et jouissance égale de tous les biens nécessaires à l’existence.

4. Éducation égale, droits égaux et devoirs égaux pour les deux sexes selon les lois de nature.

5. Abolition des droits d’héritage et de propriété des particuliers.

6. Élection des autorités au moyen du suffrage universel : responsabilité et amovibilité.

7. Aucun privilège pour les autorités dans la répartition égale des moyens d’existence, et égalité de leur travail de bureau avec la durée du travail des autres.

8. Chacun, sans porter tort aux autres dans leurs droits, possède la plus grande liberté possible d’action et de parole.

9. Pour tous, liberté et possibilité d’exercer et de perfectionner ses dispositions physiques et spirituelles.

10. Le coupable ne peut être puni que dans son droit de liberté et d’égalité ; jamais dans sa vie. Et dans son honneur seulement par l’expulsion et l’éloignement de la vie de société pendant son existence.

(more…)

Wilhelm Weitling – L’humanité telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être (1838) [1]

30 juin 2013

 WilhelmWeitling

Traduction intégrale de Die Menschheit, wie sie ist und trie sie sein soltte, Munich, Ernst éd., 1895, édition identique à la seconde, de 1845. Première partie.

—-

Les noms de République et de Constitution,

Pour beaux qu’ils soient, ne suffisent pas en eux-mêmes ;

Le pauvre peuple n’a rien dans l’estomac,

Rien sur le corps, et il doit toujours souffrir 

C’est pourquoi la prochaine révolution,

Pour son mieux-être, doit être sociale [2].

 Et lorsque Jésus vit le peuple, celui-ci lui fit pitié,

Et il dit à ses disciples :

La récolte est abondante, mais peu nombreux sont les travailleurs

Priez donc le seigneur de la récolte

D’envoyer des travailleurs dans ses champs [3].

La moisson est haute et mûre, et le travail ne manque pas ; alors venez, travailleurs, pour que commence la moisson. Le champ de la moisson est un champ d’honneur, le travail est glorieux et sa récompense immortelle ; car l’amour du prochain est notre faux, et la véritable loi divine : « Aime Dieu par-dessus tout et ton prochain comme toi-même », qu’elle soit l’acier qui nous serve à l’aiguiser. Approchez-vous donc de la grande troupe des moissonneurs, vous que le travail réjouit et pour qui de telles faux ne sont pas trop lourdes.

La moisson, c’est l’humanité mûrissant vers une perfection terrestre, et la communauté des biens de la terre en est le premier fruit. Le commandement de l’amour nous invite à la récolte, et la récolte invite à la jouissance. Si vous voulez récolter et jouir de votre moisson, obéissez au commandement de l’amour.

Pour faire progresser votre bien-être et obtenir l’ordre, comme on vous le fait croire, on a jusqu’ici écrit et imprimé tant de lois et d’ordonnances qu’elles suffiraient à chauffer vos maisons tout un hiver ; et on n’a jamais requis votre approbation, car elles ne vous apportaient rien que des tracasseries et vous ne leur auriez en aucun cas donné votre assentiment. On ne vous explique pas même le contenu de vos lois, jusqu’au jour où vous leur avez manqué, et vous en êtes punis ; et cela, pour que vous viviez toujours pleins de crainte et dans l’esclavage.

(more…)

The Commune issue 13

15 avril 2010

The April issue of  The Commune is now available. Click the image below to see the PDF or see individual articles as they are posted online in the list below

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‘we are fighting for now and for our future’ – speeches by Jerry Hicks, Steve Kelly, Juan Carlos Piedra

striking against labour’s budget – by Steve Ryan

recession and solidarity in france – by Ramate Keita

anarcha-fems meet – by Bahar Mustafa

royal mail deal: a post mortem – by ‘Postman Pat’

BA strike: against the race to the bottom – by Gregor Gall

obamacare: the nuns strike back – by Ernie Haberkern

ESOL students and staff defend childcare – by Sally Haywill

20 years of namibian independence – by Jade McClune

terre’blanche, ‘black boers’ and the class war – by Adam Ford

gender, nation, class and the first intifada – by Aitemad Muhannah

the deficit! the deficit! but what about unemployment? – by Oisín Mac Giollamóir

‘blair plus’: a future fair for all? – by David Broder

flying the flag for socialism in scotland – by Ewan Robertson and Angela Gorrie

anna walentynowicz: an inspiring class fighter – by Chris Ford

questions of communist recomposition – by Ed Griffiths

for a league of communists – by Allan Armstrong

political platform of our communist network

upcoming events

the commune – numéro de janvier 2010

13 janvier 2010

Le numéro de janvier de The Commune est désormais disponible en ligne, ou peut être commandé auprès de uncaptiveminds@gmail.com. Sommaire des articles plus bas.

a class war in westminster? – by Adam Ford

theocrats in iran strike out against activists – by Anahita Hosseini

burn the borders – by the collective for solidarity with the accused of Vincennes

north devon hospital strike – by a UNISON branch official

no more no2eu?

serwotka re-elected

barack obama’s first year in charge – by Ernie Haberkern

a new left for a new decade – by Steve Ryan

an alternative to the age of austerity – by Chris Ford

no answers from copenhagen climate summit – by Mark Ellingsen

islamic republic mark II: theocracy with a smiley face? – by Nathan Coombs

the road to oil: hope and fear in congo – by Taimour Lay

does recession stifle resistance? – by Sheila Cohen

trades union congress: no saviours from on high – by Clifford Biddulph

british airways court ruling flies in the face of democracy – by Gregor Gall

an alternative view of the classroom – by a Tower Hamlets primary teacher

why such scope for union-busting in schools? – by Florence Mensah

letters – time to vote labour?; syndicalism resurgent; republican socialist convention

a new decade… the task: to build from below – by Dave Spencer

cracks in the electoral tactics of france’s anti-capitalist party – by Ramate Keita

is a workers’ government a capitalist government? – by David Broder

the commune’s december aggregate meeting – by Mark Ellingsen

the commune’s activities

L’essor et la chute du communisme

3 septembre 2009

Traduction d’une note de lecture parue dans le Socialist standard de septembre 2009.

The Rise and Fall of Communism [L’essor et la chute du communisme]

par Archie Brown ( Bodley Head. 2009. £25)

Archie Brown, professeur à Oxford et expert sur le sujet, commence par définir ses mots. Par Communisme (avec un C majuscule), il entend ce qui existait en Russie et dans 14 autres pays et qui existe encore aujourd’hui à des degrés divers dans cinq d’entre eux (Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cuba et Laos), caractérisé par la monopolisation du pouvoir par un parti communiste, organisé de façon rigide, hiérarchique et discipliné, la propriété étatique des principaux moyens de production et une économie dirigée de haut en bas. Par communisme (avec un petit c), il  définit «la société auto-administrée,  sans état, coopérative» que le Parti communiste avait proclamé comme objectif à long terme – et qui était l’objectif de Marx aussi (et aussi notre seul et immédiat objectif, même si nous préférons l’appeler le socialisme).

Ceci pris en considération, ce tome de 700 pages est un compte-rendu objectif de l’histoire et de la disparition en Europe des régimes communistes (ce que nous avions appelé capitalisme d’État) qu’il considère comme le fait marquant du 20° siècle. Malheureusement pour nous, communistes authentiques, en dehors de la douleur infligée aux travailleurs des pays concernés, ceux-ci ont traîné le nom du communisme (avec un petit c) dans la boue, rendant ainsi d’autant plus difficile la tâche de diffuser l’idée d’une société sans état, sans classes, sans argent comme l’alternative au capitalisme

ALB