Posts Tagged ‘Espagne’

Solidarité avec les mineurs espagnols en grève

16 juin 2012

Traduction d’un article de Workers Liberty publiée par le site millebabords.org.

Les mineurs de charbon espagnols, principalement localisés dans les Asturies, dans le nord du pays, se sont mis en grève illimitée depuis la fin du mois de mai contre les mesures d’austérité du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Alimentée par la spéculation immobilière massive – une bulle spéculative qui a maintenant bel et bien éclatée – les diktats du FMI et par la détérioration de la crise capitaliste, l’économie espagnole a plongé dans la récession au deuxième semestre de 2008 et, depuis lors, des millions d’emplois ont été perdus. Avec 30 milliards d’euros de réductions budgétaires, ainsi que d’énormes augmentations d’impôts, l’Espagne connaît désormais l’un des taux de chômage les plus élevés dans l’UE.

Les mineurs ont réagi avec colère face à la volonté du pouvoir de réduire de 60% les subventions gouvernementales accordées à l’industrie minière. Cette réduction signifie à coup la destruction de cette industrie et fera sombrer les régions qui dépendent du charbon dans la misère noire. Environ 8.000 emplois sont en jeu et les syndicats estiment que 30.000 autres seront indirectement touchés.

Les mineurs des deux plus importantes fédérations syndicales, les Comisiones Obreras (CCOO) et l’Unión General de Trabajadores (UGT), sont unis dans leur opposition aux mesures gouvernementales et la grève est suivie à 100%. Beaucoup d’autres syndicats à travers le pays ont promis un soutien ; les travailleurs des transports ont déjà mené des actions aux côtés des mineurs et une grève générale de 24 heures est prévue (le 18 juin dans le bassin minier asturien, NdT).

Des barrages routiers et ferroviaires sont mis en place tous les jours dans la région. Un certain nombre de mineurs ont organisé des occupations des puits. Le 31 mai, les mineurs ont manifesté dans les rues de Madrid, où ils ont été attaqués par la police anti-émeute qui a utilisé des gaz lacrymogènes. Dans d’autres affrontements, la police a utilisé des balles en caoutchouc. Malgré le black-out médiatique, des informations suggèrent que dans certaines régions des Asturies, il y a presque un climat de guerre civile. Il s’agit clairement d’un conflit qui a le potentiel de durer pendant une longue période.

Les Asturies, la principale région minière, a une longue histoire de militantisme ouvrier. « Asturias la Rouge » a été l’un des principaux centres d’opposition au général Franco. Pendant la grève des mineurs britanniques de 1984-1985, les mineurs espagnols ont été particulièrement actifs et généreux dans leur soutien à leurs camarades d’outre-mer.

De la même manière que les mineurs britanniques étaient autrefois considérés comme l’avant-garde du mouvement ouvrier, les mineurs espagnols sont considérés par beaucoup comme l’avant-garde du reste du mouvement syndical espagnol. Cette grève pourrait être l’étincelle qui enflammera toute la péninsule ibérique.

John Cuningham, Ancien mineur, secrétaire du Spanish Miners’ Solidarity Committee.

Pour plus d’informations (en anglais):

Spanishminerssolidarity@hotmail.co.uk

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Déclaration de la Fondation Nin sur l’affaire Garzón

22 avril 2010

Le juge Garzon

En Espagne, le Tribunal suprême a lancé des poursuites contre le juge Balthazar Garzón qui, pour la première fois, a voulu enquêter sur des disparitions pendant la guerre civile et sur la répression sous le régime franquiste, considérant qu’il viole ainsi la loi d’amnistie mise en place après la mort du dictateur. La Fondation Andreu Nin condamne la procédure engagée contre le juge Garzón qui vise à empêcher la connaissance des crimes franquistes et porte atteinte aux droits des victimes, tout comme elle dénonce la loi d’amnistie de 1976 permettant l’impunité des tortionnaires, les crimes contre l’humanité étant imprescriptibles. La fondation exprime son indignation face au comportement anti-démocratique de la justice espagnole au plus haut niveau, protégeant les criminels et les groupes mafieux liés aux forces sociales et politiques de l’ancien régime, et invite à une réponse forte.

Texte complet en espagnol:

LA FUNDACIÓN ANDREU NIN, ORGANIZACIÓN QUE TIENE POR OBJETO LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA REVOLUCIONARIA EN NUESTRO PAÍS Y POR EXTENSIÓN LA DE LOS DERROTADOS EN LA GUERRA CIVIL ASÍ COMO LA DE LOS PERSEGUIDOS Y REPRESALIADOS POR EL FRANQUISMO, QUIERE PONER DE MANIFIESTO:

1º. Expresar nuestro rechazo a los procedimientos judiciales incoados contra el juez Baltasar Garzón que, de acuerdo con la legislación vigente (Ley de Memoria Histórica), ha pretendido reparar, en la medida de lo posible, los derechos que asisten a los familiares de las miles de víctimas esparcidas por todo el territorio de este país.

2º. El objeto de este atropello, impropio de una sociedad democrática, no es otro que evitar el conocimiento por parte de la sociedad civil de los crímenes cometidos por la dictadura franquista.
3º. Pero las medidas judiciales que se pretenden aplicar al juez Garzón son, igualmente y sobre todo, un ataque anti-democrático a las miles y miles de víctimas y familiares del régimen franquista. Con ello se vulneran los derechos elementales a la localización de los asesinados, al recuerdo honroso de los mismos y a la necesaria reparación hacia sus familiares.

4º. Denunciamos la Ley de Amnistía de 1976 que con la contrapartida de la liberación de los presos políticos, perseguía la impunidad para los beneficiarios, torturadores y criminales al servicio de dicho régimen. Como recuerda la legislación internacional, los crímenes contra la humanidad no pueden ser nunca objeto de ninguna amnistía.

5º. Manifestar nuestra indignación por el comportamiento pre-democrático de la Justicia española y de sus más altas instancias, elevada por gracia de sus decisiones, a protectora de la indecencia más descarnada: la protección de delincuentes responsables de delitos contra la humanidad y de grupos mafiosos vinculados a las fuerzas políticas y sociales herederas del antiguo régimen.

6º. Repudiamos la conformación en nuestro país de un bloque social anti-democrático, organizado y orquestado por el Partido Popular (brazo político de GÜRTEL) y del que forman parte instituciones como la Justicia, la patronal CEOE, la Iglesia y los numerosos medios de comunicación afines a los mismos, todos ellos portadores de un proyecto político y social autoritario y restrictivo para las libertades democráticas.

7º. Solicitar de las fuerzas políticas democráticas, anti-fascistas y progresistas la tramitación de medidas legales a fin de facilitar la prohibición de grupos, partidos, asociaciones y entidades de carácter fascista.

8º. Llamamos a la “mayoría social” de este país, a los trabajadores, a los partidos democráticos y de izquierda, organizaciones sindicales, movimientos sociales, asociaciones cívicas y culturales y en especial a las que trabajan en la recuperación de la memoria histórica, a preparar y articular una contundente respuesta cívica en defensa de la DEMOCRACIA y contra la pervivencia de todo residuo fascista en la sociedad española.

9º. Por último expresar nuestra identidad con los objetivos de las personas encerradas en la Escuela de Relaciones Laborales de la Universidad Complutense. Hacemos nuestros sus motivos. Hoy como ayer:

¡DEMOCRACIA SÍ! ¡FASCISMO NUNCA MÁS! ¡FUERA FASCISTAS DE LA ADMINISTRACIÓN DE JUSTICIA!

Madrid, 14 de Abril de 2010 (¡Viva la República!)

JUNTA DIRECTIVA DE LA FUNDACIÓN ANDREU NIN

Barcelona ! (1909)

27 août 2009

Nous complétons notre précédent document sur la grève et la « semaine tragique » de Barcelone en 1909 [Appel à la solidarité (SFIO, 1909) ] par cet article paru dans le Socialist standard en septembre 1909 (en anglais):

The workers of Catalonia and of the industrial city of Barcelona have risen in revolt against their oppressors—and have been crushed. A shady mining concern with international capitalist interests involved had been established in the territory of the Riff tribes of Morocco, close by the town of Melilla, which is occupied by the Spaniards. The natives, suspecting that this forbode them no good, took steps to turn out the invaders, the representatives of the modern enslavers, the international capitalists. As a consequence the Spanish workers were called upon to turn out and, at the risk of life and limb, protect their masters’ property—were ordered to go to Africa and massacre a foreign people with whom they had no quarrel. Now Barcelona, at least, has, like Paris, the revolutionary tradition, and there has been plenty of anti-militarist, direct-action, aye, Anarchist propaganda, there. Doubtless also many of its toilers argued that, since lives must be risked, ’twere better to risk them fighting the real enemy at home, the monopolisers of the means of life, rather than in fighting the brown-faced Moors against whom they had no enmity. And so after speeches and strikes came barricades. However, modern artillery and magazine rifles, handled as these were by often unwilling soldiers, made short work of all these and there is now a further collapse of « direct action » to record. Hitherto the Spanish workers, very generally, disdained Parliamentary action. Perhaps events will show them the need for using the means to hand, namely, the political machinery, however backward that machinery and however difficult the obstacles may be. It is good to note the spirit of revolt in the Spanish workers. When they have got over their present Anarchistic tendency they will make rapid strides, like the quick-witted people they are, to their freedom in Socialism.

H. J. Halls

Photo extraite du blog El Ventano

Photo extraite du blog El Ventano

Appel à la solidarité (SFIO, 1909)

14 août 2009

Il y a cent ans…

Appel de la Commission administrative permanente du Parti socialiste paru dans L’Humanité du 14 août 1909.

Citoyens, camarades,

Aux deux extrêmités de l’Europe, la classe ouvrière s’est dressée.

En Espagne, c’est en application même des résolutions de nos Congrès internationaux que nos frères se sont levés, afin de protester contre l’odieuse aventure marocaine.

A Barcelone, à Sabadell, à Mataro, dans toute la Catalogne, la protestation a été véhémente et héroïque, et si le mouvement ne s’est pas étendu davantage, c’est que le gouvernement, violant les lois constitutionnelles, a emprisonné les hommes de cœur, les socialistes, qu’il savait capables d’entraîner les masses ouvrières derrière eux.

En Suède, c’est tout le prolétariat qui s’est dressé là, non pas contre le gouvernement, mais contre le patronat, contre le capitalisme, et c’est un duel formidable dans lequel il ne faut pas que la classe ouvrière soit vaincue.

Le Parti socialiste fait appel aux prolétaires de France pou qu’ils manifestent leur solidarité à nos frères d’Espagne et de Suède. Ici, il faut panser les blessures, là il faut aider la lutte qui continue.

Les prolétaires de France n’oublieront pas qu’en maintes circonstances ils ontt reçu des marques de solidarité des camarades de l’Internationale. Autrefois, ils ont reçu, aujourd’hui, ils donneront.

Ils affirmeront ainsi la puissance et la grandeur des liens qui unissent dans l’Internationale les classes ouvrières de tous les pays.

Vive la Solidarité internationale!

huma14-08-1909

L'appel placé en Une de l'Humanité

Barricade à Barcelone en juillet 1909

Grève générale en Suède (1909)

MIL (film de Martina Loher Rodriguez, 2008)

8 juillet 2009

Présentation du film par sa réalisatrice :

À travers l’histoire de la famille Solé Sugranyes, le documentaire « MIL » retrace l’existence du Mouvement Ibérique de Libération, cellule révolutionnaire catalane à la fin de la dictature franquiste. Lors d’un long voyage qui commence à Genève, qui passe par l’Espagne pour revenir finalement en Suisse, le film fait découvrir le réseau entre les différents personnages et lieux. A Barcelone, nous rencontrons Xita, 85 ans, mère de onze enfants, dont cinq ont été impliqués dans la lutte du MIL, groupe pratiquant l’agitation armée lors de nombreuses expropriations de banques. Après une année de vie clandestine ils sont persécutés par les autorités. L’un d’eux, Oriol, perd la vie lors d’une tentative d’évasion. Il est abattu par un membre de la police franquiste. Au long des entretiens avec la famille, des pistes qui ramènent en Suisse surgissent…

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

+ « MIL – Martina Loher Rodriguez« , posté avec vodpod

Voir aussi:

Guerre de classe au Bangladesh et à Gijon en Espagne

26 mai 2009

Repris du blog Spartacus, animé par les camarades d’Echanges.

En cette fin du mois de mai 2009, les mouvements sociaux radicaux se sont multipliés alimentés par la crise de surproduction mondiale. Dans les pays de surexploitation des usines manufacturières les répliques ouvrières sont à la mesure non seulement du taux d’ exploitation, mais aussi de l’ inflation en moyenne de 20%. Elles sont directement violentes et « enragées » comme le dit la presse. Mais tout aussi enragées sont les forces de répression qui du nord au sud interviennent de plus en plus , contre le prolétariat cet ennemi intérieur du Capital.

Bangladesch_usines_en_feu_2009_jpgAu Bangladesh, la classe ouvrière de l’ industrie textile est en révolte constante contre l’ organisation patronale  (BGMEA). Depuis le 10 mai 2009, un mouvement quasi insurrectionnel est monté d’un cran, des dizaines d’usines seront de nouveau incendiées et détruites par les prolétaires.

Tout semble avoir débuté, quand un groupe d’ouvrier ( non payé depuis des mois) a exigé le paiement des salaires. Le lendemain ils auront la réponse, ils trouvent l’ usine  fermée. Ils ne restait plus aux travailleurs qu’ à manifester devant les autres usines et d’ en appeler à la solidarité. A cause commune réplique commune, des milliers d’ exploités vont les rejoindre et trouveront rapidement en face d’eux les agents de sécurité des usines, qu’ils vont affronter. Plus de, 20 000 prolétaires sont dans les rues, bon nombre d’ entre eux commencent alors à incendier  les usines textile et de filature. Les principales autoroutes  sont bloquées par des véhicules en flamme. L’ armée va alors intervenir transformant les rues en champ de bataille, mais aussi déclenchant dans tout le pays une solidarité active de classe. Les principales villes manufacturières du pays, sont aux prises avec des émeutes, la fédération patronale (BGMEA) exige plus de « sécurité » et menace même de fermer tous les sites de production. Certains patrons, décident malgré l’ interdiction de BGMEA de revaloriser les salaires de 20 %, c’ est à dire selon le taux d’ inflation lui aussi de 20%.

Les syndicats officiels, complètement débordés, ont condamné ces “coups de folie”, ainsi que “la destruction insensée du matériel”.

Gijón, Espagne: Les travailleurs des chantiers navals affrontent les forces anti-émeute

naval_gijon4_6053a C’ est l’ annonce de la fermeture du site pour le 31 mai 2009 et le sort des préretraités[1], qui vient de mettre le feu aux poudres. Depuis  plusieurs jours et notamment depuis la charge d’ une manifestation le 17 mai par les forces anti -émeutes la tension ne cesse de monter. Une véritable guérilla avec les forces de l’ ordre drivé par un hélicoptère qui survol le chantier va s’ engager. Les prolétaires assiégés, vont riposter avec des cocktail Molotov, des boulons, des frondes, des fusées… Même des grues seront mises à contribution pour déposer des containers en feu comme barrage.  Ici aussi la solidarité de classe est indispensable pour lutter efficacement contre les forces de l’ État, depuis le début du conflit ils ont le soutien d’un autre chantier, Juliana, lui aussi, menacé de fermeture. Le propriétaire Factorías Vulcano  a même essayé de récupérer le matériel pour le déménager vers un autre de ses chantiers situé à Vigo. Le chauffeur du camion dépêché pour effectuer ce déménagement en a été  empêché par les  travailleurs du chantier naval Juliana de Gijón .

Vigo: les métallos dans les rues

Dans la région voisine, à Vigo les ouvriers de la métallurgie sont eux aussi en action  la grève du secteur vise à débloquer les négociations autour du renouvellement d’une convention collective qui concerne 27 000 personnes  .Des barricades enflammées ont été dressées pour bloquer les accès des principaux polygones industriels.

Après les assemblées générales du matin, les ouvriers sont partis en manifestations, ils vont bloquer les principaux carrefours de la zone portuaire, ainsi que tous les accès de la ville, routes et autoroutes.Les blocages de routes et les affrontements consécutifs aux interventions policières pour dégager les manifestants se sont étendus à d’autres endroits de la ville : barricades enflammées, coupures de grandes avenues avec des bobines de bois, bagarres dans les chantiers naval de Barreras et Vulcano où les travailleurs se sont enfermés et ont attaqué la police. Dans le centre de la ville, au moins quatre des principales agences bancaires sont bloquées.

Affrontements aux chantiers navals de Gijón:


[1] Il s’ agit de la défense  d’un accord signé par les syndicats jaunes de la gauche politique au pouvoir (UGT et CCOO), dans lequel a été « oublié » le sort des préretraités. Les deux syndicats maintiennent leurs positions, disant que « tout est réglé » et exigent des travailleurs qu’ils abandonnent l’occupation du chantier Pour leur part, les préretraités demandent à voir de leurs propres yeux la police d’assurance signée garantissant le versement de leur pension et ont réaffirmé que si tel était le cas, ils abandonneront le chantier « en cinq minutes». C’est manifestement là-dessus que cela coince car les travailleurs ne font aucunement confiance à des patrons et des administrateurs qui se sont permis d’accumuler les retards de paiement de leurs indemnités et qu’ils n’ont pu obtenir que par la lutte.

Un esbozo de la historia del MIL

20 avril 2009

Article (en espagnol ) de Sergi Rosés sur l’histoire du MIL (Movimiento Ibérico de Liberación) publié dans Balance N° 32 (novembre 2008). Sergí Rosés est l’auteur du livre El MIL: Una historia política (Alikornio, Barcelone, 2002), édité aussi en français: Le MIL: Une histoire politique (Acratie). Une version française de cet article existe ici et dans le livre Révolution, lutte armée et terrorisme (L’Harmattan, 2006). Un fonds d’archives numériques du MIL en français existe ici.

Un esbozo de la historia del MIL [1]

Sergi Rosés Cordovilla

El MIL es un grupo prácticamente desconocido fuera de Catalunya. Cuando es evocado, lo es siempre en términos simplistas, y rodeado del mito. Este mito, que le ha sido creado a su pesar tanto por la izquierda como por la historiografía y el periodismo oficiales, se alimenta de las acciones armadas del grupo y especialmente del asesinato de uno de sus miembros, Salvador Puig Antich, por el estado burgués en marzo de 1974 mediante el “garrote vil”. Pero esta mitificación esconde, evidentemente, lo que es más interesante del MIL: las motivaciones de sus acciones, sus aportaciones a la lucha de clases en la Barcelona de principios de los 70, su discurso político. Este artículo no pretende ser más que una presentación general de su teoría y su práctica, con la esperanza de contribuir a rescatar al MIL tanto del olvido como de su caricaturización.

Intentar recuperar la verdadera historia de lo que fue el Movimiento Ibérico de Liberación-Grupos Autónomos de Combate (MIL-GAC), es mucho más que hacer una crónica detallada de sus acciones de expropiación y de la detención, proceso y asesinato de Salvador Puig Antich. Es mostrar por qué y cómo se formó este grupo, qué propuesta política defendía y la alternativa revolucionaria que ofrecía. Haciéndolo así, se descubre que el MIL no era un grupo anarquista o incluso terrorista de lucha armada, catalán o no, con un mártir recuperado por el sistema, sino un grupo con una propuesta nítidamente diferenciada de la oposición antifranquista, totalmente original en el panorama español de la época, con fuertes raíces teóricas en corrientes revolucionarias de matriz marxista antileninista y que se consideraba a sí mismo no como otro grupo político más de la extrema izquierda, sino como un grupo de apoyo al movimiento obrero del momento. De esta manera, hablar del MIL-GAC exige hablar, sobre todo, de su itinerario político: sólo así se puede descubrir qué había detrás de este grupo de revolucionarios que han pasado de ser considerados, durante el franquismo, como “gángsters”, a convertirse después, simplemente, en “alocados utópicos” o, en el mejor de los casos, en luchadores antifranquistas. Para ello, hace falta comenzar a desmontar los mitos.

Estos mitos empezaron a fabricarse pronto, dado que el tema del MIL ha interesado desde la feroz represión que se abatió en septiembre de 1973 sobre sus componentes, con lo que en la actualidad contamos con un considerable dossier de libros, artículos, documentales y hasta una película que lo han abordado. Desgraciadamente, la gran mayoría de una manera doblemente falseadora: primero, por ocuparse no del MIL sino prioritariamente de uno de sus componentes individuales, Puig Antich, al que se ha añadido últimamente el interés por el otro activista muerto, Oriol Solé Sugranyes; segundo, porque el tratamiento dado a estos trabajos se ha centrado, en el caso de Puig Antich, en los aspectos más despolitizados del tema, buscando el lado más sensible (o más morboso) de la cuestión y evitando o maquillando el verdadero sentido de su lucha [2], y en el de Solé Sugranyes, falsificando grosera y profundamente su compromiso político [3]. Como resultado, sabemos hoy mucho sobre las doce últimas horas de Salvador Puig Antich, algo sobre las expropiaciones del MIL, y casi nada sobre la auto-organización de la clase y los grupos de apoyo.

Sí se han realizado esfuerzos serios para arrojar luz sobre el tema: centrándonos sólo en las monografías, a los libros editados a finales de los 70 y principios de los 80 de Telesforo Tajuelo [4] (el primer historiador en analizar seriamente la cuestión), de “Carlota Tolosa” [5] de Antonio Téllez [6], y las dos antologías de textos del MIL -realizada una por diversos colectivos libertarios barceloneses [7] y la otra preparada por “André Cortade” [8] (desgraciadamente no editada en España), se han añadido recientemente, después de un silencio de casi dos décadas, unas cuantas obras más (además de las reimpresiones de la mayoría de las obras anteriormente mencionadas), señalando un renovado interés en el MIL: una selección de textos del MIL, GAI y GARI [9] un volumen realizado a partir de testimonios y entrevistas de los protagonistas [10], unas memorias de un protagonista directo [11], y la apertura de un archivo en internet conteniendo los textos originales del grupo [12]. Pero en el caso de los textos de síntesis histórica que conforman la mayor parte de estas obras, al lado de aciertos hay serios errores de interpretación y, a pesar de la buena voluntad de los autores, esta amalgama ha ido conformando una historia oficial que ha colaborado, también, a la perpetuación de algunos de los mitos que rodean al MIL [13].

Para hacer la historia del MIL hace falta enmarcar a este grupo en el contexto no sencillamente de la España del tardofranquismo, sino específicamente en el del movimiento obrero del área de Barcelona y dentro de todo un proceso de clarificación teórica, política y organizativa de éste. El grupo no fue la invención más o menos exótica de un grupo de jóvenes, ya que sus orígenes están íntimamente ligados con la aparición, en la Barcelona de finales de los años 60, de un movimiento obrero que estaba rompiendo con las organizaciones de la izquierda e iniciando una marcha hacia la configuración de una autonomía obrera, mediante una tendencia surgida en las Comisiones Obreras [14] que se llamaba Plataformas de CC.OO.

Resumiendo mucho todo el proceso, se puede considerar 1970 como el año clave en el itinerario que llevó a la constitución del MIL, que se formó “oficialmente” en Enero de 1971. El grupo se creó básicamente a instancias de Oriol Solé Sugranyes; este revolucionario, ex-militante del PSUC [15] y después del PCE(i) [16], rompió con el stalinismo y evolucionó hacia la autonomía obrera al contactar con Plataformas. Exiliado en Toulouse, consiguió unir dos núcleos de personas en torno a un proyecto consistente en la creación de grupos de acción que apoyasen las luchas de la clase obrera: por un lado, jóvenes tolosanos provenientes de medios libertarios y dispuestos a pasar a la acción (entre ellos, Jean-Marc Rouillan), y por el otro, en Barcelona, otros jóvenes provenientes de un grupo marxista heterodoxo, Acción Comunista. Este segundo núcleo estaba formado por uno de los hermanos de Oriol Solé Sugranyes, Ignasi, y por Santi Soler Amigó, que buscaban seriamente una salida al marasmo grupuscular que existía en aquel momento y que veían el inicio de un nuevo movimiento obrero en las Plataformas de CC.OO. y en su posterior debate en pro de la constitución de la “Organización de Clase”, una organización unitaria que superase el encuadramiento tradicional de partidos y sindicatos. Buscando incidir en este debate, elaboraron el primer gran texto de lo que se podría denominar “pre-MIL”, titulado El movimiento obrero en Barcelona. A todas estas personas se añadieron muy poco después otros compañeros.

Este nuevo grupo no pretendía ser la vanguardia de la revolución ni el germen de ningún partido, y era consciente de su situación de ser elementos “exteriores” a la clase: por ello no querían dirigirla sino ser un “apoyo”, ya que consideraban que la clase misma era la que debía auto-organizarse, sin tener que esperar a nadie que se lo dijera desde fuera. Ésta era una nueva concepción dentro del panorama de la izquierda en España, ya que rompía con el modelo formalmente leninista de toda la izquierda marxista. Esta nueva concepción enlazaba directamente con las vías marxistas revolucionarias que desde los años 20 se habían opuesto a la III Internacional y que se transformarían en las corrientes consejistas; a ella se añadió también la influencia del bordiguismo y del situacionismo: es innegable que las inspiraciones teóricas de MIL se encontraban aquí, y no en el anarquismo, como tanto se ha repetido y se continúa repitiendo. En este devenir teórico del grupo, en el que el personaje clave es Santi Soler, aparece uno de los factores importantes pero a la vez más ignorados en la historia de esta experiencia: el papel de clarificación y orientación teórica que tuvieron respecto al MIL los miembros del grupo informal que se reunía en la librería La Vieille taupe, en París. Esta librería no fue sólo la fuente más importante de donde provenían los textos teóricos que influenciaron al MIL, sino que sus miembros, especialmente Pierre Guillaume y sobre todo Jean Barrot se convertieron en los principales interlocutores con quienes se discutían estos textos y la situación política general. Barrot estableció una notable relación con Santi Soler y fue una influencia constante en las cuestiones teóricas, incluso jugando un papel durante la autodisolución del grupo en 1973.

La intervención del MIL para “apoyar” las luchas del movimiento obrero se realizó básicamente con dos proyectos paralelos. El primer proyecto fueron las acciones armadas –teorizadas como “agitación armada”, en contraposición a la “lucha armada”-, que tenían un triple sentido: 1) luchar contra la represión [17], 2) auto-financiarse y, si era posible, financiar las luchas de la clase, y finalmente, 3) mostrar al movimiento obrero que el nivel de violencia que se podía ejercer contra el estado burgués era más grande de lo que los propios trabajadores podían percibir subjetivamente. La decisión de utilizar la violencia no fue una elucubración más o menos iluminada de este grupo, sino que se enmarcaba  dentro del debate sobre la violencia obrera que se dio en estos años en todo el movimiento obrero autónomo y que llevó, por ejemplo, a la constitución de algún grupo de autodefensa obrera. El segundo proyecto fue la difusión masiva de literatura revolucionaria anticapitalista –básicamente marxista- en el proyecto llamado “biblioteca socialista” y que tomó cuerpo finalmente con la creación de unas ediciones un tiempo después, en 1973, llamadas significativamente “Ediciones Mayo 37” [18], nombre que reivindicaba la última insurrección proletaria que cerró el ciclo revolucionario de 1917 a 1937. El MIL era consciente de que estos dos proyectos tenían que estar unidos al movimiento obrero autónomo, por lo que era necesario establecer fuertes lazos con las Plataformas. Se realizó entonces un serio estudio teórico-político que fundamentase la crítica al leninismo e hiciera difusión del marxismo heterodoxo, titulado Revolución hasta el fin, que fue el texto teórico más importante del MIL y que se escribió básicamente porque tenía que servir para clarificar posiciones y ayudar en el debate político con los miembros de las Plataformas. Pero finalmente este intento de discusión con la dirección de las Plataformas fracasó y estos dirigentes obreros crearon los Grupos Obreros Autónomos (GOA). No obstante, una parte de las bases de las Plataformas sí que continuó esta relación y finalmente se consiguió una participación real de trabajadores en el proyecto de biblioteca y en su distribución: éstos hicieron circular miles de ejemplares de estos folletos, a la vez que el MIL ayudó en la infraestructura y en la impresión de materiales de estos grupos de obreros, como por ejemplo en el caso del Boletín de los obreros de Bultaco [19] o en la donación de diversa maquinaria de impresión.

Hacia la segunda mitad de 1972, el MIL decidió pasar seriamente a la acción, firmando sus acciones como MIL-GAC (Movimiento Ibérico de Liberación-Grupos Autónomos de Combate) [20]. A pesar de que Oriol Solé estaba en estos momentos en la cárcel en Francia, el grupo creció (en este período entró, entre otros, Puig Antich) y las acciones armadas –básicamente atracos a bancos y también “recuperaciones de material” (material de impresión, documentación…)- se dispararon, posibilitando el fortalecimiento de la infraestructura, además de contactos con otros grupos en diversos lugares y el cercano paso al establecimiento de las ediciones, una vez robada una imprenta en Toulouse.

Pero las contradicciones y tensiones que se acumularon a lo largo de este período de más intensa acción armada condujeron a una crisis entre los integrantes de los dos proyectos –básicamente en torno a Rouillan por un lado y de Santi Soler por el otro- durante la primavera de 1973. Esta crisis comportó también la expulsión del grupo de Ignasi Solé, a la vez que el papel de Puig Antich creció al conseguir salvar la unidad del grupo en este momento. Pero a pesar de este compromiso, la crisis siguió latente hasta el verano, momento en el que se acordó realizar un congreso haciéndolo coincidir con la liberación de Oriol Solé de la cárcel, y en el que se decidió de común acuerdo disolver el MIL para facilitar las actuaciones separadas de la agitación armada y de las ediciones. Esta decisión no fue, de hecho, ningún replanteamiento de la política que había llevado el MIL hasta entonces, sino simplemente la separación de los dos proyectos para posibilitar un mejor funcionamiento, dejando, por lo tanto, de estar unificados en un mismo grupo llamado MIL. Lo que sucedió inmediatamente, sin embargo, es que un mes después de adoptada esta decisión la represión se abatió sobre el grupo, yendo la mayoría a la cárcel e impidiendo continuar lo que se había decidido en el congreso de autodisolución.

Este es, pues, el resumen histórico de la experiencia del MIL, en la que lo que sobresale no son los aspectos mediáticos -que son los que han estado valorados en la mayoría de trabajos, casi siempre artículos, sobre el tema-, sino los aspectos políticos. Y esto es así porque lo que en realidad caracteriza al MIL-GAC, lo que lo diferencia de las formaciones políticas de la izquierda y lo convierte en algo original, es su pensamiento político.

Otros grupos, desde el nacionalismo hasta el anarquismo pasando por el estalinismo y puntualmente por algún grupo que se reclamaba del trotskismo, habían practicado las acciones armadas, ya fuera para dirigir la insurrección armada, intentar crear una lucha guerrillera, hacer campañas de sabotaje contra el régimen o sólo como expropiaciones puntuales para conseguir dinero o material. El fenómeno tampoco era exclusivo de España ni de aquel momento histórico: los anarquistas españoles en los años 20, los bolcheviques a principios del siglo XX, prácticamente cualquier movimiento revolucionario había hecho uso de acciones violentas armadas en algún momento, como medio de supervivencia o por necesidades tácticas.

Así pues, es sólo la teoría de este grupo la que surge como lo realmente novedoso en España. En el aspecto organizativo, nunca en este país había existido ninguna organización a la izquierda de la tradición trotskista, a excepción del Fomento Obrero Revolucionario dirigido por Munis, que sin embargo tenía sus orígenes en el trotskismo. En el de la teoría, a parte de algunos pocos artículos, el único libro de Pannekoek aparecido hasta aquel momento en España había sido un pequeño folleto editado por el POUM en 1937; de Otto Rühle sólo se habían editado hasta el momento sus escritos sobre pedagogía y sobre la crisis; lo más accesible de Gorter había sido editado en México en 1971; y Karl Korsch y Paul Mattick tendrían sus primeras ediciones españolas de 1973 a 1975. Y en este panorama totalmente ignorante de toda la tradición comunista a la izquierda del trotskismo apareció un grupo que llegó al descubrimiento de que las vías del comunismo revolucionario no se acababan en las tradiciones de la III Internacional, y que hizo suyas muchas de las concepciones consejistas de la revolución, fundamentalmente en el rechazo al partido de vanguardia leninista y a los sindicatos, en la oposición al capital, tanto el privado como el considerado de estado, y en la preparación de la revolución socialista mediante la auto-organización y los consejos obreros. Sin embargo, también es cierto que este “consejismo” tiene características propias.

Dos son los factores principales que lo diferencian del consejismo “clásico”. En primer lugar, es un consejismo tamizado por la influencia de Jean Barrot y en general de los participantes en La Vieille taupe, aunque esta influencia no quiere decir acuerdo absoluto. Es gracias a las discusiones con este núcleo parisino que se abandonaron viejas concepciones y que se descubrieron otras experiencias históricas del movimiento obrero revolucionario. También hubo diferencias, notablemente sobre la cuestión armada y la organizativa. En este último punto, el MIL rechazó el papel que el núcleo de París aún otorgaba al partido revolucionario y llegó, más allá de la “Organización de Clase” propuesta por el movimiento autónomo barcelonés organizado en las Plataformas de CC.OO., a la proclamación de que la tarea de “la organización es la organización de tareas”, es decir, a estar en contra de organizaciones estructuradas y a abogar por grupos de afinidad. Existió, por lo tanto, un constante hilo conductor en la historia del MIL que llevó de la crítica al “grupusculismo” hecha en 1969 en El movimiento obrero en Barcelona hasta el rechazo a toda organización estructurada en 1973, hecho que ayuda a comprender el por qué de la autodisolución.

El segundo factor característico de este consejismo es el que hace referencia a la práctica revolucionaria con utilización de la violencia. El uso de ésta será el componente más alejado de la práctica tradicional de los grupos consejistas, ya que ningún grupo que se haya reclamado del consejismo ha estado involucrado en acciones armadas, y sólo algunos individuos en relación con estos grupos la practicaron en los años 20 y principios de los 30. A nivel teórico, el MIL-GAC buscó un equilibrio entre el rechazo a la “lucha armada” (tal como la practicaban en ese mismo momento la RAF o las BR, por ejemplo) y la práctica real de la violencia armada, teorizando entonces sobre la “agitación armada”, es decir, la necesidad de multiplicar acciones realizadas por diferentes “grupos de apoyo” (de los cuales el MIL-GAC sólo sería uno entre más) a las luchas de la clase obrera, y que servirían además para mostrar que las luchas, que interpretaban que pasaban de defensivas a ofensivas, podían convertirse en la insurrección revolucionaria. Pero la propia práctica de expropiaciones hizo pervertir esta concepción, porque los atracos se fueron transformando desde su papel de fuente de subvención de otras actividades (principalmente la editorial), a convertirse en fuente de supervivencia, para acabar generando su propia justificación teórica dentro de un sector del grupo en base a que hacía falta “unir teoría y práctica”. Fue en este momento cuando algunas personas, tanto dentro del grupo como en los núcleos relacionados, dieron la voz de alarma y comenzó el intento de reorientación que, fracasado, sólo dejó la vía de la autodisolución.

Pero más determinante para llegar a esta decisión fue la contradicción flagrante entre lo que se había iniciado en 1969, fundamentalmente, el rechazo a la grupusculización, y lo que en realidad era el MIL-GAC en 1973: un grupo de revolucionarios profesionales y especializados. En el MIL existieron siempre las dos líneas que ya han sido mencionadas, que se definen más que por la teoría, por tener dos concepciones diferentes de la acción revolucionaria y de cómo organizarse para llevarla a cabo. Durante un tiempo se consiguió la convivencia, pero ésta se rompió cuando el factor armado tomó la preeminencia en la vida del grupo. La comprensión del sector encargado de las ediciones de la existencia y prolongación de esta contradicción, y el interés del sector armado de poder hacer uso de una autonomía total respecto a todas sus actuaciones, convergieron en la misma solución: la autodisolución, aceptada sin mucha oposición ni dramatismo. En realidad, la razón de la autodisolución no estuvo ni en las diferencias personales, aunque éstas pudieran existir, ni por la dicotomía marxismo-anarquismo, ya que la teoría del grupo como tal siempre fue marxista. La razón última fue la organizativa, porque con o sin autodisolución, la práctica de cada sector seguiría siendo fundamentalmente la misma: la palabra o el acto, pero bien realizados bajo unas siglas comunes o bien sin ninguna relación organizativa. Los miembros del MIL no cuestionaron sus concepciones y su práctica anterior, sino cómo organizarse para realizarlas [21].

Sin embargo, también es cierto que toda autodisolución significa un fracaso. En el caso del MIL-GAC, el fracaso es doble: no sólo el grupo no pudo superar sus contradicciones y tuvo que desaparecer, sino que la vía abierta en el año 1969 con el rechazo del vanguardismo y el descubrimiento del comunismo de los consejos no tuvo continuidad. La represión que comenzó en septiembre de 1973 rompió toda posibilidad de continuación de una política consejista diferenciada del leninismo y del anarquismo. Sólo un año y medio después de la autodisolución, muchas de estas personas, no sólo del MIL-GAC sino también de los GOA y de los restos de las Plataformas, acabaron incluso colaborando en el proceso que llevó a la refundación de la CNT, es decir, de otra opción política (aunque hacia 1979 la mayoría había abandonado o había sido expulsada de la organización anarcosindicalista). Por su parte, algunos miembros del sector armado que pudieron escapar continuaron la actividad armada en diferentes grupos, participando finalmente en la constitución de Action directe: a día de hoy Jean-Marc Rouillan continua preso a perpetuidad desde febrero de 1987 en cárceles francesas por actividades relacionadas con este grupo, como otros de sus compañeros [22].

En este fracaso, sin duda el factor más importante fue la imposibilidad de poder desarrollar ampliamente su propuesta política, por lo que el MIL-GAC fue ciertamente marginal. Sus contactos innegables con el movimiento obrero, que explican su origen y desarrollo, fueron demasiado débiles en el momento de crecimiento, ya que el vínculo definitivo con elementos de Plataformas para a un trabajo común y estable se consiguió en 1972, es decir, en un momento en que éstas empezaban su declive, con lo que el gran magma autónomo de 1969-1970 era en 1972-1973 mucho más reducido. Además, el MIL-GAC no pudo disponer de un aparato editorial serio hasta muy poco antes de su caída, y los folletos de las Ediciones Mayo 37 vieron la luz cuando la mayoría de los componentes del MIL-GAC estaba en la cárcel y el resto en el exilio -además de uno muerto-, impidiendo por tanto una recuperación política de esa difusión.

Su propuesta quedó así aislada dentro de una izquierda clandestina donde los modelos imperantes, en razón de esa clandestinidad, eran los que se habían mantenido desde la guerra. De un lado, un modelo predominante, formalmente marxista-leninista, y del otro, el papel de oposición a éste, reservado a un movimiento anarcosindicalista que resurgía. Sin las posibilidades de trabajo a través de las ediciones, la propuesta por la auto-organización de la clase hecha por el MIL quedó totalmente ignorada, cuando no manipulada. Para la izquierda “marxista”, el tildarlos de ”anarquistas” significó evitar que se conociera un modelo marxista revolucionario alternativo que iba más allá del modelo de partido y enfatizaba la propia iniciativa de la clase; para el anarquismo, después de ignorar totalmente esta experiencia mientras estuvo viva, quedó la oportunidad de recuperar sus frutos políticos a posteriori, una vez que la brutal represión franquista les ofreció la posibilidad de obtener uno, o dos, nuevos mártires: Salvador Puig Antich y Oriol Solé Sugranyes [23]. Surgió así la invención del grupo “anarquista” llamado MIL y se olvidó soberanamente la posición inequívocamente comunista de los miembros del ex-MIL, posición que se resumía sucintamente en su manifiesto elaborado en octubre de 1973 en la cárcel Modelo de Barcelona y que acababa con la proclama “¡Ni mártires, ni juicios, ni cárceles, ni salarios! ¡Viva el comunismo!”.

Pero a pesar de no haber conseguido abrir una vía fecunda en el desarrollo de la lucha de clases, el MIL-GAC representa, con todo, una de las experiencias más importantes dentro del panorama revolucionario español. Es por esto que Telesforo Tajuelo, uno de los pocos historiadores en estudiar este fenómeno -mayoritariamente tratado por periodistas-, y uno de los escasos en analizarlo políticamente, señaló que “el MIL ha sido el grupo más radical del movimiento obrero español después de la guerra civil”. En todo caso, sí es cierto que representó una de las contadas formaciones auténticamente revolucionarias del panorama político del momento. Decimos “auténticamente revolucionarias” porque el MIL nunca fue “anti-franquista”, su objetivo no fue nunca derribar al franquismo y conseguir un régimen democrático más o menos avanzado, una democracia más o menos participativa, sino, enlazando de lleno con la tradición marxista revolucionaria, luchar directamente contra el estado burgués, contra el capital, por la independencia de clase que, mediante la auto-organización, acabara con el trabajo asalariado y la división de la sociedad en clases: en definitiva, ni más ni menos que la auto-emancipación del proletariado. Reconocer que ésta fue su lucha y librarla de todas las mistificaciones que ha sufrido servirá para restaurar la verdad histórica que muestra, por un lado, que los integrantes del MIL no fueron ni “alocados” ni tampoco “pobres chicos”, sino revolucionarios anticapitalistas y, por el otro, que dado que su lucha no fue anti-franquista sino anti-capitalista, las tareas por las que lucharon siguen inconclusas.

gie-milNOTAS

[1] En el 2004 Balance publicó por primera vez este artículo en su edición web; posteriormente ha aparecido en los libros colectivos Révolution, lutte armée et terrorisme (Paris: L’Harmattan, 2005) y Por la memoria anticapitalista: reflexiones sobre la autonomía ([Madrid]: Klinamen, 2008). Lo reproducimos ahora corregido y actualizado para la versión en papel de Balance, número 32.

[2] La película Salvador, dirigida por Manuel Huerga, con guión de Lluís Arcarazo y producida por Jaume Roures, representa el máximo exponente de esta caracterización.

[3] Es el caso del periodista Joaquim Roglan y su libro Oriol Solé, el Che català (Barcelona: Edicions 62, 2006) que falsifica la historia reconvirtiendo al comunista revolucionario Oriol Solé en un luchador nacionalista, utilizando además para ello un método de trabajo deshonesto.

[4] TAJUELO, Telesforo. El Movimiento Ibérico de Liberación, Salvador Puig Antich y los grupos de Acción Revolucionaria Internacionalista : teoría y práctica, 1969-1976. París : Ruedo Ibérico, 1977.

[5] “TOLOSA, Carlota”. La torna de la torna: Salvador Puig Antich i el MIL. Pròleg de Ramon Barnils. Barcelona : Empúries, 1985.

[6] TÉLLEZ SOLÁ, Antonio. El MIL y Puig Antich. Barcelona : Virus, 1994.

[7] Las 1000 y una del 1000. Barcelona : Ateneus Llibertaris del Barcelonès ; Colectivo Autónomo de Trabajadores S/O del Besòs ; Dones Vipera Aspis, 1984.

[8] “CORTADE, André”. Le 1000 : histoire désordonnée du MIL, Barcelone 1967-1974. Paris : Dérive 17, 1985.

[9] El Fons MIL : entre el record i la història. Edició, introducció i notes : Antoni Segura i Jordi Solé. Catarroja : Afers, 2006.

[10] Mouvement ibérique de libération : mémoires de rebelles. Jean Claude Duhourcq & Antoine Madrigal [eds.]. Toulouse : CRAS, 2007.

[11] Jann-Marc Rouillan, prolífico escritor desde la cárcel, ha escrito sobre su periodo inmediatamente anterior al MIL en De mémoire (I) : les jours du début : un automne 1970 à Toulouse (Marseille : Agone, 2007; de próxima edición en castellano por Virus), al que debe seguir una segunda parte sobre los años del MIL. También cabe señalar que Emili Pardiñas Viladrich ha publicado Si este año no tocamos la revolución me aventuro con los caballos salvajes (Paiporta : Denes, 2004), pero juega con realidad e imaginación en la narración de su juventud, incluyendo su paso por el MIL.

[12] El archivo en línea « MIL-GAC/Mayo 37 » (http://www.mil-gac.info/) se abrió a principios del 2007 y permite la consulta de los principales textos, tanto públicos como internos, del MIL-GAC y de las Ediciones Mayo 37.

[13] Esta terca persistencia de los viejos clichés se da incluso en textos de antiguos miembros del MIL y de reputados historiadores, como es el caso con el libro El Fons MIL, una buena recopilación de textos realizada por el catedrático de historia Antoni Segura y por el ex-miembro del MIL Jordi Solé Sugranyes, pero que ya en la tercera línea de su introducción sigue calificando al MIL como « grup d’oposició antifranquista ».

[14] Las primeras Comisiones Obreras (CC.OO.) nacieron durante las huelgas de los mineros asturianos de 1962, extendiéndose durante la década de los 60 a todo el movimiento obrero de España. Después de varias luchas fraccionales, el PCE logró hacerse con su control a finales de los 60, convirtiéndose en su sindicato.

[15] El partido comunista oficial en Catalunya, “hermanado” con el PCE.

[16] Partido Comunista de España (internacional): escisión estalinista del PSUC.

[17] Los últimos años del franquismo, al contrario de lo que afirman ciertos discursos históricos y políticos, fueron años de una especial y dura represión política y social, con muertos no sólo en enfrentamientos armados o en fusilamientos o agarrotamientos –como Puig Antich y los fusilados del FRAP y de ETA de 1975-,  sino también en el curso de huelgas y manifestaciones, como los obreros muertos en las huelgas de la SEAT y de la Térmica del Besòs, en Barcelona, los de El Ferrol, Granada, etc.; en estos años fue común trasladar los conflictos laborales a la jurisdicción militar, juzgándose en consejos de guerra.

[18] Se editarán folletos de Balazs, Barrot, Baynac, Berneri, Canne-Meijer, Ciliga, la Internacional Situacionista, Pannekoek, Révolution internationale

[19] Bultaco era una de las fábricas de motocicletas más importantes de España.

[20] El nombre “Movimiento Ibérico de Liberación” es en realidad una adaptación de la cifra 1000, cifra con la que se firmó el primer folleto del grupo y que no tenía ningún significado específico; si acaso, la voluntad de ser muchos. El añadido de “GAC” daba contenido político al nombre de la organización, al designar dos parámetros claves: autonomía y acción.

[21] El análisis y crítica realizado en 1974 por Barrot respecto al MIL continúa siendo uno de los más lúcidos y el primero en señalar cómo la autodisolución “era más una medida organizativa que un cambio de práctica” (Violence et solidarité révolutionnaires: les procès des communistes de Barcelone. Paris: Éd. de l’Oubli, 1974; las propias Ediciones Mayo 37 tradujeron y editaron en un folleto diversos capítulos de este texto).

[22] Encarcelado desde hace más de dos décadas, Rouillan ha pasado una parte importante de su condena en prisiones de máxima seguridad en condiciones durísimas. A pesar de esto, ha continuado luchando por sus derechos, hasta el extremo de realizar varias huelgas de hambre. Su lucha consiguió diversos traslados y un atenuamiento de sus condiciones penitenciarias y, finalmente, en septiembre del 2007, la obtención de un régimen de semi-libertad que empezó en diciembre de ese año, por el cual se le permitía salir de la cárcel durante el día, volviendo a prisión por las noches y días de fiesta. Sin embargo, en octubre del 2008, a dos meses de poder acceder a la libertad condicional, el estado francés le ha retirado escandalosamente este régimen y Rouillan vuelve a estar de nuevo completamente encarcelado, a la espera de un dictamen definitivo a inicios del 2009 que le devuelva el régimen de semi-libertad o que confirme el encarcelamiento a perpetuidad. Sus experiencias de la vida en prisión las ha reflejado en varios de sus libros, especialmente en Je hais les matins (Paris : Denoël, 2001; traducción castellana: Odio las mañanas (Barcelona : Llaüt, 2004)).

[23] Salvador Puig Antich fue detenido y herido en un tiroteo con la Policía en septiembre de 1973, condenado a muerte por la muerte de un policía en esa detención y asesinado legalmente por medio del garrote vil en marzo de 1974. Oriol Solé Sugranyes había sido detenido diez días antes que Puig Antich, tras un atraco fallido, y fue condenado a 48 años de prisión en 1974; fugado de la cárcel en abril de 1976 en la famosa “fuga de Segovia” preparada por ETA (p-m), fue muerto al día siguiente por la Guardia Civil en los montes navarros, cerca de la frontera.

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Aide immédiate à l’Espagne (1937)

8 décembre 2008

Affiche de Leloup pour Solidarité internationale antifasciste:

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E.T.A. assassine, pourquoi? (1987)

19 novembre 2008

Tract distribué en juin 1987 en Espagne par le groupe de Grandizo Munis après un carnage de l’E.T.A. dans un supermarché de Barcelone (21 morts).

Parce qu’elle aspire à accaparer l’exploitation du prolétariat basque et à devenir son oppresseur étatique.

Ses alliés politiques et ses commanditeurs financiers sont les dictatures islamiques, celles de Khadafi et de Khomeiny entre autres.

L’ETA est une organisation capitaliste, patriotique, réactionnaire ; par ses méthodes elle est corrompue et criminelle. Toute action, toute parole de l’ETA ou de son fer de lance Herri Batasuna, s’oppose à la lutte ouvrière et lui porte préjudice, en terre basque, en Espagne, en Europe, dans le monde.

Le prolétariat est, de par son essence même, anticapitaliste, internationaliste, révolutionnaire. Et dans l’immédiat il ne peut pas marcher dans ce sens, le seul qui lui appartienne en propre, sans dénoncer l’ETA, dont l’escroquerie politique, dégoulinante de sang, blanchit la bien vieille escroquerie des prétendus socialistes ou communistes, sans parler des syndicats.

Dénonçons-les, chacun pour ce qu’il est, et tous en tant que parcelles du monde de l’exploitation.

Travaillons à la formation d’un parti révolutionnaire des exploités de toute la péninsule. Lui seul sera à même de rafraîchir les narines de l’ETA dans sa propre merde, et de débarasser le chemin des autres escroqueries, elles aussi ennemies de la révolution.

VIVE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE IBÉRIQUE ET MONDIALE !

juin 1987

Ferment Ouvrier Révolutionnaire.

Ceux d’Oviedo (1934)

1 novembre 2008

Chant à la mémoire de l’insurrection des Asturies.

Paroles : Paul Lançois

Musique : Paul Arma

Par toute la terre
Chaque prolétaire
A frémi d’un immense espoir.
Ceux d’Oviedo d’un splendide élan
Ont rejeté soudain leur carcan,
Ont pris le pouvoir,
Ceux d’Oviedo.

Ces durs gars tranquilles
De la mine hostile,
Armés d’explosifs de chantier,
Sous leur baratte en bourgeon noir,
Ont pris d’assaut palais et manoirs.
Héros ouvriers,
Ceux d’Oviedo.

A leurs cigarettes,
Allumant la mèche
De leurs grenades de fer blanc,
Pendant des jours ils ont repoussé
Les mercenaires contre eux lancés
Par les gouvernants,
A Oviedo.

Ces sans sou ni maille,
En pleine bataille
Ont protégé les gens, les biens.
Pendant l’horreur de la lutte à mort,
Ils préparaient un plus juste sort :
Les droits et le pain,
Ceux d’Oviedo.

Tremblante de haine,
Lâche et inhumaine,
La réaction les écrasa.
Toute une armée à coups de canons,
Fit d’Oviedo un tombeau sans nom.
Partout on trembla,
Pour Oviedo.

L’âpre bourgeoisie,
Malgré ses tueries,
N’aura nul repos désormais,
Le peuple entier a fremis d’horreur,
Le jour approche où, par son ardeur,
Seront bien vengés,
Ceux d’Oviedo.

[en italien ]

(film muet)

Voir aussi: