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Le capitalisme touche-t-il à sa fin ?

29 mars 2009

Article de Socialisme mondial.

Devant l’Assemblée nationale le 14 octobre dernier, Yves Cochet a déclaré au nom des Verts :

« Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle ou industrielle, mais dans la phase terminale du capitalisme, comme le disait Immanuel Wallerstein il y a trois jours. Les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites, pour des raisons géologiques et économiques que vous ne voyez pas. »

Selon les Verts, la crise que nous traversons actuellement n’est pas une des crises cycliques que le capitalisme a toujours connues, mais une manifestation du fait que le capitalisme heurterait aujourd’hui contre les limites écologiques de la Terre.

C’est contestable. Même si de telles limites existent, on est loin d’arriver à ce point. Il s’agit plutôt d’une crise « normale » de surproduction, même si plus importante que d’habitude. En ce cas, tôt ou tard la croissance de la production matérielle reprendra et le cycle continuera . . . jusqu’à la prochaine crise.

L’historien Immanuel Wallerstein, auteur d’un ouvrage en plusieurs volumes Le système du monde du XVe siècle à nos jours et du livre Le capitalisme historique, interviewé dans Le Monde du 11 octobre, a effectivement dit que « le capitalisme touche à sa fin. » Mais la raison qu’il a avancée n’était pas la même que celle des Verts.

« Je pense », a-t-il écrit, « que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries. A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour l’ « économie-monde » créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. »

D’après lui donc, c’est l’industrialisation des anciennes « périphéries » qui limite la possibilité d’une accumulation réelle dans les pays capitalistes de l’Occident. Wallerstein a même hasardé une prédiction :

« Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif. »

En offrant une telle perspective Wallerstein écrit plus en tant qu’historien qu’économiste, mais sa thèse est également contestable, le déplacement éventuel du centre du capitalisme vers l’Asie ne représentant pas la fin du système.

Bien que l’on ne puisse exclure qu’un nouveau système d’exploitation émerge, il est plus probable que le capitalisme continue. De toute façon le socialisme ne viendra pas avant que la classe travailleuse mondiale s’organise pour le mettre en place. Il ne viendra pas d’un simple effondrement du capitalisme.