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Marx : Life and Works (Rubel, 1965)

19 mars 2016

Livre en anglais de Maximilien Rubel (140 pages) téléchargeable au format pdf:

Rubel -Marx Life and Works(1965)-1

cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf

Le Capital en poche

5 juillet 2008

L’édition Rubel du Capital de Karl Marx, publiée à la Pléiade, est sortie aussi en juin en deux volumes de poche dans la collection Folio.

TOME I ( Livre I): 1056 pages – 9,90 €
TOME II (
Livres II et III) : 1216 pages – 9,90 €
Acheter le Coffret des deux volumes

Traduit de l’allemand par Michel Jacob, Joseph Roy, Maximilien Rubel et Suzanne Voute. Édition de Maximilien Rubel.

Lettre de Rubel sur le suffrage universel et réponse

24 juin 2008

Paru dans Socialisme mondial N°16 (printemps 1981)

Dans les « considérants » du programme du Parti Ouvrier Français rédigés par Marx en 1880 il déclare que le suffrage universel doit être changé d' »instrument de duperie » en un « instrument d’émancipation ». Marx pensait ainsi qu’en 1880, donc après avoir observé les événements politiques et le mouvement ouvrier en France, Angleterre et Allemagne.

La « duperie », c’était le règne de Napoléon III, établi grâce au suffrage universel, la paysannerie française ayant vu dans le neveu l’image de l’oncle, du « sauveur ». En revanche, un espoir d’émancipation, c’était le mouvement chartiste en Angleterre auquel Marx et Engels étaient liés dans la deuxième phase mais qui a déçu leurs espoirs; le prolétariat britannique a fini par « s’intégrer » au capitalisme de son pays devenu riche et puissant grâce à son système colonialiste.

Dans l’Internationale (1864-1876), Marx a agi sur les membres anglais du Conseil général pour apporter tout le concours à la Reform League dont Marx se promettait sans doute qu’elle réussirait à obtenir enfin la généralisation d’un suffrage universel (hommes et femmes) efficace, avec la perspective d’une « victoire » de la classe ouvrière émancipée de ses liens avec le parti libéral. Marx et Engels ont jugé sévèrement (donc moralement) l' »embourgeoisement » des travailleurs anglais.

Après la mort de Marx, Engels a nourri d’incroyables illusions sur les perspectives du suffrage universel octroyé par Bismarck au Reich allemand, lorsque d’élections en élections, le nombre de sièges ouvriers (« socialistes ») allant en augmentant. Le « triomphe final », Engels le prévoyait pour 1900!

« Instrument d’émancipation? » Le XX° siècle nous a offert de nouveaux exemples historiques qui nous obligent à reconsidérer la question, et les « marxistes » les plus sérieux (Rosa Luxemburg, A. Pannekoek, P. Mattick, Otto Rühle — j’omets les bolcheviks) se sont interrogés à ce sujet et ont cherché d’autres « instruments » = d’autres modes d’organisation et de lutte pour que le problème de la représentation et de la délégation de pouvoir de classe puisse être résolu et pour que la « duperie » cesse.

Cette « duperie » semble avoir été, au cours de ce siècle, découverte par les classes laborieuses elles-mêmes qui ont su inventer des formes nouvelles de cette « Selbsttätigkeit » (spontanéité, initiative) historique dont parle le Manifeste communiste. On pourrait mentionner, pour la France, le mouvement du syndicalisme révolutionnaire (dont Georges Sorel a tenté de fonder la théorie); pour d’autres pays – dont la Russie paysanne! – les « Arbeiterräte » et « soviets » avant et après 1917 pourraient être cités en exemple: ce ne sont là que des faits et des événements éphémères (comme la Commune de Paris 1871).

S’en tenir « par principe » au mot d’ordre du suffrage universel, sans approfondir les raisons des échecs du mouvement ouvrier qui ont abouti à deux guerres mondiales, au fascisme, au stalinisme, au maoïsme et autres manifestations bestiales du « homo sapiens et faber », c’est témoigner d’un esprit de confort intellectuel qui est le contraire de ce que Marx appelait les « Bildungselemente », les éléments de culture, dont nous autres travailleurs de l’esprit devrions enrichir le patrimoine de la pensée socialiste.

Maximilien Rubel

Réponse à Rubel:

1. Rubel ne nie pas que Marx acceptait l’idée que la classe salariée pourrait utiliser le suffrage universel afin de gagner le contrôle du pouvoir politique en vue d’abolir le capitalisme et d’établir le socialisme. En 1847-8 quand lui et Engels écrivaient le Manifeste communiste, Marx pensait que la seule voie menant au pouvoir politique passait par une insurrection armée. Mais plus tard, à la lumière des développements ultérieurs, y compris les luttes des années 1850 et 1860 des travailleurs en Angleterre pour le droit de vote (luttes que, comme Rubel le rappelle, Marx appuyait pleinement), Marx en est venu à voir les élections comme une autre voie possible pour arriver au socialisme.
2. La différence entre Rubel et nous, c’est que, tandis que nous, nous
acceptons que l’on puisse toujours utiliser le suffrage universel pour établir le socialisme, lui, il le remet en question en évoquant « les échecs du mouvement ouvrier » depuis l’époque de Marx.
3. Nous sommes les premiers à reconnaître ces échecs, y compris celui de
l’utilisation du suffrage universel par les sociaux-démocrates. Nous sommes aussi tout à fait prêts à en « approfondir » les raisons. D’après nous, cet échec-là était dû au fait que les sociaux-démocrates utilisaient le suffrage universel d’une façon réformiste, c’est-à-dire pour tenter de faire passer des réformes sociales dans le cadre du capitalisme. Ils échouèrent parce que l’on ne peut transformer le capitalisme graduellement en socialisme ni le faire fonctionner de façon à servir les intérêts des salariés. Leur échec était prévisible —et prévu– sur la base d’une connaissance de « la loi économique du mouvement de la société moderne » dévoilée par Marx dans Le Capital. Par contre, nous proposons l’utilisation du suffrage universel, non pas pour tenter d’obtenir des réformes du capitalisme, mais simplement et uniquement pour gagner le contrôle de l’État en vue d’abolir le capitalisme et d’établir le socialisme par un seul acte révolutionnaire.
4. Ces deux conceptions différentes de l’utilisation du suffrage universel –l’une réformiste et l’autre révolutionnaire—donnent lieu à deux formes d’organisation différentes. Les sociaux-démocrates s’étaient organisés comme les partis franchement capitalistes: une direction parlementaire, des adhérents dont la tâche principale était de ramasser des voix et une masse de votants non-socialistes. Dans la conception social-démocrate (comme dans celle de Lénine!), les travailleurs avaient un rôle purement passif à jouer: suivre les chefs — en l’occurence, les candidats et les élus du parti social-démocrate.

5. L’utilisation révolutionnaire du suffrage universel implique une toute autre forme d’organisation: toujours un parti, mais pas un parti divisé en meneurs et menés à la chasse aux voix à n’importe quel prix afin de pouvoir former un gouvernement du capitalisme. Le « parti du prolétariat » sera l’auto-organisation démocratique des salariés pour établir le socialisme lorsqu’ils en seront venus à le désirer et à le comprendre.Ceux qui seraient désignés comme candidats aux élections ne seront pas des « dirigeants » mais de simples messagers, des délégués strictement mandatés et révocables. Les électeurs socialistes, non plus, ne seront pas de simples votants, qui abdiquent leur responsabilité d’agir par eux-mêmes en faveur de chefs censés défendre leurs intérêts, mais ils seront des socialistes conscients prêts à veiller à ce que leurs délégués respectent leur mandat et prêts à participer pleinement à l’établissement et au fonctionnement du socialisme,
6. Une telle auto-organisation des salariés en un parti socialiste n’empêche pas une auto-organisation simultanée dans les lieux de travail. Une
organisation industrielle –également sur la base de délégués mandatés et
révocables (à la différence des syndicats actuels)— sera en effet également nécessaire, afin de maintenir la production pendant l’établissement du socialisme et afin de fournir un cadre à l’administration démocratique
de la production qui existera dans une société socialiste. Nous ne nous
sommes pas opposés à l’organisation sur les lieux de travail. Tout au
contraire. Nous disons cependant qu’une telle organisation ne peut remplacer l’organisation et l’action politiques, qui visent, elles, au pouvoir
politique qui se trouve à présent aux mains des partisans du capitalisme.
S’organiser uniquement sur les lieux de travail (comme le proposaient
Sorel et les « syndicalistes révolutionnaires ») serait laisser l’État aux
mains des ennemis du socialisme et donc risquer — voire rendre quasiment
inévitable– une confrontation violente entre l’État et l’organisation
industrielle des travailleurs. Pourquoi prendre ce risque quand l’existence
d’un « suffrage universel efficace » ouvre la possibilité d’une voie non-violente pour arriver au socialisme?
7. D’ailleurs, les « soviets » et les « arbeiterräte » (conseils ouvriers) n’étaient pas si démocratiques que Rubel le laisse entendre. Sinon,comment expliquer le fait qu’ils aient pu être manipulés (« dupés »), les uns par Lénine, par Trotski et par les bolcheviks et les autres par les sociaux-démocrates? Les travailleurs qui les constituaient n’étaient pas des socialistes conscients même s’ils étaient fort mécontents du capitalisme, ce qui veut dire que même en cas de succès le résultat n’aurait pu être le socialisme. Car seule une majorité de socialistes conscients peut établir et faire fonctionner le socialisme. Aider au développement d’une telle majorité socialiste est la tâche de la petite minorité qui aujourd’hui veut le socialisme, c’est-à-dire une société mondiale sans classes, sans argent et sans États.

Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx

10 juin 2008

Un livre de Miguel Abensour et Louis Janover sur Maximilien Rubel vient de sortir.

Sens & Tonka, juin 2008. 142 pages, 12,50 €

Il contient notamment Lire Rubel aujourd’hui, un article de L. Janover (paru dans Les Temps maudits en 2003) et un entretien avec Rubel en 1994.Voir la présentation de l’éditeur et le sommaire sur le site du collectif Smolny.

Voir aussi:

– de Rubel:

– sur Rubel:

Le socialisme réellement inexistant (Rubel, 1980)

5 juin 2008

(Le Monde, 17 septembre 1980)

Les pays où, en plein vingtième siècle, la classe ouvrière est amenée à combattre pour les droits politiques qu’au dix-neuvième siècle le mouvement ouvrier a conquis de haute lutte sous les régimes dominés par la bourgeoisie, son Etat et son capital, ces pays ont encore à franchir l’étape de la révolution démocratique, condition sine qua non du développement de ce mouvement vers la révolution socialiste synonyme d’abolition du salariat et de l’Etat. Telle est la prémisse de la doctrine que les maîtres du pouvoir politique et policier dans les pays qu’ils ont proclamés socialistes prétendent « appliquer » en se réclamant du « socialisme scientifique ».

L’action « réformiste » des travailleurs polonais, en lutte pour les droits que la classe ouvrière a obtenus au dix-neuvième siècle des pouvoirs bourgeois, constitue la réfutation la plus éclatante des prétentions « scientifiques » des dirigeants politiques de l’Est et des idéologues à leur service. Elle est à l’image des batailles ouvrières du siècle dernier : ouvriers « chartistes » en Angleterre, ouvriers français – associés aux « bourgeois » – pendant les Trois Glorieuses, révolution de février 1848, mouvement « réformiste » des ouvriers allemands avant et après le régime bismarckien. On pourrait y ajouter le mouvement ouvrier et paysan dans la Russie tsariste à partir des réformes agraires, mouvement dont mencheviks et bolcheviks unis proclamaient, en fidèles disciples de Marx, qu’il constituait une étape démocratique bourgeoise et donc capitaliste sur la route révolutionnaire conduisant à la fin de la « préhistoire humaine ».

Les ouvriers polonais démasquent ainsi la démagogie et la volonté de puissance du pouvoir. Leur action prouve que ce pouvoir n’est pas socialiste, mais réactionnaire, et que son essence, pour parler comme Marx, est proprement bonapartiste.

L’action ouvrière en Pologne et l’appui qu’elle a reçu de l’ensemble de la population prouvent que l’idéologie religieuse, dispensée par l’Église catholique y est mieux reçue et supportée que l’idéologie marxiste-léniniste ; elle est « le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur » (Marx), monde dirigé par une oligarchie qui s’est approprié des pouvoirs seigneuriaux, politiques et économiques. Ce régime pousse l’imposture jusqu’à couvrir de l’étiquette « socialiste-scientifique » une marchandise frelatée, dont tous les ingrédients sont empruntés au mode de production classiquement capitaliste, sans les avantages démocratiques conquis par les classes laborieuses dans la plupart des pays où règne le capital, privé ou anonyme, national ou multinational. Cette nouvelle variante du « socialisme impérial » possède des caractéristiques certes originales (explicables par les conditions historiques créées dans l’hémisphère oriental après la deuxième guerre mondiale), mais il peut surtout se targuer de particularités qu’il a su emprunter au capitalisme occidental dans ses formes tant primitives qu’évoluées.

Réellement inexistant, le socialisme soviétique – modelé imposé militairement et policièrement aux pays de la zone d’influence obtenue en 1945 – a pris le masque d’un régime qui se vante d’avoir dépasse le stade bourgeois-capitaliste de l’évolution sociale, alors qu’il n’a pas même atteint ce stade, lequel, conformément aux enseignements de la théorie « classique», doit être le prodrome d’une révolution appelée à faire disparaître les classes sociales, donc le salariat ; l’argent, donc le capital ; le pouvoir politique, donc l’État, donc les conflits entre États, donc les armées, la guerre, et les misères que l’espèce humaine semble s’évertuer à s’infliger elle-même.

Maximilien Rubel

Formation et développement du capital en URSS (Rubel, 1957)

22 mai 2008

Texte de Maximilien Rubel extrait de « La croissance du capital en U.R.S.S. » (Economie appliquée, avril-septembre 1957)

Maîtres et doctrinaires de l’économie soviétique proclament aujourd’hui urbi et orbi que l’U.R.S.S. a réalisé le socialisme ou, plus exactement, la première phase du communisme tel que Marx l’entendait et tel qu’il le souhaitait.

Toutefois, si cela était, non seulement les thèses et les hypothèses de Marx et d’Engels sur l’avenir social de la Russie se trouveraient démenties, mais toute la théorie matérialiste de l’histoire dans son ensemble s’effondrerait.

En revanche, si la réalité ne correspond point aux proclamations des théoriciens soviétiques, la théorie marxienne de l’évolution sociale conserve toute sa valeur et le « marxisme » soviétique se révèle purement et simplement comme l’idéologie de la classe dominante en U. R. S. S., autrement dit comme instrument de mystification et d’oppression politique au profit de cette classe.
La structure économique et sociale de l’U. R. S. S. est-elle devenue effectivement capitaliste comme Marx et Engels l’avaient prévu dans l’hypothèse de la désagrégation de la commune rurale ? Le « Grand Octobre » ne serait-il donc qu’un mythe?
Cette question, si étrange qu’elle puisse paraître à première vue, a déjà reçu une réponse affirmative du côté marxiste (1). Nous ne prétendons pas, par conséquent, faire œuvre entièrement originale on démontrant l’existence du capital, et donc de rapports de production capitalistes, en U. R. S. S. Nos divergences avec les analyses marxistes précédentes sont d’ordre sociologique : le capitalisme soviétique diffère du capitalisme occidental moderne dans la mesure même où la société russe se situe à un niveau historique différent de celui des pays occidentaux. Il s’agit, d’un côté et de l’autre, de rythmes d’évolution divergents : au cours de quelques décennies, l’économie russe a compensé par une accélération surprenante de son progrès technique et industriel son retard séculaire dans ce domaine. En tant que capitalisme d’imitation, le système économique de l’U. R. S. S. a pu, au cours de son édification, se servir de toute la gamme des méthodes d’exploitation et d’organisation mises en œuvre par le capitalisme occidental, de sa genèse à son apogée (2).
En schématisant à l’extrême (ce qui nous est imposé par le cadre de la présente étude), nous pouvons distinguer plusieurs étapes dans la formation du capital en U. R. S. S. depuis la chute du tsarisme et la conquête du pouvoir par les bolcheviks.
On pourrait tout d’abord parler d’une très brève période « anti-capitaliste », marquée par la prise en charge des usines par les ouvriers, parallèlement à l’appropriation des terres par les paysans, après le coup d’État bolchevik d’octobre. C’est le gouvernement bolchevik qui légalisa cette tentative d’autogestion ouvrière — tout en y mettant fin. En décrétant la nationalisation de l’industrie et le contrôle ouvrier (sous l’autorité de l’État 1), il entendait combiner le capitalisme d’État et la dictature du prolétariat, suivant la formule chère à Lénine (3).
Pendant la guerre civile (été 1918 à automne 1920) on voit l’économie s’effondrer, bien que les administrations centrales réussissent à organiser et à coordonner les entreprises, alors que les expériences l’une économie sans argent et sans capital (que les circonstances imposent) sont âprement débattues dans les rangs du parti. Pour éviter une catastrophe, la guerre civile terminée, il fallait aussi renoncer au « communisme de guerre » et rétablir certaines institutions et méthodes éprouvées du capitalisme classique : impôt d’abord en nature, puis en espèces, remplaçant les réquisitions et le monopole d’État sur le blé, commerce libre, exploitations individuelles dans l’industrie ni dans le commerce. Les oppositions ouvrières, syndicales et anarcho-socialistes sont réduites au silence par le Parti ; d’où la montée irrésistible d’une bureaucratie pléthorique, dont l’entretien finira par peser d’un poids mortel sur l’économie du pays et sera une cause d’échec pour la Nouvelle Politique Economique (N. E. P.). Les résultats positifs de la N. E. P. ont été néanmoins remarquables ; elle a mis fin à l’inflation en créant une monnaie stable à couverture d’or (4) ; elle a permis à la production globale de la Russie d’atteindre vers 1928-1929 son niveau de 1913 (5) ; elle a rétabli le revenu national et le revenu moyen par tête à leur niveau de 1913 (6). La révolution, « prolétarienne et socialiste » selon les vœux du parti bolchevique, a pourtant infligé aux peuples soviétiques le sacrifice de plusieurs millions de victimes humaines. Cinq millions sont mortes de faim, et il y eut des milliers de cas de cannibalisme.
Lorsqu’on étudie là dynamique des forces de production, qui a permis cette restauration économique pendant la période de la N. E. P., on constate dès l’abord qu’elle avait pour moteur, dans le secteur privé aussi bien que dans le secteur étatisé de la production, le profit marchand, tel que Marx l’a défini en analysant les rapports mercantiles tin l’économie capitaliste. Ce fait est incontestable si l’on considère les domaines de la production agricole et du petit commerce, dans lesquels la N.E.P. rétablit la liberté des échanges (7). Quant aux entreprises industrielles et commerciales nationalisées depuis 1918-1920, le rétablissement par la N.E.P. du régime des salaires proportionnels au rendement du travail et de la gestion des entreprises sur des bases strictement commerciales ne pouvait avoir d’autres conséquences que la formation d’une entreprise d’État à l’échelle nationale, entreprise orientée dans toutes ses activités de direction et de contrôle vers une accumulation relativement lente du capital national (8).

Le gouvernement dut se passer d’emprunts et d’investissements étrangers et cette reconstitution de l’économie au cours de la N.E.P. a été réalisée sur la base d’une accumulation presque exclusivement intérieure (9).

Dès 1923, apparurent les symptômes d’une crise économique sérieuse. Elle était due à l’écart grandissant entre les prix des produits agricoles et ceux des objets manufacturés, mais elle cachait un antagonisme profond entre les intérêts du capital commercial privé et le capital d’État. Trotski, alors promoteur fervent du Plan économique d’État, a exprimé comme suit la signification sociale et politique de cet antagonisme:  » Au cas où le capital privé parviendrait peu à peu, lentement, à dominer le capital soviétique, l’appareil soviétique subirait vraisemblablement une dégénérescence bourgeoise (…) Si le capital privé croissait rapidement et arrivait à se mettre en contact, à se souder avec la paysannerie, les tendances contre-révolutionnaires actives dirigées contre le Parti prévaudraient alors probablement (10). »

« On sentait partout le flot montant du capitalisme », raconte Trotski qui conduisait alors l’opposition contre la politique stalinienne « orientée sur le koulak » et hostile à l’accélération du rythme d’industrialisation aux dépens de la paysannerie, c’est-à-dire à l’ « accumulation socialiste » (11). Deux ans plus tard (1928), le programme et le testament politiques de l’opposition trouvèrent en Staline un exécuteur inespéré et ses malheureux conseillers le virent pousser la docilité jusqu’à entreprendre la liquidation physique des koulaks « en tant que classe ». Convenons du reste qu’il y avait entre Trotski et Staline plus que des nuances théoriques (12).

La tâche maîtresse que cet État devait, par la volonté du parti dominant, assumer au cours de la « deuxième phase » était l’organisation « pacifique » de l’économie « socialiste ». Comme pendant la première phase, le capital nécessaire à cette accumulation « élargie » proviendra des seules ressources intérieures: le Capital de Marx a fourni à Staline le mode d’emploi pour cette création ex-nihilo – en l’occurrence les masses sous-prolétarisées (13).

Marx a décrit dans le Capital la genèse historique et la croissance du capitalisme, description qui représente le plus sévère réquisitoire qui ait jamais été dressé contre l’œuvre « civilisatrice » de la bourgeoisie. Or, elles ont été transformées par le parti bolchevik, maître de l’État, en autant de recettes économiques et politiques pour édifier le « socialisme en un seul pays ». La manipulation « consciente » de la théorie de la valeur avait suffi pour obtenir la restauration du potentiel économique du pays au cours des années de la N.E.P. Restait à « appliquer » la théorie de l’accumulation du capital, développée par Marx dans les derniers chapitres de son œuvre – et tel fut l’objectif de la « planification ». Planifier, cela signifier, sans plus, organiser à l’échelle nationale une exploitation systématique de la force vivante du travail suivant les méthodes décrites par Marx concernant l’ « accumulation primitive », le machinisme et la grande industrie en tant que sources de la plus-value relative et de la plus-value absolue.

Parlant des effets de la coopération simple, Marx rappelle les œuvres gigantesques des anciens États de l’Asie et de l’Égypte qui, disposant du travail de la population non agricole, pouvaient faire ériger d’immenses monuments par la seule concentration des efforts de ces masses de bras. « Cette puissance des rois d’Asie et l’Égypte, note-t-il, des théocrates étrusques, etc., est, dans la société moderne, échue au capitaliste, qu’il soit isolé ou, comme dans les sociétés par actions, combiné (14). »

Pour créer la grande industrie soviétique, l’État bolchevik, « capitaliste combiné », a conjugué toutes les méthodes d’accumulation, primitives et raffinées, « dans un ensemble systématique embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste » (15). Marx a mis en lumière l’importance de l’État dans la genèse du capital, rapport social de production, en formulant une sorte d’axiome sociologique: mais c’est à des hommes d’Etat « marxistes » qu’il appartenait de faire de cet axiome une règle d’action politique: « Quelques-unes de ces méthodes reposent sur l’emploi de la force brutale, mais toutes sans exception exploitent le pouvoir d’Etat, la force concentrée et organisée de la société, afin de précipiter violemment le passage de l’ordre économique féodal à l’ordre économique capitaliste et d’abréger les phases de transition. Et en effet, la Force est l’accoucheuse de toute vieille société en travail. La Force est un agent économique (16). »

Tournée en maxime, cette leçon d’histoire nous livre le secret des plans quinquennaux: loin de procéder à l’organisation d’une société socialiste, ces plans sont en réalité de véritables tableaux des charges assignant à des millions de travailleurs les tâches nécessaires pour obtenir, coûte que coûte, une production maximale.

(…)

Maximilien Rubel.

Notes
(1) Signalons quelques-unes des tentatives marxistes de présenter l’économie actuelle de l’U. R. S. S. comme capitaliste : R. L. WORBALL : « U. S. S. R. : Proletarian or Capitalist State », in The Modem Quarterly, XI, n° 2,1939, p. 5-19. A. PANNEKOEK, The Workers’ Councils, Melbourne, 1950. — P. CHAULIEU [pseudonyme de Castoriadis], « Les rapports de production en U. R. S. S. », étude parue dans Socialisme ou barbarie, n° 2, 1949. — O. RUHLE : pour les écrits de cet auteur, voir l’intéressante étude de S. FRANCK, Soziologie des Freiheil. Otto Rûhles Aufassung vom Sozialismus, Ulm. 1951. — Anonyme : Struttura economica e sociale della Russia d’oggi, série d’articles parus dans II Programma Communista, 1953-1957, organe d’une opposition communiste ayant pour théoricien A. Bordiga. — T. CLIFF, Stalinist Russia. A Marxist Analysis, Londres, 1955. — W. LEONHARD, l’Union soviétique, 1953.
Les divergences théoriques que l’on peut déceler dans ces travaux d’inspiration marxiste portent principalement sur la nature sociale de la classe dominante, maîtresse du capital.
(2) G. E. AKHIMOV, la Puissance dans l’ombre, Paris, 1953, p. 69, appelle le « communisme » soviétique un « capitalisme de remplacement ». On pourrait envisager ce fait également du point de vue de la doctrine morale prônée en U. R. S. S. Voir à ce sujet l’ouvrage de H. MARCUSE, le Marxisme soviétique, Paris, 1963, p. 360 : « […] les exigences communes de l’industrialisation amènent une grande similitude entre les valeurs caractéristiques des éthiques ‘ bourgeoise ‘ et soviétique ; une telle similitude se manifeste dans la morale du travail aussi bien que dans la morale sexuelle.  »
(3) Cf. E. H. CARR, A History of Soviet Russia, The Bolshevik Revolution, 1917-1923, II, 1952, p. 57 suiv. Curieusement, l’auteur qualifie de « syndicalisme » l’action autonome des ouvriers, alors qu’il voit l’ « essence » du socialisme dans l’économie planifiée et coordonnée par une « autorité centrale » agissant dans l’intérêt commun, ibid., p. 72.
(4) Cf. L. LAURAT, Bilan de vingt-cinq ans de plans quinquennaux, Paris , 1955, p. 35.
(5) Cf. S. N. PROKOPOVICZ, Histoire économique de l’U. R. S. S., Paris, 1952, p. 281 suiv.
(6) Cf. J.-Y. CALVEZ, Revenu national en U. R. S. S., Paris, 1956, p. 156 suiv. L’auteur, s’appuyant sur des sources statistiques soviétiques, cite les chiffres suivants : du 14 milliards de roubles en 1913, le revenu national global est passé en 1927-1928 Ci 16,1 milliards ; le revenu moyen par tête est passé, pendant la même période, de 100, 4 roubles à 107,1 roubles. L’évaluation est faite en roubles d’avant la guerre.
(7) « Tous ceux qui ont appris l’A B C du marxisme savent que de la libre circulation des produits et de la liberté du commerce découlera fatalement la division des producteurs en détenteurs du capital et en détenteurs de la force de travail, en capitalistes et en salariés ; autrement dit, on verra réapparaître le salariat qui ne tombe pas du ciel, mais qui est la conséquence, dans le monde entier, de l’agriculture marchande. » Discours de Lénine du 15 mars 1921, cité par S.N. PROKOPOVICZ, op. cit., p. 130. Toutefois, l’orateur déclarait que les « fondements même du pouvoir politique du prolétariat » ne seraient pas menacés par cette restauration partielle du capitalisme privé, « car c’est une question de mesure ».
(8) Pendant le « communisme de guerre », le travail fut décrété obligatoire pour tous les citoyens, et en 1920, plusieurs armées du travail furent constituées. La répartition des salaires évolua vers une égalité complète, mais devant la baisse rapide du pouvoir d’achat du papier-monnaie, la rémunération du travail s’effectua en grande partie en nature. A la fin de 1921, le salaire au rendement remplaça ce système de paiement et le livre contrat de travail fut substitué au service de travail obligatoire.
(9) « En 1922-1923, environ 4 000 des 8 500 entreprises du pays appartenaient au capital privé ou étranger et il en était ainsi pour presque tout le commerce intérieur. » AKHIMOV, op. cit, p. 129. « Si, dans une Russie appauvrie et ruinée, l’accumulation privée était infime, par contre l’accumulation forcée des capitaux de l’État, grâce à la nationalisation des principales forces de production du pays et moyennant une habile politique des prix, pouvait fournir des fonds d’investissement très importants. » PROKOPOVICZ, op. cit., p. 281. On ne saurait mieux formuler la politique d’accumulation suivie par l’entreprise d’État.
(10) L. TROTSKI, Cours nouveau, éd. de B. Souvarine, 1924, p. 48. – Traçant, en 1924, le bilan des « Trois années de N.E.P. », un économiste soviétique écrivait: « La N.E.P. n’était pas seulement […] une période d’accumulation primitive socialiste, mais encore une période d’accumulation primitive capitaliste, dont les méthodes de rapine n’étaient pas inférieures à celles d’autres époques semblables. » L. KRISTMAN, la Période héroïque de la grande révolution russe, édition allemande, 1929, appendice I, p. 387. L’auteur a encore pu être témoin, avant de disparaître, des méthodes de l’ « accumulation primitive socialiste » mises en honneur par Staline.
(11) L. TROTSKI, la Révolution trahie, Paris, 1936, p. 38 suiv.
(12) Encore que dans le mot de l’historien du bolchevisme (B. SOUVARINE, op. cit., p. 237): « A un certain degré de l’horreur, les variantes importent peu », permette de combler la solution de continuité entre la répression de la révolte de Kronstadt (1921) et l’assassinat collectif perpétré sur des centaines de milliers de paysans, par quoi Staline entendait terminer « la première phase » du développement de l’Etat soviétique. B. Souvarine cite Lénine conseillant de « ne pas reculer devant les moyens barbares pour combattre la barbarie ».
(13) Le « Socialisme dans un seul pays » est en fait la tentative d’une minorité politique active d’industrialiser un pays économiquement arriéré par des moyens empruntés au capitalisme d’Etat et de monopoles. I. FETSCHER, Von Marx zur Sowjetideologie, Frankfurt, 1957, p. 152.
(14) Le Capital, « Economie », I, p. 873 sq.
(15)Le Capital, ibid., p. 1213.
(16) Ibid.

~~

Voir aussi:

Marx et « le marxisme » (Rubel lu par ‘Socialisme mondial’, 1976)

23 avril 2008

(Compte-rendu paru dans Socialisme Mondial N°6, publié par le Parti Socialiste du Canada, 1976)

Marx Critique du Marxisme de Maximilien Rubel, Payot, Paris, 1974.

Maximilien Rubel est celui qui en France a étudié Marx avec la plus grande pertinence, et nous disons bien Marx, non pas le marxisme, puisque le but de don livre est de montrer que le terme « marxisme » est une idéologie dont la création incombe en partie sur Engels et que Marx lui-même n’aurait pas accepte. D’une certaine façon Rubel a raison : parler de « marxisme » pourrait impliquer que la théorie socialiste était la création d’un seul homme, Marx, point de vue qui est en contradiction avec la théorie énoncée par Marx lui-même. Pour Marx, la théorie socialiste n’est pas la création des penseurs individuels, mais elle est l’expression théorique du mouvement pratique de la classe ouvrière, c’est-à-dire l’expression de leur lutte contre la classe capitaliste dans le but d’abord de protéger leur standard de vie au sein du capitalisme et plus tard de s’emparer du pouvoir politique afin d’abolir le capitalisme.

Contrairement à la plupart de ceux qui se disent « marxistes », Rubel (qui cependant refuse cette épithète) a compris avec clarté que Marx soutenait une société mondiale dans laquelle seraient abolis le salariat, l’État et l’argent. En bref, par « socialisme » il fait référence au même concept que nous.

Rubel fait ailleurs d’autres bonnes remarques ; une partie de son livre (qui est en fait une collection d’articles écrits durant une période datant de 1957 au 1973) portant le titre « Le mythe d’octobre » fournit une brillante analyse de l’origine et de la nature du capitalisme d’État de la Russie. Rubel dénonce « la révolution prolétarienne » de 1917 comme étant un mythe. A son avis :

« 1917 . . . a inaugure, au contraire, l’entrée de la Russie dans le processus mondial de l’accumulation capitaliste. Ainsi le bolchevisme en tant que pouvoir politique n’a pu être que l’instrument de ce processus. Pour parler une fois encore le langage de Marx : s’étant montrée impuissante à accomplir sa « fonction historique », la bourgeoisie russe a légué cette « mission » au bolchevisme. »

Et, en harmonie avec les propos du Parti Socialiste de Grande Bretagne à ce moment-là :

« en 1917 aucune des conditions requises pour que la Russie entre dans la vole du socialisme n’étaient réunies : les conditions économiques et les rapports de classe au sein d’une société essentiellement paysanne aussi bien que l’importance sociale et le degré de maturité du prolétariat l’interdisaient, à moins d’une miraculeuse métamorphose intellectuelle et morale à tous les échelons de la société russe. »

Ainsi les bolchevistes, dans l’impossibilité d’établir le socialisme, se sont vus forcés à développer le capitalisme. Ainsi leur révolution ne fut pas une révolution « prolétarienne », mais plutôt une révolution « bourgeoise » :

« Pour qui accepte la description marxienne du processus d’exploitation du travail par le capital, Lénine, son parti et la bureaucratie accomplirent le rôle que la bourgeoisie russe n’avait pu mener à bien : jeter les fondements matériels, autrement dit capitalistes, d’un socialisme futur. Ce rôle bourgeois et jacobin, les bolcheviks le présentèrent sous un masque socialiste et baptisèrent la domination du parti « dictature du prolétariat » : tant il est vrai que le capital a besoin de justifications idéologiques pour cacher son oppression économique. En Russie, Lénine, son parti et la bureaucratie assumèrent le rôle dévolu partout ailleurs à la bourgeoisie, et le remplirent avec la plus grande efficacité. Et quand nous parlons de révolution « bourgeoise » accomplie par les bolcheviks, nous entendons bien que cette révolution se déroulait nécessairement dans le champ clos du capitalisme, et non pas en terrain socialiste. »

Rubel souligne également le fait que « Marx n’excluait pas une passation de pouvoir à l’aide du suffrage universel » (p. 179). En effet Marx a souligné l’importance de la démocratie politique en tant que base sur laquelle la classe ouvrière pourrait développer le savoir et l’expérience nécessaire pour abolir le capitalisme, en utilisant précisément les institutions de la démocratie politique :

« Constitué en classe et en parti dans les conditions de la démocratie bourgeoise, le prolétariat se libère lui-même en luttant pour conquérir cette démocrate: il fait du suffrage universel, hier encore « instrument de duperie », un moyen d’émancipation. Une classe qui constitue l’immense majorité d’une société moderne ne s’aliène politiquement que pour triompher de la politique et ne conquiert le pouvoir d’État que pour l’utiliser contre la minorité anciennement dominante. »

C’est-à-dire, la classe ouvrière s’empare du pouvoir politique non pas pour former un gouvernement – et à ce propos Rubel souligne que le terme « État ouvrier » n’a « jamais été employé par Marx » (p. 288) – mais seulement en tant qu’arme révolutionnaire pour abolir le capitalisme.

A vrai dire, Rubel est quelque peu ambigu sur ce point, puisque, ailleurs, il écrit: « « la conquête du pouvoir politique ‘, c’est le piège absolu, le suicide du mouvement ouvrier » (p. 213). Nos vues et celles de Rubel bifurquent au moment où il propose la formation de « conseils ouvriers » comme alternative à la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière. II devrait se reporter pour une juste interprétation de ce terme de Marx au passage qu’il a écrit lui-même et qui cite ci-dessus, C’est vrai que le Bolchevisme et ses divers dérivés – stalinisme, trotskysme, maoisme – ont dénaturé le sens que Marx a donné à ce terme, en préconisant la saisie du pouvoir par la violence par une élite de révolutionnaires professionnels. Ce n’est pas ceci que Marx a voulu dire soit par « la conquête du pouvoir politique » soit par « la dictature du prolétariat », ainsi que l’a montré Rubel même.

L’organisation ouvrière en conseils ne fournit pas vraiment une alternative valable a l’organisation politique, c’est-à-dire à l’auto-organisation en un parti politique démocratique de masse dont le seul but est de s’emparer du pouvoir politique afin d’abolir le capitalisme. La classe ouvrière doit s’emparer du pouvoir gouvernemental afin d’empêcher que celui-ci ne s’oppose à l’établissement du socialisme. La violence serait inévitable si en essayant d’ établir un autre centre du pouvoir basé sur des « conseils ouvriers » on laisserait ce premier à la disposition de la classe capitaliste. Le seul moyen d’établir le socialisme pacifiquement est de convertir le suffrage universel en un « agent d’émancipation » ainsi que le préconisait Marx.

Le « parti politique de la classe ouvrière » doit être totalement différent des partis actuels, ça va de soi. Son but ne sera pas de conduire la classe ouvrière à la victoire parlementaire ou à l’insurrection. Ce devra être un parti intégralement démocratique, ou ceux qui auront été choisis pour achever quelque tâche à son compte – y compris les envoyés au parlement – seront des délégués sous mandat, passibles d’une révocation immédiate au cas où ils ne répondraient pas aux exigences de la classe ouvrière, qui bien entendu dans sa majorite doit être socialiste.

Néanmoins, on peut recommander le livre de Rubel Marx Critique du Marxisme. II y a, après tout, peu d’autres qui sont d’accord avec nous à propos et de la nature du socialisme en tant que société sans argent, sans salariat et du caractère essentiellement capitaliste de la révolution russe.

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