Posts Tagged ‘Social-libéralisme’

L’Internationale pourrie

30 décembre 2007

L’assassinat de Benazir Bhutto a non seulement remis en avant les conjonctions entre l’armée, les USA et les islamistes au Pakistan (« Le président pakistanais est le meilleur allié de Washington alors qu’il est allié avec les islamistes qui soutiennent les talibans », L’Humanité du 28-12-07), mais accessoirement l’appartenance de son parti, le Pakistan People’s Party (PPP), à l’Internationale socialiste. Si ce n’est une minuscule tendance trotskyste animée par le courant grantiste [cf. l’article d’A. Woods* &*, idolâtres de Chavez qui militent en France au sein du PCF], ce PPP est considéré unanimement comme le défenseur des intérêts de la grande bourgeoisie du sud. Faudrait-il être surpris de son appartenance à l’I.S. ?

L’Internationale socialiste est un vestige formel des anciennes Internationales ouvrières. Qu’en reste-t-il? Dans ses principes, édulcorés au dernier degré, on y lit vaguement que « les socialistes sont unis dans leur vision d’une société mondiale pacifique et démocratique alliant la liberté, la justice et la solidarité« . On y défend donc « la liberté individuelle« , « la liberté de pensée et d’expression, à la liberté d’association et à la protection face à la torture« . Enfin, « les différentes cultures au sein de chaque société doivent jouir de chances et de droits égaux« . Même si ça n’est même pas du réformisme, soit. Ce qu’il faut regarder ce sont les membres de cette I.S., et là on n’est pas déçus. On y retrouve non seulement le Labour britannique converti au libéralisme et le SPD qui préfère gouverner avec la droite qu’avec sa scission de gauche, mais aussi pêle-mêle le Front sandiniste du Nicaragua qui a criminalisé l’avortement et collabore avec le régime théocratique iranien, l’Action démocratique totalement discréditée au Venezuela, l’UPK du Kurdistan irakien qui tire sur les ouvriers en grève et participe au gouvernement compradore collaborant avec les troupes d’occupation. En Italie on ne sait plus trop qui. En France le PS évidemment.

Ce genre d’usine à gaz anti-ouvrière n’est sûrement pas ce qui pourra donner le moindre début de légitimité au PS français à prétendre incarner l’héritage socialiste.

Voir aussi:

– sur le Pakistan:

– sur l’I.S. et l’Irak:

Réunion du groupe de travail de l’IS avec la direction de l’UPK à Kirkuk

– divers:

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Le « dérapage » de Hollande contre SUD

8 décembre 2007

Dans un article paru dans Sud-Ouest (disponible ici), François Hollande, toujours premier secrétaire du Parti soi-disant socialiste, déclare rien moins que: » le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD« .

Communiqué de SUD-Ratp, 7-12-07

Haro Politique contre SUD

Dans un entretien accordé à SUD OUEST le 26 novembre 2007, le 1er secrétaire du parti socialiste, François HOLLANDE, se félicite de « l’évolution réformiste de la CGT », en ajoutant que « le syndicalisme que l’on doit combattre c’est celui de SUD » !

Il n’en fallait pas tant pour confirmer que SUD est désormais le seul adversaire social digne de ce nom dans notre pays, et qu’en matière de syndicalisme, comme en politique, le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée.

SUD RATP rejette la qualification de « gauchistes », car son seul but a toujours été celui de la défense des salariés qu’il représente, sans jamais s’interdire de combattre les politiques de droite, comme de gauche, dès lors qu’elles sont néfastes à ces intérêts.

Les Adhérents, militants et sympathisants de SUD RATP n’oublierons pas cette prise de position politique, indigne d’un parti se prétendant investi des valeurs du Socialisme.

Le PS et la contre-réforme des retraites

15 novembre 2007

2 articles récents sur le sujet:

Article paru dans Lutte ouvrière d’aujourd’hui (daté de demain):

L’attitude du Parti Socialiste : un soutien… à la « réforme » des retraites.

Interrogée sur France Inter, lundi 12 novembre, sur son soutien aux grévistes, cheminots et agents de la RATP, Ségolène Royal a d’abord déclaré : « Bien sûr qu’il faut réformer le système des retraites globalement ».

De la politique de Sarkozy, elle n’a critiqué finalement que la méthode, qualifiée d’ « arrogante ». Elle soutient « la demande des organisations syndicales de s’asseoir autour d’une table de façon tripartite, c’est-à-dire avec les entreprises, les représentants des salariés et l’État. » Et d’ajouter : « Ce qu’il ne faut pas faire – et ce que fait malheureusement le gouvernement – c’est faire de la provocation ou aller à l’affrontement pour l’affrontement. »

Autrement dit, Sarkozy s’y prendrait mal. La gauche au pouvoir serait plus « efficace » car moins provocatrice… pour imposer des sacrifices aux travailleurs. Voilà ce qu’on peut déduire de telles déclarations. Et cette position n’est pas celle de la seule ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Elle est celle de tous les dirigeants socialistes, qui se gardent de prendre une position en faveur d’un mouvement social qui pourrait faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais elle n’est guère différente de celle de tous les dirigeants confédéraux, qui acceptent l’idée qu’une réforme des régimes spéciaux est nécessaire, et qui n’en discutent que les modalités.

Rappelons, d’ailleurs, que le PS, lorsqu’il était au gouvernement, n’est pas revenu sur les mesures de Balladur concernant les retraites, qui ont ouvert la voie à celles appliquées par le gouvernement Raffarin et par Sarkozy-Fillon aujourd’hui.

Pourtant, la productivité au cours des siècles passés a fait de tels progrès que, même s’il y a moins d’actifs par rapport au nombre de retraités, il y aurait de quoi financer largement le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans, voire moins, avec une durée de cotisation qui ne dépasse jamais 37 ans et demi, et augmenter le montant des pensions. Mais aucun dirigeant politique du Parti Socialiste n’ose le dire ; cela ferait trop de peine au patronat.

Les quelques contorsions des dirigeants du PS, qui ne portent que sur la façon de faire passer la pilule, ne parviennent pas à masquer le fait qu’ils sont en fait, en matière de retraite, sur la même longueur d’onde que la droite, et surtout le patronat.

Aline RETESSE.

***

Article de Denis Collin paru le 12 novembre 2007 sur le site La sociale:

Union sacrée…
OU QUAND JULIEN DRAY SOUTIENT SARKOZY CONTRE LES CHEMINOTS

Voici ce qu’on peut lire dans la presse (dépêche de l’AFP)

« Le député socialiste Julien Dray, le 1er septembre 2007 à la Rochelle. Le député socialiste Julien Dray a jugé dimanche que la grève de défense des régimes spéciaux de retraite pouvait encore être évitée à condition que le président Nicolas Sarkozy s’implique. La grève est évitable « si le président de la République bouge beaucoup, se déplace partout et prend ses responsabilités », a-t-il estimé dans une interview à Europe 1, TV5-Monde et Le Parisien – Aujourd’hui en France. Selon M. Dray, les syndicats « ont été mis dos au mur, et c’est le gouvernement qui porte la responsabilité de cette grève ». « Je pense qu’il y a aujourd’hui au gouvernement un certain nombre de gens qui poussent à l’épreuve de force pour l’épreuve de force », a-t-il dit avant de préciser qu’il visait le ministre du Travail Xavier Bertrand. Se disant lui-même favorable à une réforme qui conduirait l’ensemble des salariés à cotiser 40 annuités, Julien Dray a encore affirmé que si « on ne veut pas de la grève, on a encore 24 heures, 36 heures pour discuter ». « C’est la responsabilité du président », a-t-il conclu : « Il s’est trop mis en avant pour se défiler cette fois-ci ». »

Un discours assez simple à décoder. Il tient en deux points.

1) L’essentiel réside dans l’affirmation selon laquelle Julien Dray est d’accord avec Sarkozy sur le fond, savoir la « réforme » (c’est-à-dire la liquidation) des régimes spéciaux. Sur ce point, il est comme l’ensemble de la direction du parti socialiste et conformément aux discours de Mme Royal pendant la campagne présidentielle.

2) Julien Dray est en désaccord avec la méthode Sarkozy puisque celle-ci pousse les travailleurs à la grève. D’où l’urgence : éviter la grève. Julien Dray a raison. Si la grève radicalise les positions des travailleurs, la « réforme » pourrait avoir du plomb dans l’aile. Sarkozy pourrait reculer, comme s’en inquiète aussi un éditorialiste de Marianne qui accuse Sarkozy d’être un « faux dur » qui délégitime les réformes (voir Marianne).

Conclusion : « l’opposition » du porte-parole du PS à Sarkozy est une simple apparence qui masque de plus en plus difficilement un soutien ouvert au président de la république. Julien Dray est-il le prochain ministre « d’ouverture » comme la rumeur en court ? Toute spéculation à ce sujet est inutile. Julien Dray exprime la logique politique de la direction du PS, engagée de facto dans une stratégie d’union sacrée avec l’actuel président de la république. L’approbation du nouveau traité européen Sarkozy-Merkel n’est donc pas une affaire strictement européenne. Elle est un élément d’une politique d’ensemble du parti prétendument socialiste.

Il est temps de tirer de tout cela les conclusions qui s’imposent.

1) Pas un militant de gauche ne peut rester membre de ce parti de droite. Les militants et responsables de gauche qui restent membres du PS y sont de plus en plus de simples faire-valoir : ils n’ont aucune chance d’infléchir la politique de ce parti (l’expérience l’a amplement prouvé) mais la direction du parti se sert d’eux pour camoufler son orientation réelle.

2) Ce parti étant un parti de droite, il faut le considérer comme les autres partis de droite, sur tous les plans. C’est-à-dire qu’il n’y a aucune raison de continuer à faire prévaloir aux élections cette discipline républicaine qui n’est plus que l’assurance tous risques de hommes de main de la grande bourgeoisie.

Voir aussi:

Traité « simplifié »: La débandade du parti soi-disant socialiste

27 octobre 2007

Extrait de l’article de Denis Collin publié aujourd’hui sur les sites La sociale et Le Grand Soir: « Le PS se rallie à Nicolas Sarkozy » (article entier ici)

« Sarkozy nous a tendu un piège » dit le fabiusien Bacheley à propos du nouveau traité « simplifié » remplaçant feu le TCE. C’est une mauvaise plaisanterie : Sarkozy n’a tendu aucun piège au PS puisqu’il ne fait que mettre en œuvre, à la lettre, ce qu’il avait annoncé dans sa campagne électorale. (…) Le seul responsable de ce prétendu « piège » est le parti socialiste lui-même.

Les choses sont en effet très simples : le programme du PS (congrès du Mans) et le programme de la candidate Royal disaient clairement : tout nouveau traité doit être soumis au référendum. A l’unanimité, les socialistes se plaignent du « déficit démocratique » dans la construction de l’Europe. La logique voudrait donc que les socialistes fassent tout leur possible pour contraindre Nicolas Sarkozy à organiser un référendum sur le traité simplifié. Et le seul moyen de le faire est de voter « non » à la révision constitutionnelle préalable à l’adoption du traité par le Parlement. Personne ne demande donc aux socialistes de renoncer à leurs convictions. Les adeptes du traité « relifté » pourront voter « oui » au référendum et même convaincre leurs concitoyens que c’est une bonne chose.

Au lieu de suivre cette logique et cette honnêteté élémentaire, les dirigeants socialistes ont décidé d’apporter un soutien décisif à Nicolas Sarkozy. Les Jouyet, Besson, Kouchner, Bockel and Co ne suffisaient pas. C’est maintenant tout le gratin de la rue de Solferino qui rallie le président sur cette question décisive : la mise hors jeu de la volonté populaire, la liquidation de l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui stipule que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

En effet, Moscovici, Poignant et une vingtaine d’autres hiérarques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient « oui » au parlement, oui à la révision et oui au traité. Mme Royal leur a emboîté le pas. Rien de plus normal, la droite socialiste, ces socialistes de droite qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux prétendus « sarkozystes de gauche » font bloc avec leurs maîtres, la bureaucratie européiste, les rois de la finance, les spéculateurs, profiteurs, agioteurs et autres exploiteurs pour qui la construction européenne est un moyen indispensable pour liquider toutes les conquêtes sociales et tout ce qui reste de service public.

Mais le plus inquiétant ne vient pas de ces gens qu’on connaît bien et qui sont la honte du socialisme, à l’égal de leurs compères, les Blair et Brown, les dirigeants italiens noyés dans le PD de Prodi, les SPDistes collaborateurs de Mme Merkel, etc. Non, le plus inquiétant vient de tous ceux qui se proclamaient la « vraie gauche », ceux qui avaient dit « non » en 2005 et qui, les uns après les autres retournent leur veste. Les fabiusiens et une partie du NPS (Hamon) veulent conjurer le spectre de la division du PS et proposent l’abstention, ce qui revient, comme on l’a montré sur ce site, à dire « oui » à Sarkozy. Courageux et intransigeant en parole, Emmanuelli, comme à son habitude, fait demi-tour quand il y a une bataille à livrer et propose de ne pas prendre part au vote, histoire de laisser M. Sarkozy en paix. Et, last but not least, Vincent Peillon, autre ex-leader du « non » socialiste, appelle purement et simplement à voter « oui » ! Avec sens de l’absurde assez déconcertant, cet ex-professeur de philosophie prétend qu’il faut dire oui quand on a dit non… Une chance qu’il n’enseigne plus !

Voir aussi:

DSK au FMI: un job à 495.000 dollars/an

28 septembre 2007

L’exportation de sociaux-libéraux français, de Lamy à Camdessus, se poursuit donc avec l’élection de DSK à la tête du FMI (avec le soutien des USA), où il sera le fonctionnaire le mieux payé de Washington avec un salaire de 495.000 dollars/an. « Bienvenue au club » le félicite Pascal Lamy.

Source: site de l’Express, 28 septembre 2007:

Nomination

DSK au FMI: un job en or

Le patron du FMI n’est pas à plaindre: rémunération, retraite, avantages en nature… Petite revue des avantages liés à la fonction.

Dominique Strauss-Kahn, assuré de l’emporter dans la course à la présidence du FMI qui devait s’achever vendredi, va occuper pendant 5 ans – il s’y est engagé – un poste en or. Au sens propre.Voici les quelques avantages dont il bénéficiera:

– Rémunération: il sera le fonctionnaire le mieux payé de Washington, avec un salaire annuel de 495.000 dollars. Net d’impôt, diplomate oblige. C’est deux fois et demi le salaire de Bernanke, le patron de la Réserve fédérale.

– Retraite: garantie au bout de trois ans de service, elle se monte à 80.000 dollars par an.

– Avantages en nature: il n’aura certes pas de logement de fonction, mais il bénéficiera d’une voiture de fonction – une Lincoln – avec chauffeur.

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FMI: Lamy félicite DSK

Le directeur général de l’OMC, le Français Pascal Lamy, s’est félicité de l’élection de son compatriote Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international. « Bienvenue au club, il y a du pain sur la planche« , a-t-il déclaré sur France Info. Deux autres Français dirigent actuellement une grande institution internationale : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), et Jean Lemierre, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). (Source: www.lejdd.fr)

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Communiqué de la LCR:

Ainsi, Dominique Strauss-Kahn, membre éminent du parti socialiste français, ex-candidat à la candidature présidentielle, ancien ministre, a été désigné directeur du FMI par les grandes puissances qui pillent la planète.

Le FMI – fonds monétaire international – est cet organisme mondial au service exclusif, sourcilleux et même dogmatique du libéralisme capitaliste qui a fait des ravages sociaux et économiques dans de multiples pays, notamment en Afrique ou en Amérique Latine.

Utilisant le chantage au rééchelonnement de la dette des pays pauvres, il contraint leurs gouvernements à appliquer des « politiques d’ajustement structurel » : réduction des dépenses sociales, licenciements massifs de fonctionnaires, privatisation des services publics et des ressources naturelles au profit des multinationales occidentales, dislocation des systèmes de retraites, attaques massives contre les salaires et les acquis sociaux des couches populaires, etc.

La mise en œuvre de ces « recettes » criminelles produit systématiquement les mêmes résultats : destruction des économies locales, augmentation de la précarité, ruine des populations, misère et famine.

Qu’on se rassure : pour diriger ce sale boulot, le directeur « socialiste » du FMI touchera chaque mois l’équivalent de 400 SMIC !

Décidément, cette « gauche » n’est pas la nôtre !

Ligue Communiste Révolutionnaire, 28 septembre 2007

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Voir aussi:

Les discours spéciaux du PS sur les retraites

11 septembre 2007

« La réforme est donc nécessaire mais elle doit être négociée »

Point presse de B. Hamon, site officiel du PS

« L’allongement de la durée de vie rend inéluctable la hausse du nombre d’années de cotisation et les régimes spéciaux doivent être alignés sur le régime général, en intégrant la pénibilité des métiers »

Manuel Valls, Les Echos 10/09/07

Régimes spéciaux: le PS pour « une évolution négociée » dans une réforme globale

Dépêche du 11.09.07 citée sur le site du Monde

Le Bureau national (BN) du PS s’est déclaré, dans un communiqué publié mardi soir, favorable à « une évolution négociée des régimes spéciaux » mais « dans le cadre d’une négociation globale des retraites des Français ».Le communiqué ne prend pas position contre le projet du gouvernement Fillon d’aligner les régimes spéciaux sur le régime général des retraites. « Cet objectif n’est pas le nôtre », a toutefois déclaré le secrétaire national Benoît Hamon en rendant compte de la réunion hebdomadaire du BN, qui a adopté le texte « à l’unanimité moins cinq abstentions ».

Selon le Bureau national, « il n’est pas possible de déconnecter l’évolution des régimes spéciaux -qui doit être traitée dans leur diversité et non de manière réductrice- de la négociation d’ensemble ».Le BN fait aussi valoir que « l’évolution éventuelle de ces régimes spéciaux ne constitue absolument pas une réponse au financement pérenne du régime général des salariés ».

Le communiqué énonce les axes d’une réforme des retraites, rappelant qu’elle est prévue dans la loi de 2003. L’un de ces axes, qui ne vient qu’en quatrième position, indique qu’il faut « prévoir une évolution négociée des régimes spéciaux, dans toute leur diversité financière, démographique, historique, dans le cadre d’une négociation globale des retraites des Français, dans le souci d’assurer la pérennité du système par répartition ».

Benoît Hamon a souligné auprès de la presse « le contexte d’offensive générale contre les acquis sociaux menée par le gouvernement Fillon : service minimum dans les transports, bientôt le contrat de travail unique, les franchises médicales ».

Il s’est élevé contre « une politique tendant à faire des cheminots, gaziers et électyriciens une noblesse du salariat ». Selon lui, « le gouvernement se dirige vers une suppression des régimes spéciaux en esquivant toute refonte du régime général ».

Ce dossier divise les socialistes, le député de l’Essonne Manuel Valls ayant pris position pour un alignement des régimes particuliers, auquel s’oppose publiquement le sénateur Jean-Luc Mélenchon. Pour des raisons diamétralement opposés, les deux parlementaires se sont abstenus.

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La réaction de J.-L. Mélenchon:

Communiqué de presse

Après la droitisation constatée dans les discours tenus à l’université d’été de la Rochelle un nouveau seuil est franchi dans cette dérive avec le dossier des régimes spéciaux de retraites. Voici à présent que la modernisation du Parti Socialiste prétend se construire dans le suivisme à l’égard de la droite en pleine offensive contre les acquis sociaux des salariés. Je déplore le caractère unilatéral de l’expression socialiste à propos des régimes spéciaux de retraite qui facilite les mauvais coups du gouvernement de droite et du président de la République.

La nécessité de cette réforme n’est pas démontrée du point de vue de l’équilibre des régimes de retraite, encore moins s’agissant d’équité.

Les bénéficiaires des régimes spéciaux ne représentent en effet que 4,6 % du total des retraités et n’en représenteraient plus que 1,6 % en 2025.

S’agissant d’équité, la priorité serait plutôt d’égaliser les niveaux de cotisations des commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales avec ceux des salariés et de supprimer les régimes spéciaux de retraite exorbitants des PDG.

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Réforme des régimes spéciaux: les socialistes encore en ordre dispersé

PARIS (AFP aujourd’hui) — Les socialistes ont réagi en ordre dispersé à l’annonce par François Fillon d’une réforme des régimes spéciaux de retraite, mettant une nouvelle fois en évidence leurs divisions et leurs hésitations sur cette question.

Manuel Valls, l’un des porte-drapeaux de la « rénovation » du PS après les échecs électoraux du printemps, a approuvé lundi le principe d’un alignement des régimes spéciaux sur le régime général, au nom de « l’équité » et d’un impératif « financier »

Mais la position officielle du PS n’est pas celle-là. « On ne dit pas oui », a déclaré lundi le secrétaire national Benoît Hamon. Une périphrase qui traduit un peu d’embarras, les reproches socialistes concernant la méthode gouvernementale, plus que le fond.

Député-maire d’Evry (Essonne), M. Valls, proche de Ségolène Royal sans s’être enrôlé sous sa bannière, s’est déclaré « évidemment favorable » à un alignement sur le régime commun ». « C’est demandé dans le pays. C’est une question de justice et c’est nécessaire sur le plan financier », a-t-il dit.

Il a toutefois demandé de « privilégier la négociation » et « un passage au Parlement » de cette réforme.

Vice-président de l’Assemblée nationale, le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, interrogé par l’AFP, a défendu une position « à l’image de la plupart des responsables socialistes: il faut tendre à une harmonisation des régimes de retraite ».

Ce point de vue avait été défendu par Arnaud Montebourg lors de la réunion des jeunes « rénovateurs » socialistes, fin août en Saône-et-Loire. Parmi eux, le député de la Nièvre Gaëtan Gorce a récemment jugé possible une réforme consensuelle sur ce sujet.

La question des retraites apparaît ainsi comme l’un des chevaux de bataille des « rénovateurs », qui entendent « revisiter sans tabou le logiciel socialiste ». Pendant sa campagne présidentielle, Mme Royal avait prudemment dit vouloir « mettre tout sur la table » lors de la renégociation prévue sur les retraites en 2008.

Selon M. Hamon, « une réforme est nécessaire, pour des raisons de financement » liées aux déséquilibres de ces régimes, mais « elle doit être négociée, construite avec les partenaires sociaux » et ne pas se limiter aux régimes spéciaux.

Le jeune député européen a accusé le gouvernement de vouloir « stigmatiser une population » présentée « comme privilégiée ». Figure de la gauche du PS, il a estimé que le salut de la gauche ne consiste pas à « être un peu plus de droite ».

Encore plus dur, le sénateur Jean-Luc Mélenchon s’est élevé contre « le suivisme à l’égard de la droite, en pleine offensive contre les acquis sociaux des salariés ». Selon lui, cette attitude « facilite les mauvais coups du gouvernement et du président de la République ».

Autre adversaire du consensus, le député fabiusien Claude Bartolone a jugé que le rôle des socialistes était d' »être utiles aux salariés, et pas d’être des auxiliaires du gouvernement ». Il s’est dit « agacé » du discours de certains socialistes: « pour être moderne, on dit du mal du PS et du bien de Sarkozy et du gouvernement! »

Jugeant « légitime de rechercher une équité » des régimes de retraite, Jean-Louis Bianco, ex-directeur de campagne de Mme Royal et ancien ministre des Affaires sociales, estime toutefois qu’il ne faudrait « pas dresser les gens les uns contre les autres ». Ce sur quoi insiste aussi M. Bartolone.

Voir aussi:

Le PS vu par Prométhée

10 septembre 2007

Télécharger ici (Lettre de Prométhée du 9 septembre 2007)

Extrait:

Parti Socialiste : LA FIN ?

Contenue depuis 2002, la crise du Parti Socialiste est à nouveau sur le devant de la scène. Aux dires des « rénovateurs » du P.S., cette crise proviendrait de 3 facteurs :

« Crise des idées, d’abord, puisque notre projet n’est plus adapté aux attentes de la société. Crise de direction, avec le système des « éléphants » ne produisant que du blocage collectif et du conflit personnel. Crise des alliances, enfin. Le PS s’est construit sur une stratégie d’union de la gauche mais il occupe désormais à lui seul l’essentiel de cet espace et il faudra bien en tirer des conséquences. »1

L’enjeu est énorme. On sait en effet que pour la fraction « rénovatrice » de l’appareil, l’objectif n’est ni plus ni moins que d’en finir avec un parti « nécrosé ». M. Valls, l’un des députés à la pointe du mouvement, se prononce explicitement pour « faire imploser le P.S. ». En lieu et place de ce parti, il s’agirait de construire un parti de type libéral, « moderne », c’est à dire bourgeois.

En 1892, Engels commentait par ces lignes la montée du travaillisme en Grande-Bretagne :

« Les élections au Parlement, qui ont eu lieu il y a quelques jours, ont fait savoir en bonne et due forme aux deux partis officiels, aussi bien aux conservateurs qu’aux libéraux, qu’il leur faut maintenant compter les uns et les autres avec un troisième parti : le parti ouvrier.

(…) C’en est fait de la superstition du « grand parti libéral » qui a subjugué les ouvriers anglais durant presque quarante ans. Des exemples frappants leur ont montré que se sont eux, les ouvriers, qui constituent en Angleterre, la force décisive, pour peu qu’ils le veuillent, et sachent ce qu’ils veulent; et les élections de 1892 ont marqué le début de cette volonté et de ce savoir. » 2

En dernière analyse, ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de mener jusqu’à son terme le processus exactement inverse. Utilisant le recul actuel du mouvement ouvrier, il s’agit de le marginaliser définitivement sur la scène politique, en coupant définitivement le P.S. de sa propre histoire.

Ceci mérite donc la plus extrême attention. Mais pour comprendre les causes comme les enjeux de cette crise, il est indispensable de procéder à un retour en arrière.

(…)

[1] G. Gorce, La Croix, 20.VII.2007.

[2] Engels, préface à La situation de la classe laborieuse en Angleterre, 1892.

Perles (quoique…) de La Rochelle

3 septembre 2007

Quelques citations de l’université d’été du PS illustrent assez bien l’état de ce parti.

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Dans le reportage « Le PS bouge encore » de Libération d’aujourd’hui, on notera:

«Les socialistes ont bel et bien accepté l’économie de marché […] le vendredi 23 mars 1983, à 11 heures du matin» (Emmanuelli)

«Nous sommes politiquement des libéraux. Quinze ans après la disparation du goulag, j’ai du mal avec celui qui se dit antilibéral !» (Rocard)

Dans Le Figaro d’aujourd’hui:

« Je ne crois pas que la généralisation [des 35 heures] soit une bonne idée pour les très petites entreprises » (J.-M. Ayrault)

Dans Le Journal du Dimanche d’hier:

« Blablabla » (…) « Toujours pas de proposition concrète. Comment insérer les jeunes dans la société ? Comment résorber le chômage ? Je n’ai rien entendu. Par contre, les mots ‘valeur socialistes’, oui. Mais faut les mettre en oeuvre ! » (Yannick, militant, 22 ans)

et de diverses sources:

« Je suis fier d’être votre Premier secrétaire depuis dix ans » (F. Hollande)

 » les expériences étrangères nous enseignent qu’il n’existe pas, en général, de réponses très différentes entre la gauche et la droite  » (Attali)

« Nous devons être aussi le parti de l’entreprise et des entrepreneurs » (Valls)

31 août 2007

Voilà la conception du vote de classe par le député-maire « socialiste » d’Evry qui ajoute « Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement.  » Ci-dessous une brève dans LO et l’interview de Valls au Figaro.

***

Parti Socialiste –

Les idées Valls au gré du vent

Dans un entretien au Figaro, Manuel Valls, député-maire d’Évry et par ailleurs l’une des figures montantes au sein du Parti Socialiste a déclaré : « Nous sommes au bout d’un cycle : une grande partie des idées de gauche se sont épuisées. » Allant plus loin, il a insisté sur la nécessité « d’admettre définitivement que nous sommes dans une économie de marché ».

On ne sait pas bien à qui il pouvait s’adresser, puisque, jusqu’à preuve du contraire, personne au Parti Socialiste ne conteste ce fait et n’envisage d’ailleurs d’y mettre un terme.

Mais il a tout de même pris soin d’en rajouter une couche, soulignant : « Nous devons dire que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l’assistanat. Nous devons tirer le bilan sur les 35 heures, être au clair sur les retraites… »

Et, cerise sur le gâteau, il a cru bon d’ajouter : « Nous devons être le parti de l’entreprise et des entrepreneurs, créateurs de richesses. »

Et, sans doute pour ne pas être en reste sur les sujets de société, il a déclaré : « Une société a besoin de règles et d’ordre, l’autorité républicaine est une valeur de gauche car son bon exercice permet de créer et de préserver le lien social. »

On ne sait où Manuel Valls avait acquis ses valeurs de gauche, mais, une chose est sûre, elles s’adaptent étrangement au discours réactionnaire du gouvernement.

Avec de tels propos, Manuel Valls, s’il ne parvient pas à ses fins avec le PS, pourrait toujours trouver à se recycler dans une commission proposée par Sarkozy.

D.M.

Lutte ouvrière du 31 août 2007

Manuel Valls : « Sortons le PS du carcan des courants »

Propos recueillis par Nicolas Barotte.

Publié dans Le Figaro du 21 août 2007

Sur certains sujets, le député-maire d’Évry serait prêt à faire «un bout de chemin avec la majorité».
Le FIGARO. – Comment jugez-vous sur les premiers mois de Nicolas Sarkozy?

Manuel VALLS. – Nous avons un président hyperactif. Cela ne me choque pas. Les Français lui ont donné la légitimité pour agir. Si l’hyperactivité ne peut pas être sa seule marque de fabrique, je me garderai bien d’un jugement hâtif. Cependant, je ne vois pas, par exemple, de stratégie économique et budgétaire. Au-delà de la méthode Coué, j’aimerais connaître les réponses du gouvernement face à la crise boursière. Le budget 2008 sera très difficile à bâtir avec une croissance molle et des déficits publics qui s’aggravent.

Le PS peut-il s’opposer sans avoir effectué son travail de rénovation intellectuelle?

Nous sommes au bout d’un cycle: une grande partie des idées de gauche se sont épuisées. Pour que le PS retrouve une crédibilité, il doit être porteur d’un projet vraiment différent. Cela demande du temps et beaucoup de travail. Si nous ne changeons pas en profondeur notre logiciel, nous resterons durablement dans l’opposition. Face à la droite, nous devons nous opposer en trouvant le ton juste, contrôler l’action du gouvernement, mais aussi proposer. Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. Je pense aux moyens qu’il faut donner à la justice, à la lutte contre la criminalité ou encore au dossier de l’immigration.

Quels seront les sujets les plus difficiles à traiter pour le PS?

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. Nous devons dire également que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l’assistanat. Nous devons tirer le bilan des 35 heures, être au clair sur les retraites et reconnaître que nous avons perdu une grande partie des salariés, séduits par le discours de Nicolas Sarkozy. Nous devons être aussi le parti de l’entreprise et des entrepreneurs, créateurs de richesses. Le deuxième sujet essentiel, c’est celui de l’autorité, qui est en crise. Une société a besoin de règles et d’ordre. L’autorité, républicaine, est une valeur de gauche, car son bon exercice permet de créer et de préserver le lien social, le « vivre ensemble».

Rénovation du PS et souci d’unité sont-ils compatibles?

Aujourd’hui, les socialistes apparaissent très divisés, alors même que les débats n’ont pas été menés. Ce qui nous a nui, c’est moins la confrontation que l’absence de volonté de trancher les questions essentielles.

Le PS doit-il associer le centre à sa réflexion?

Je n’ai pas d’opposition de principe à des discussions de fond avec le MoDem, à condition qu’il clarifie sa position vis-à-vis de la droite. Il est temps que nous ayons un débat sur nos alliances électorales, car je ne voudrais que ce soit la somme d’accords locaux aux municipales – ici à gauche, là avec le MoDem – qui définisse notre stratégie nationale.

Avec Arnaud Montebourg, Gaëtan Gorce et d’autres de la même génération, vous partagez le même appel à la rénovation…

Nous nous retrouvons d’abord sur l’idée qu’il faut sortir des carcans des courants et des écuries présidentielles qui ont ankylosé le PS. Nous souhaitons, ensuite, mener la rénovation des idées librement, sans tabou.

Formaliserez-vous un rapprochement lors du congrès?

Il est beaucoup trop tôt pour répondre. Je ne vais pas reproduire ce que je dénonce par ailleurs, c’est-à-dire un fonctionnement que nos militants ne supportent plus. Je ne veux plus du processus que nous avons vécu entre 2002 et 2007 et que la méthode proposée par François Hollande – attendre le résultat des municipales et ne pas affronter les grandes questions de fond – vise à reproduire pour que rien ne change.

Le nouveau leader du PS doit-il appartenir à cette génération?

Je le crois. Mais rien n’est écrit à l’avance. Il faut un changement à la tête du parti, c’est incontestable et attendu par les Français. Mais cela ne suffira pas à régler nos problèmes. Il faut aussi changer nos formes d’organisation et de débat pour être véritablement en phase avec la société.

Quel doit être désormais le rôle de Ségolène Royal?

Aucun leadership ne se décrète, mais elle a un rôle éminent à jouer. Il doit être intimement lié à la rénovation des idées. La campagne de Ségolène Royal a permis, parfois dans le désordre et l’absence de cohérence, d’avancer sur des questions comme le travail, l’ordre juste ou la nation. Faisons de cette période un véritable acquis.

Dédicace à DSK…

11 juillet 2007

Les incompatibilités socialistes

Extrait des Rapports du 29° Congrès national du Parti socialiste SFIO (29 mai-1° juin 1932).

Le Conseil National, après avoir repoussé par 2638 mandats contre 778 une motion préjudicielle de la fédération de la Gironde, adopte à l’unanimité le rapport suivant, présenté au nom de la C.A.P. par Jean Longuet, Léo Lagrande, Jean Zyromski, et amendé par Emile Khan:

Le problème des incompatibilités entre certaines fonctions et la qualité de membre du Parti socialiste, entre certains aspects de l’activité professionnelle et l’intérêt évident de notre organisation, s’est depuis longtemps déjà posé sous des aspects divers à nos militants.

C’est ainsi que le Congrès de Saint-Étienne, en 1909, discutait et résolvait dans le sens de la négative, la question de savoir si un membre du Parti socialiste pourrait accepter les fonctions d’attaché, voire de chef de cabinet des ministres de la bourgeoisie.

Saisi de ce problème par notre camarade A. Morizet, le Congrès de Saint-Étienne, après un assez vif débat, votait à l’unanimité – moins la seule voix du citoyen J.-L. Breton – la résolution suivante:

« Le Congrès national,

Considérant que les fonctions de chef ou d’attaché de cabinet, de secrétaire particulier et d’une façon générale de membre d’un cabinet ministériel, sous quelque titres qu’elles soient exercées, ne sont pas celles d’un travailleurs salarié, mais celles d’un collaborateur et d’un complice attaché à la fortune d’un adversaire du Socialisme; que la participation au pouvoir est contraire à l’esprit et à la lettre des règlements du Parti, et que ce qui est interdit aux élus ne saurait être permis aux autres militants,

Décide,

Les Fédérations, qui par une regrettable tolérance, conserveraient dans leur sein les membres d’un Cabinet, les mettrons immédiatement en demeure de choisir entre leurs fonctions ministérielles et leur qualité d’affilié au Parti socialiste. »

C’est animé de la même conception que nous estimons qu’il y a incompatibilité entre la qualité de membre du Parti et des fonctions directement associées à la politique gouvernementale.

Cependant, les instances centrales du Parti, ses Congrès ou ses Conseils nationaux n’ont pas été amenés jusqu’ici à examiner ces problèmes dans leur ensemble, ni dans certains de leurs aspects les plus délicats, tels qu’ils ont été posés plus particulièrement au cours de ces dernières années devant l’opinion publique.

Sur le mandat qui lui a été conféré par le Congrès national de Tours, la C.A.P. vient, aujourd’hui, proposer au Parti d’édicter certaines règles précises qui lui paraissent nécessitées par l’intérêt le plus évident du Socialisme, de son organisation et de sa propagande.

(…)

Mais d’une façon générale, le problème des incompatibilités doit être examiné et résolu à la lumière des principes généraux que nous avons posés: en aucun cas un membre du Parti, quelle que soit sa forme d’activité professionnelle, ne peut l’utiliser au profit d’intérêts privés manifestement contraires à l’intérêt public, comme aux intérêts directs des organisations de la classe ouvrière.

N’est pas le cas de la direction générale du F.M.I.?

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Dépêche AFP 10-07-2007:

Henri Emmanuelli, député PS des Landes s’est demandé mardi si le FMI était le lieu adéquat pour qu’un socialiste « s’épanouisse« , évoquant la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

« Je m’interroge sur la possibilité pour un socialiste, compte tenu de ce qu’est le FMI, de ce qu’est sa politique, de s’épanouir à la tête de cette institution qui, aujourd’hui est quand même un petit peu à la marge, après quelques exploits, en Amérique du Sud et en Asie« , a déclaré M. Emmanuelli dans les couloirs du Palais-Bourbon.

Interrogé sur la politique d’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy, il a estimé que « c’est une habileté que le président de la République aurait tort de se refuser« .

« Mais elle n’engage que ceux qui succombent, pour moi le PS c’est 270.000 adhérents, 53 présidents de conseil généraux, 20 présidents de régions ce n’est pas quelques personnes égarées ailleurs », a-t-il lancé.