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Rencontre syndicale et populaire indépendante à Caracas

22 mars 2014

Traduit rapidement de l’espagnol par nos soins.

Le 21 mars 2014 a eu lieu au siège du Colegio de Ingenieros de Caracas la rencontre syndicale et populaire à l’appel des organisations syndicales CCURA et UNT, avec le soutien de Provea et un relais par d’autres initiatives sociales comme La Guarura.net, El Libertario, l’Association des Conseils étudiants de LUZ Wainjirawa, Ruptura et autres. L’appel a répondu aux attentes des organisateurs avec environ 150 personnes venues de différentes parties du pays, dirigeants syndicaux pour la plupart, qui ont montré leur souhait de construire un agenda de mobilisations et des revendications indépendant et autonome des coalitions électorales de droite (MUD) et du Grand Pôle patriotique (GPP, gauche chaviste).

L’évènement était important tant par sa diversité que par la volonté de construire une alternative sociale face à la polarisation. Ces dernières années, pour diverses raisons, les syndicalistes de classe et les révolutionnaires vénézueliens n’avaient pas eu l’occasion de se rencontrer et d’essayer de s’accorder pour une action commune. Dans ce sens, ce premier pas a atteint ses objectifs.

La réunion a été ouverte par Marino Alvarado de Provea, qui a précisé que les ONG de défense des droits humains ne prétendent pas se substituer au rôle des travailleurs pour exiger leurs droits, mais de contribuer à la nécessaire refondation du mouvement syndical autonome dans le pays. Puis José Bodas, secrétaire général de la Fédération des Travailleurs du Pétrole, a pris la parole en insistant sur la proposition de demander une augmentation générale des salaires, l’indépendance face aux patrons publics ou privés, la défense du droit à manifester, la dénonciation des intérêts étrangers dans le pays (USA, Cuba, Chine, Espagne, Russie) et le rejet de toute tentative de coup d’État. Puis ce fut le tour d’Elpidio Rojas, de l’Union nationale des travailleurs (UNT), qui a dénié au processus Maduro l’appellation de « révolution », revendiquant la formation d’un mouvement syndical unifié, dénonçant le non-fonctionnement des « conseils de travailleurs », proposant un plan général de lutte et de mobilisation indépendante le Premier mai prochain, et rejetant l’intervention du Conseil national électoral dans les élections syndicales.

Une série d’interventions sur différents sujets a ensuite débuté. Celle du professeur José Quintero Weir de l’Université du Zulia et membre du mouvement indigène a touché le public en proposant la création d’espaces libres régionaux pour l’action politique indépendante, le rejet du messianisme caudilliste (…) D’autres ont dénoncé le faux contrôle ouvrier sur les entreprises expropriées et défendu la liberté syndicale, ont parlé de la répression du gouvernement de Maduro et de celle à venir de la MUD, du gouvernement maduriste comme représentant du grand capital et des flux financiers, de l’importance d’adopter une politique indépendante de classe, de protester contre le « blocage gouvernemental », de la nécessité d’un dialogue avec la base du mouvement étudiant pour dénoncer la manipulation des partis d’opposition, du licenciement de dirigeants syndicaux (…)

El Libertario continuera à contribuer à la reconstruction de l’autonomie des mouvements sociaux pour une alternative sociale libertaire avec tous ceux qui souhaitent se confronter aux pouvoirs et arracher des droits des mains des gouvernants, des maîtres, des patrons caudillos et oppresseurs.

rédaction du Libertario.

Une partie du public

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Ateliers de travail

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Intervention d’Elpidio Rojas

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Les manifestations au Venezuela

22 mars 2014

Traduction d’un article paru dans News & letters (Chicago, N° de mars-avril 2014).

Cela a commencé par une petite manifestation étudiante, début février, contre une agression sexuelle sur le campus universitaire dans l’État de Tachira, que le gouvernement a reprimée et qui s’est propagée à d’autres villes et campus, là aussi avec répression et arrestations d’étudiants. Saisissant l’opportunité, une partie de l’opposition de droite a appelé à de nouvelles manifs et demandé que le président Maduro, qui a pris ses fonctions après la mort d’Hugo Chavez, soit démis de celles-ci. On peut considérer qu’il s’agit d’une tentative de prise en charge par la fraction la plus agressive de la droite. Les uns et les autres se sont accusés d’être responsables des manifs, des arrestations et des morts.

Contradictions socio-économiques

Un certains nombre de facteurs ont permis à l’opposition de droite de mobiliser dans sa tentative de détruire les transformations sociales produites au Venezuela depuis l’élections de Chavez en 1999. Le plus important a été l’actuelle situation socio-économique: une pénurie des produits de base comme le lait, l’huile, le sucre, la margarine, la farine de maïs; l’insuffisance de services publics élémentaires décents dans de nombreux domaines, l’imposition de nouvelles mesures d’austérité qui risquent de s’aggraver, l’insécurité dans les rues.

Selon les chiffres officiels, plus de 9 millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans la pauvreté. presque les 3/4 des travailleurs du secteur public gagnent des salaires inférieurs aux besoins élémentaires du coût de la vie et les familles ont besoin de plus de deux salaires minimums. Il n’y a que dans l’armée où les salaires augmentent plus que l’inflation.

Une gauche révolutionnaire nécessaire

Tout cela a fait douter du projet de Chavez de construire un socialisme du 21ème siècle au sein du capitalisme. La droite réactionnaire, avec les États-Unis, souhaiterait utiliser les contradictions de ce projet pour revenir à un capitalisme purement libéral. Le problème n’est cependant pas ce que la droite fera pour tenter de détruire quelques avancées progressistes, mais de savoir si une gauche révolutionnaire des travailleurs, des jeunes et des mouvements populaires peut sauver le socialisme d’un projet réformiste à tendances capitalistes d’État, et le déplacer constamment vers la révolution. Pour cela, le mouvement aura besoin d’aller au-delà de la division stérile créée tant par le gouvernement que par l’opposition.

Eugene Walker

venezuela_nlVoir aussi:

12 questions sur ce qui se passe au Venezuela (El Libertario)

26 février 2014

1. Les manifestations au Venezuela sont-elles menées par les partis d’opposition de droite ?

Non. La vague de manifestations actuelle a démarré dans la ville de San Cristobal le 4 février, quand des étudiants dénonçant des problèmes de sécurité sur le campus universitaire ont dû faire face à la répression, et que plusieurs d’entre eux ont été emprisonnés. Les manifestations qui ont suivi se concentraient sur la libération des étudiants détenus, se sont propagées à d’autres villes, et ont également été réprimées, intensifiant l’agitation étudiante. C’est dans ce contexte qu’une faction de l’opposition a lancé une proposition pour organiser des manifestations de rue surnommées « La Salida » (la sortie) demandant la démission du président Maduro, tandis qu’une autre faction de l’opposition était contre cette idée de manifestations concentrées sur cette revendication plus importante et unique. Malgré l’arrestation du politicien conservateur Leopoldo Lopez, les vastes manifestations à travers le pays ont dépassé et débordé par la gauche les partis politiques d’opposition.

2. Les manifestations au Venezuela font-elles partie d’un coup d’état contre le gouvernement de Maduro ?

Au Venezuela, qui a connu dans son histoire plusieurs coups d’état militaires, il est toujours possible que les événements aillent dans ce sens. Cependant, la situation actuelle est très différente de 2002, quand Hugo Chavez fut temporairement destitué par un coup d’état. Après cette date, les rangs supérieurs et intermédiaires des forcées armées ont été politiquement nettoyés ; ceux qui ont pris les postes vacants étaient idéologiquement proches du gouvernement, et leur allégeance a été sécurisée par des conventions leur donnant le contrôle d’un certain nombre d’activités économiques du pays. La source la plus probable d’un coup d’état aujourd’hui serait une faction chaviste ou une autre. Leur but serait d’assurer la gouvernabilité du pays, afin que l’armée et les compagnies d’énergie puissent continuer à opérer.

3. Les manifestations sont-elles liées à une « conspiration » des chaînes de médias privés ?

Aujourd’hui, les stations de diffusion ont été réduites au silence par le gouvernement de Nicolas Maduro. Le dernier réseau national, Globovisión, a été acheté par un entrepreneur qui a des liens avec le gouvernement, qui a modifié sa manière d’appréhender l’information. Une pression est exercée afin que les stations de radio et les journaux ne parlent pas des manifestations, sous prétexte que cela inciterait à la « violence ». En outre, la presse écrite souffre d’un manque de papier en raison des contrôles de change de devises imposés par le gouvernement. Pour cette raison, les manifestants ont pris la responsabilité de générer leurs propres rapports sur la situation, faisant un usage intensif des réseaux sociaux.

4. Les manifestations ne visent-elles qu’à évincer le président Maduro du pouvoir ?

C’est un mouvement qui n’est pas centralisé, et il y a de nombreuses revendications. Pour résumer, il y a deux perspectives : une de Caracas, et une des villes de l’intérieur du pays. A Caracas, les exigences de la majorité sont la démission du président, la libération des prisonniers politiques, et le rejet de la violence. Dans les autres villes, qui ont souffert pendant des années de l’interruption des services publics et de la pénurie de produits de base, les problèmes de l’inflation galopante, de pénuries, le manque d’eau et d’électricité sont également des points d’attention centraux de la majorité des manifestants.

5. Les manifestations se limitent-elles à la classe moyenne ?

A Caracas, la majorité des manifestants sont des gens de la classe moyenne et des étudiants des universités publiques et privées. Dans l’intérieur du pays, la situation est complètement différente, et beaucoup d’habitants de zones populaires prennent une part active aux manifestations.

6. Toutes les images de la répression qui ont circulé sont-elles fausses ?

Certaines personnes ont, innocemment ou intentionnellement, diffusé des images et des vidéos qui ne correspondent pas à l’actualité au Venezuela, mais les réseaux sociaux ont montré leur bonne capacité à s’autoréguler, dénonçant avec succès ces images comme fausses, et expliquant aux utilisateurs comment vérifier l’information avant de la partager. La stratégie du gouvernement a été de tenter de montrer que si trois, quatre ou même dix images étaient fausses, toutes l’étaient. Mais les faits sont là, enregistrés par les outils technologiques de dizaines de témoins de la répression gouvernementale.

7. Si ce ne sont pas les partis politiques, alors qui organise les manifestations au Venezuela ?

En fin de compte, les partis politiques ont dû se joindre à la mobilisation et ont essayé – sans succès jusqu’à maintenant – de les canaliser. Par exemple, le « Bureau de l’Unité Démocratique » (Mesa de la Unidad Democrática) a appelé à cesser les manifestations pendant trois jours après le 12 février, en signe de deuil, mais les gens ont désobéi, continuant à descendre dans la rue. De nombreuses initiatives sont lancées sur les réseaux sociaux : certaines sont reprises et deviennent virales ; d’autres tombent dans l’oreille d’un sourd et sont oubliées.

8. Si Nicolas Madura démissionne, le Venezuela retournera-t-il à l’état dans lequel il était avant Chavez ?

Non. D’abord, si cela devait se produire, il est impossible de revenir sur les réalisations en matière de droits « progressifs » établis par la Constitution et soutenus internationalement. Deuxièmement, il est impossible que, comme certains le croient, « l’opposition » – quel que soit le sens que l’on donne à ce mot – parvienne à chasser le « chavisme » du pouvoir – dans le sens le plus large du terme. Le mouvement bolivarien a une base large qui, indépendamment de la façon dont les manifestations se terminent, continuera à figurer au centre de la politique vénézuélienne dans l’avenir.

9. Quelle est la situation actuelle en termes de répression ?

À ce jour, il y a eu 11 décès en lien avec les manifestations, résultant principalement de l’intervention des unités répressives. On estime que 400 personnes ont été arrêtées pour avoir participé aux manifestations. A Caracas, selon les chiffres du centre pour les droits de l’homme de l’Université catholique, 197 personnes ont été libérées, 7 sont toujours détenues, 6 sont portées disparues, et 8 ont été privées de liberté par décision judiciaire.

10. Qui réprime les manifestations au Venezuela ?

Principalement la Garde nationale bolivarienne, le Service bolivarien du renseignement national, et des groupes paramilitaires indirectement financés et ouvertement encouragés par le gouvernement.

11. Quel rôle joue l’impérialisme américain au Venezuela ?

Le Département d’État et le président Barack Obama ont condamné publiquement la restriction des libertés démocratiques au Venezuela. Cela a conduit Nicolás Maduro et ses partisans à les accuser d’ingérence dans les affaires intérieures d’un autre pays et de violer la souveraineté du Venezuela. Bien qu’il déclare avec insistance que les États-Unis sont à l’origine des manifestations, Maduro a également invité le gouvernement américain à rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays.

D’autre part, Chevron a toujours de nombreux contrats juteux sur le territoire vénézuélien dans les domaines de l’exploitation de gaz et de pétrole, à travers les contrats signés par le président Chavez, qui sont encore valides pour 30 ou 40 ans. Les États-Unis restent le plus grand « allié commercial » du Venezuela. Le Venezuela envoie son plus grand contingent d’énergie exportée aux États-Unis, et en retour importe de nombreux produits des États-Unis pour répondre aux problèmes de pénuries du pays. Enfin, le gouvernement de Nicolas Maduro a révoqué les accréditations de CNN, accusant la chaîne de « violer les lois vénézuéliennes », tout ça pour les renouveler 24 heures plus tard, invitant CNN à revenir dans le pays.

Les gouvernements d’autres pays de la région ont également exprimé leur soutien ou leur inquiétude vis-à-vis de la situation au Venezuela .

12. Quel est le rôle des mouvements sociaux au Venezuela à ce stade ?

Au cours des 15 dernières années, les mouvements sociaux ont souffert d’une politique d’intervention active de l’État qui les a diminués et divisés, et a souvent conduit à ce qu’ils soient cooptés. Malheureusement, les quelques groupes qui ont conservé un certain degré d’autonomie – quelques syndicats de travailleurs par exemple – sont trop faibles pour avoir un impact réel sur la situation actuelle.

Dernières infos sur la sittuation au Venezuela (en espagnol): http://periodicoellibertario.blogspot.com

Journal El Libertario

ellibertario@nodo50.org – ellibertario@hotmail.com

What is going on in Venezuela ?

25 février 2014

Article de Simón Rodríguez Porras, du Parti Socialisme et Liberté (organisation vénézuelienne d’origine moreniste, un des rares groupes de l’extrême gauche à ne pas soutenir le chavisme) paru en espagnol le 23 février sur le site http://laclase.info.

The images of thousands of protesters on the streets of the main cities in Venezuela, the military deployment, the armed actions of civil groups, the government’s denouncements of a coup from one end and the accusations from the patronal opposition leadership of what they consider new evidence of the fact that the political regime is dictatorial on the other have been globally disseminated over the past two weeks. Whoever tries to comprehend the situation we are going through notes that the presentation of the events are so thoroughly intertwined with the propaganda of each disputing faction that it is hard to assume a critical position. It could be said that this same situation itself is not new, 12 years after the coup attempt that inaugurated an acute political polarisation. Nevertheless the distance that separates the current situation from that of 2002 is such that in many aspects it is its antithesis.

The current crisis is preceded by a chavismo electoral victory. Relying on a campaign against the speculation on consumer goods in which several companies took part in, the government won the December mayoral elections with 71,64% of the seats contested, obtaining approximately 49% of the total votes, some nine percentage points above the Mesa de la Unidad Democrática (MUD), the patronal opposition coalition. The MUD had campaigned under the connotation that the elections were a plebiscite on Maduro’s government, and failed. Nevertheless, it was a chavista victory relativized by the worsening of the economic crisis. The year 2013 closed with the highest index of inflation and shortages since the current government took power in 1999. The government’s false promise that the so-called ‘fair prices’ would be consolidated through the intervention on private commerce quickly clashed with reality. With the policies of the Venezuelan Central Bank (BCV) which had increased the monetary mass by 70% throughout the year 2013, the inflation index reached 56,2%, and only on the months of November and December, in the midst of electoral campaigning, the inflation was of 7%. As for the shortage index, according to the BCV the average for the years 2003-2013 was 13,3%, but by January 2014 shortages were registered at 28% (26,2% of these being food shortages). Between 2012 and 2013, the overcharging on imports exceeded 20 billion dollars, and Maduro was forced to admit publicly that the government had failed to make the necessary checks on the granting of foreign currency to import corporations. International reserves fell by 8.017 million dollars, throughout 2013, with 2014 opening at 21.736 million dollars.

Facing this situation, the government made use of the political capital gained in its victory to start negotiations with the leadership of the MUD, with the objective of obtaining support for the economic adjustment measures the government planned to implement. In a typical instance of chavismo’s zigzagging, ten days after the elections and the government’s victory against ‘fascism’, Maduro cordially met in Miraflores with the majority of the elected mayors and governors from the MUD, and set about discussing the economic measures to take. Among these, there was a call to implement a raise on the highly subsidised fuel prices. Following this, the MUD announces its support for the raise, and states that it ‘puts at the Executive’s disposition its technical and political resources to reach the highest degree of consensus on a matter of crucial importance for the lives of Venezuelans’. (http://www.el-nacional.com/politica/MUD-dispuesta-participar-aumento-gasolina_0_321568006.html). In subsequent meetings with Maduro and the interior ministry in which the main leader of the MUD, Henrique Capriles, takes part the regional and local authorities exchange joint security plans. This closes the impasse opened in the elections of April 2013, the results of which had yet to be recognised by the MUD.

On January 22, the government announced a devaluation of 79% for import goods not considered essential, as well as for the currency made available for travellers and electronic purchases. In this manner, the economic adjustment began. Despite the support received from the MUD for the increase in fuel prices, the government delayed the implementation of this measure in fears of the social reaction it could cause. Before, Chávez’s leadership enabled the government to implement unpopular measures with much less resistance, due to his charisma and personal prestige before large segments of the population. Maduro suffers from great deficiencies in this sense, and the negotiations with the MUD as well as the devaluation received great criticism from leftist activists in the chavista base. In the conflicts between sectors of the PSUV there began to emerge public accusations of a turn towards the right in the government.

As for the MUD, as a result of its election loss the confrontations between factions increased. While the majority wing, headed by Capriles and the traditional parties, entered negotiations with the government, the wing headed by Leopoldo López of the Voluntad Popular (VP) party and the national assembly deputy María Corina Machado began, on February 2, a campaign under the slogan ‘the exit is in the streets’ with a gathering in Caracas’ Plaza Brión. It is interesting to note that the majority of mentions of López in the yankee diplomatic cables published by Wikileaks refer to the conflicts he has with other leaders of the established opposition, known for its links with the US government. Also taking part in the February 2 gathering were the ex-Maoist Bandera Roja, the metropolitan mayor of Caracas Antonio Ledezma and the president of the Federation of University Centres from the Central University of Venezuela, Juan Requesens. There they announce plans for a march on February 12 in Caracas. Simultaneously, in the Nueva Esparta state, xenophobic protests were carried out against the Cuban baseball team that took part in the Caribbean Series tournament held there. As part of the campaign initiated by VP, starting from February 4, the first student protests began in San Cristóbal and Mérida, cities located in the Venezuelan Andes region. Presenting itself as a more intransigent and radical sector, VP and its allies within the MUD attempted to gain the direction of the coalition, capitalising on the disastrous economic and social situation of the country to gain followers for a right-wing exit to the crisis.

The first protests were carried out by a few dozen activists, and were clearly provocative in actions such as that carried out against the residence of the Táchira state governor or a few armed actions in Mérida. There were also police excesses; for example, in Mérida, the police inflicted serious injuries on a student that was not taking part in the protests. Some of those detained in San Cristóbal were moved to the Coro prison, 500 kilometres away from the state in which they were arrested. The main demands of these protests were against insecurity, but nearing the February 12 some started demanding that Maduro resign. On its end, the governing Partido Socialista Unido de Venezuela (PSUV) begins to make use of armed paramilitary shock groups to dissolve protests, independently of whether these were peaceful or violent, and to attack residential areas. An instance of these were the aggressions against the Monseñor Chacón residencies in Mérida, a site in which a cacerolazo was taking place, in which two persons were wounded. The protests on February 12, carried out in 18 of the country’s cities, changed the content of the original demands. The protests became about the liberation of the detained students and the rejection of the repressive practices of the state and their affiliated armed groups. In the country’s interior, where the shortages and crises in public services are much more severe than in the capital, the protesters made demands relating to these issues.

The two factions of the MUD were clearly surpassed by the size of the mobilisations, to which there was an underlying current of discontent from the majority of the population over the economic crisis and the adjustment measures taken by the government. The PSUV held a few marches and gatherings the same day of lesser magnitude. In Caracas events happened which were conductive towards an important change in the development of the protests. In the surroundings of the Attorney General offices, once the main march that had begun in Plaza Venezuela was dispersed, there remained students and activists who confronted the police with stones and caused damages to the façade of the government building. Through the National Police, the Bolivarian National Intelligence Service (SEBIN) and the Guardia Nacional Bolivariana (GNB)—with the support of pro-government armed groups—the students were repressed with live ammunition, with a death toll of two: a youth who died from a shot to the back, Bassil Da Costa, and Juan Montoya, a policeman from the Libertador municipality that formed part of one of the pro-government armed groups that intervened in the protests. According to the family and friends of Montoya, a state policeman had shot him. Afterwards, in another area of the city, one of the protesters that had aided Da Costa, Roberto Redman, was murdered. From a motorbike, civilians fired upon a group of people, killing Redman and wounding five others. That same night, the coordinator of PROVEA, an organisation in defence of human rights, was kidnapped by armed men without uniform that had identified themselves as SEBIN agents, who took his mobile phone and after hitting and threatening him with death for several hours, freed him.

The newspaper Últimas Noticias, whose editorial line is favorable to chavismo, published an investigation that documented the acts carried out by the SEBIN in the surroundings of the Attorney General offices, and the use of live ammunition against a group of protesters that were running away from them in the moment that Da Costa was shot. (http://laclase.info/nacionales/tiro-limpio-repelieron-manifestacion-del-12f). Initially, Maduro blamed the protesters for the deaths, and made sure that on the country a ‘script’ was being applied similar to the 2002 coup, but afterwards retracted and asserted that SEBIN had acted on its own and removed the force’s chief. Without a doubt, the actions of the government and the pro-government armed groups on February 12 marked a point of inflection, generating protests on a new scale despite the fact that Maduro, on that same night, announced that the government would no longer allow any marches without its authorisation.

At the moment of writing these lines, in the protests following February 12, six more persons have died, almost 200 are estimated to have been wounded by firearms and lead shots with the majority of these as a result of the actions of pro-government armed groups and the GNB, while a further 40 people remain detained. Multiple cases of torture and humiliating treatment against detainees by the state police and military bodies have been reported. Despite the militarisation of San Cristóbal and Mérida in response to the protests, these continue and many areas of those cities have been blocked off with barricades.

Most of the information regarding the protests is circulated through the internet and social media, while the main television channels—both those of the state and the private media—follow a line in which live reports nor images that the National Commission for Telecommunications (CONATEL) considers to incite violence are broadcast. Due to the difficulties in obtaining paper imports, most independent newspapers have significantly reduced their number of pages, and some regional newspapers have been brought out of circulation. In addition to this, the owners of much of the private media in Venezuela have aligned themselves with the government, which has led to press workers such as those of the Cadena Capriles to organise assemblies to oppose to the editorial line imposed by the newspaper’s owners and restrictions on the right to information. The government has even removed from cable and satellite services international a Colombian channel that informed on the Venezuelan situation.

The government appeals to presenting itself as a victim to an ongoing coup and compares the current situation with that of April 2002. Nevertheless, this comparison cannot be maintained rationally. There are no pronouncements against the government nor desertions in the armed forces, of which its medium and upper command is strongly associated with the government and the bourgeois sector that directs the state, popularly known as the ‘boliburguesia’—the bolivarian bourgeois, a good part of which is composed by military men themselves. The majority of the MUD leadership does not follow ‘the exit’ campaign promoted by Voluntad Popular and has publicly polemicized with López. The Venezuelan Federation of Chambers of Commerce (Fedecámaras)—a key organisation in the 2002 coup and representative of capitalist interests—is not calling for a strike, and nor is the union bureaucracy adhered to the MUD. In plain crisis, the country’s major capitalist, Gustavo Cisneros, announced his support for the government while the transnational Repsol signed a financing agreement with the state oil company PDVSA for 1200 million dollars. The leadership of the Catholic Church has not had a belligerent role. Maduro has tried to establish friendlier relations with the U.S. government, and less than a year ago the Minister of Foreign Affairs Elías Jaua met with the U.S. Secretary of State John Kerry to announce intentions to re-establish diplomatic ties between both countries. Maduro called on Obama last week to appoint a new ambassador in Caracas. The handing over of López to the authorities, who had ordered his capture over his responsibility for the February 12 murders, is difficult to ascribe to a logic in which there is an imminent military assault—led by his party—on the government. Besides the fact that the entire leadership of the MUD, Capriles’ faction as well as López’s, were involved in the 2002 coup and that the opposition bourgeoisie has made use of the coup as part of its past actions, there objectively exist no indications that such process is underway at these moments. Instead, it is verifiable that the government has curtailed the democratic freedoms guaranteed by the constitution, under the alibi of its anti-coup propaganda. From there starts the main task of the left and the social organisations which is of opposing to this attack on our democratic freedoms without ceasing to warn that the MUD does not represent a political alternative that is conductive to overcoming the problems that plague the majority of the population.

The use of armed collectives by the government to dissolve protests is an extremely reactionary resource that must be opposed. The mechanisms of censorship, by the way of deals or co-action imply to an equal extent an attack to the people’s right to information that foregrounds the incompatibility of this right with the private property of the means of communication and with the bureaucratic management of the state media. The SEBIN, a repressive body with a long history of violating human rights since its creation under the initials of DISIP in 1969, must be dissolved and its archives on repression opened to the public. All those detained in protests must be freed, and an investigation must be carried out on the repression and the murders carried out by police, military and paramilitary bodies in reaction to the protests. Beyond the protests, the open trials against over three hundred workers, peasants and indigenous people over protesting must be closed. These are the democratic demands that all those who claim themselves revolutionaries must raise, and place them against the doctrine of national security promoted by Maduro, which puts the interests of the capitalist state above social justice and rights.

As the days pass the expressions of protest spread, through the cacerolazos, to the poorer sectors of Caracas and other cities of the country, in barrios that were for a long time bastions of chavismo. This is evidence of the disapproval that the liberal economic adjustment measures proposed by the government are met with by the impoverished majorities. Once again, these demands overcome the MUD’s leadership, who say nothing on this regard. Evidently, the MUD cannot propose anything in this sense, due to its compromises with the establishment, with the transnational capital and the imperialist governments of Europe and the U.S.

Raising an agenda of social and economic justice, alongside those of democratic freedoms, is a task that can only be fulfilled by leftist organisations not aligned with the government or the MUD. In an article called ‘Venezuela’, the Panamanian songwriter Rubén Blades called for the Venezuelan students to organise ‘beyond the sterile division caused by the government and the opposition’ and to ‘clarify that they won’t accept as the only alternatives those proposed by the two sides in dispute’. Sadly, today the student movement has been co-opted by an opposition that takes part in the government’s same bourgeois political establishment. Despite this, political organisations among them the Partido Socialismo y Libertad (PSL) which attempt to elucidate an autonomous view of the crisis from the perspective of the student movement as well as the popular and worker’s movement, do exist.

The economic and social disaster has dissipated the mirage of the chavista project. Its pretentions of overcoming the structural problems of our country within a capitalist framework, placing its weight on the protagonistic role of the nationalist, military and corporate bourgeoisie has failed and now finds itself in an advance stage of decomposition. The social assistance programs implemented following the defeat of the 2002 coup are past their peak, and since 2007 have entered a recessive dynamic. The corporatization of social organisations continues unabated, strengthening itself with each legal barrier on the right to protest and to strike. We can now see an increased deployment of the repressive and administrative state apparatus to diminish social conflicts, a policy of which the imprisonment of the Yukpa cacique Sabino Romero and the syndicalist Rubén González between 2009 and 2011, alongside the recent detention of ten oil workers who participated in a worker’s assembly at the Puerto La Cruz oil refinery, among them the general secretary of the Unitary Federation of Oil Workers, José Bodas, are clear examples of. In addition to this is the economic debacle, in spite of which the transnational sectors ingrained within the oil industry, the private banks and the import corporations have all come off well. The corollary to all this is that the reactionary utopia of a ‘socialism with capitalists’ has fallen apart. It is now up to the revolutionary left to rescue the banners of socialism that chavismo utilised for its own purposes.

According to official statistics, over nine million people, a third of the population, live under conditions of poverty. Almost three quarters of the public sector workers earn salaries below the cost of the canasta básica—the government’s measure of the minimum required monthly food staples and basic living costs for a household, of which now more than two minimum wages are required to cover. Only in the military sector are there salary increases above the inflation. Undoubtedly, the working class can play a decisive role in facing the government’s political economy, defeat the regression of our democratic rights and raise demands such as a general raise of wages and salaries—a minimum wage equal to the canasta básica, the elimination of the IVA tax, the full nationalisation of the oil industry without joint ventures with transnationals; agrarian reform that guarantees the increase of agricultural production and the access to land for those who labour in it, the rescuing of the basic industries in Guayana and those in poor state and now unproductive that were acquired by the State, support for the territorial demands of the indigenous peoples, the suspension of foreign debt payments and the cancellation of treaties on double taxation signed with the US and other countries, instruments that allow transnationals to evade over 17 billion dollars in taxes annually. The PSL is pushing for an encounter between trade unions and popular organisations to discuss in Caracas, over the first days of March, a unitary agenda of demands as well as a plan of mobilisation. The workers, the students and the popular sectors have a possibility of raising their own voice and resist being cannon fodder to the government or the MUD.

GNB hace de las suyas

12 questions about what is happening in Venezuela (El Libertario)

24 février 2014
1) Are the protests in Venezuela led by opposition parties on the right?
– No.  The current wave of protests began in the city of San Cristobal (Tachira) on Feb. 4 when students denouncing security issues on the university campus were met with repression and several were jailed. The consequent protests focused on liberating the detained students, spread to other cities and were also met with repression, intensifying student unrest. It was in this context that a faction of the opposition launched a proposal for street demonstrations dubbed “La Salida” to demand President Maduro’s resignation, while another faction opposed the idea of street demonstrations focused on this larger, single demand. Despite the arrest of the conservative politician Leopoldo Lopez, the widespread protests all over the country have overwhelmed and “surpassed on the left” the opposition political parties.
2) Are the protests in Venezuela part of a coup against Maduro’s government?
– In Venezuela, a country with a history of military coups, there is always some possibility that events will take that turn. However, the current situation is very different from 2002 when Hugo Chavez was temporarily taken out of power by a coup. After that date, the armed forces were politically cleansed at high and middle ranks; those who filled the open positions were ideologically committed to the government and further secured by receiving a free charter to control various country businesses.  The most likely source of a coup today in Venezuela is one Chavista faction or another. Their aim would be to ensure the country’s governability so that the military along with energy transnationals may continue to operate successfully in the country.
3) Are the protests connected to a “conspiracy” on the part of private media networks in Venezuela?
– Today, broadcasting stations have been silenced by the government of Nicolas Maduro. The last nationwide network, Globovision, was bought by an entrepreneur with ties to the government, who modified its informational approach. Radio stations and newspapers are being pressured to not report on the protests based on the argument that doing so incites “violence.”  In addition, print media suffers from a lack of paper due to the controls on foreign currency exchange imposed by the government. For this reason, protestors have taken responsibility for generating their own reports, making extensive use of social media networks.
4) Are the protests’ only aim to oust President Nicolas Maduro from power?
– This is a movement without a center, and there are many demands.  To sum them up, there are two agendas: one from Caracas and one from the cities in the interior of the country. From Caracas, the majority demands are the President’s resignation, the liberation of political prisoners, and the rejection of violence. From the other cities, which have suffered extremely for years from the interruption of public services and the scarcity of basic goods, the problems of soaring inflation, scarcity, and lack of water and electricity are also a central majority focus.
5) Are the protests limited only to the middle class?
– In Caracas, the majority of protestors are middle class people and students from public and private universities. In the interior of the country, the situation is completely different and many in the popular sectors take an active part in the protests.
6) Are the images that have been circulating of repressive acts in Venezuela all false?
– There are some who have maliciously or innocently spread images and videos that do not correspond to current events in Venezuela, but social media networks have proven to be very good at self-regulation and have successfully denounced these as false and educated users on how to verify information before sharing it. The government’s strategy has been to “attempt to show” that since 3, 4, or even 10 images are false, all the others are also. But the facts are there, recorded through the technological devices of dozens of witnesses of the government’s repression.
7) If it isn’t the political parties, then who’s organizing the protests in Venezuela?
– In the end, the political parties have had to join in on the protests and have tried—up to now unsuccessfully—to channel them. For example, the Mesa de la Unidad Democratica (MUD) called for three days free of demonstrations after February 12 for mourning, and people disobeyed, continuing on the streets.  Many launch initiatives through social media networks; some are picked up and go viral; others fall on deaf ears and are forgotten.
8) If Nicolas Maduro resigns, will Venezuela return to its past state of affairs before Chávez?
– No. First, in the case that should happen, it is impossible to turn back the achievements regarding progressive rights established by the Constitution and internationally backed. Second, it is impossible that, as some believe, the “opposition”—whatever we understand that to mean—will oust “chavismo” from “power”—in the broadest meaning of that term. The Bolivarian movement has a broad base that, regardless of how the protests end up, will continue figuring centrally in Venezuelan politics in the near and not so near future.
9) What is happening with political repression in Venezuela now?
– As of this date, there have been 11 deaths related to the demonstrations, the majority a direct result of repressive units.  An estimated 400 people have been detained for participating in the protests. Just in Caracas, according to counts from the human rights center of the Catholic University DDHH, 197 have been released, 7 remain detained, 6 are disappeared or unaccounted for, 8 have been deprived of liberty by court sentence.
10) Who is repressing the protests in Venezuela?
– Mainly the Bolivarian National Guard (GNB), the Bolivarian National Intelligence Service (SEBIN), and paramilitary groups indirectly funded and openly encouraged by the government.
11) What role does US imperialism play in Venezuela?
– President Barack Obama and the State Department publicly condemned the restriction of democratic liberties in Venezuela. This led Nicolas Maduro and his followers to accuse them of meddling in the internal affairs of another country and violating Venezuela’s sovereignty.  Despite insisting that the US is behind the protests, Maduro has also invited the North American government to reestablish diplomatic relations between the two countries. On the other hand, Chevron continues to have many productive business deals in Venezuelan territory in the areas of gas and oil exploitation through contracts signed by President Chávez that are good for another 30 or 40 years. The US continues to be Venezuela’s greatest “commercial ally.” Venezuela sends its largest quota of exported energy to the US and in turn imports many products from the US to address the country’s scarcity problems. Finally, Maduro’s government revoked CNN’s working credentials, accusing the network of “violating Venezuelan laws,” only to renew them 24 hours later, inviting CNN to return to the country. The governments of other countries in the region have also expressed either support or concern regarding the situation in Venezuela.
12) What is the role of social movements in Venezuela at this juncture? 
– During the last 15 years social movements have suffered from a policy of active state intervention that has diminished and divided them and often resulted in their being coopted.  Lamentably, the few groups that have persevered with some degree of autonomy—for example a few labor unions—are too weak to have any real impact on the current situation.
Latest information on the situation in Venezuela (in Spanish): http://periodicoellibertario.blogspot.com
Information about Venezuela, from a radical and alternative approach, in English and other languages: http://www.nodo50.org/ellibertario
Periodico El Libertario
ellibertario@nodo50.org – ellibertario@hotmail.com
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Voir aussi en français:

Venezuela: reprise du procès contre Ruben González

8 septembre 2013

Ruben González, secrétaire général du syndicat des travailleurs de Ferrominera (Venezuela), avait été condamné en 2011 à 7 ans et demi de prison pour sa participation à une grève de 16 jours en 2009. Après 17 mois de privation de liberté, le jugement avait été annulé sur pression d’une campagne internationale dont notre site avait été le relais. Ruben Gonzalez, en liberté conditionnelle et baladé de reports en reports, repasse en procès pour les mêmes faits et les mêmes accusations:  conspiration, incitation au crime, entrave à la liberté du travail et violation d’une zone de sécurité. Une première audience a eu lieu à Caracas le 6 septembre, la suivante aura lieu le 27 septembre.

Ferrominera Orinoco est une entreprise publique d’extraction du minerai de fer dans l’Etat de Bolívar; une entreprise tristement connue. En juin 2011, par exemple, une bande armée attaquait une assemblée de travailleurs qui se tenait aux portes de l’entreprise: il y avait eu un mort et deux blessés. Des indemnités restent impayées aux ouvriers, la convention collective n’est pas renouvelée (elle a expiré en 2011). La relance du procès coïncide avec une reprise de conflit. En juillet dernier, des grévistes bloquaient une voie ferrée pour empêcher la troupe d’intervenir contre la grève. Plusieurs dirigeants de l’entreprise ont été récemment accusés de détournement de fonds (pour 1,2 milliard de dollars, peut-être plus), son président arrêté en juillet et remplacé déjà deux fois, par deux généraux.

L’organisation de défense des droits humains Provea a calculé en 2009 que 2.400 militants sociaux avaient été présentés devant les tribunaux vénézuéliens pour « violation de zone de sécurité ». Ruben González est soutenu par les travailleurs de Ferrominera, sa liste a de nouveau remporté les élections syndicales de juillet 2012. Face à la criminalisation des luttes sociales, pour la défense du droit de grève, restons mobilisés pour obtenir la liberté complète de Ruben González.

S.J.

ruben2013-09-06

Venezuela: Interview de Rafael Uzcátegui

30 juillet 2013

Paru dans le hors-série de mai-juin 2013 du Monde libertaire.

Le processus bolivarien,
UNE RÉVOLUTION DU SPECTACLE…

Rafaël Uzcátagui, 39 ans, est sociologue et militant anarchiste. Depuis 2006, il travaille à Provea, une organisation de défense des droits de l’homme. Il y coordonne les recherches. Par ailleurs, il collabore avec plusieurs publications indépendantes dont, depuis 1995, le journal El Libertario. Nous l’avons rencontré au sujet de son dernier livre, « Venezuela, la révolution comme spectacle. Une critique anarchiste du gouvernement bolivarien ».

Pour commencer dans le vif du sujet, pourquoi intituler ton livre * la révolution comme spectacle ? »

L’idée principale du livre est que le processus bolivarien n’est pas une rupture avec ce qu’il y a avant, mais une continuation. On ne peut pas faire une analyse du Venezuela sans connaître son histoire de pays pétrolier. Sa culture, sa formation politique ont été modelées par le fait que c’est un pays riche en pétrole. Ça a donné un modèle de production basé sur l’exploitation de pétrole et cette exploitation a amené de l’argent avec lequel il a été tenté de moderniser le pays. Ce modèle de développement, le processus bolivarien et le président Chavez l’ont approfondi. Il y a eu, avec cette autodénommée « révolution », un processus de privatisation de l’exploitation énergétique au Venezuela Chavez a fait revenir les compagnies pétrolières dans des conditions très favorables. Cela a etc possible sans protestations sociales parce qu’on a mis sur ce processus des noms qui ont confondu les gens. Les entreprises étrangères sont devenues associées de l’État vénézuélien et on a appelé ca un projet de « souveraineté énergétique », alors qu’on a fait exactement le contraire. Mais les gens le ressentent comme ça. Parce que le pétrole paie maintenant la politique sociale. Il l’a toujours fait, mais maintenant il y a eu beaucoup de propagande sur le fait que le pétrole est bon, et qu’il paie les « missions » (programmes sociaux). Il n’y a donc pas de résistance à l’approfondissement du molèle de globalisation économique. Et cela se fait au nom d’une révolution, ce qui est absolument paradoxal.

C’est presque à la fin de livre que je suis tombé sur ce concept de  » spectacle » de Guy Debord. Il y avait tellement de choses qui me paraissaient incroyables. Il y a une image qui se construit avec les discours qui ne correspond pas à ce qui se passe vraiment au Venezuela. C’est cela que montre le livre.

C’est-à-dire que pour toi il n’y a pas de révolution au Venezuela ?

Je pense qu’il y a quelque chose que l’on peut appeler un processus. Évidemment, il y a des choses positives avec le gouvernement du président Chavez, par exemple que la pauvreté et l’inclusion sociale ont été au centre des discussions et qu’il y a eu des gens qui se sont mobilisés pour ça. Que ce soit un processus avec des caractéristiques révolutionnaires, peut-être. Mais que ce soit actuellement une révolution, je pense que non.

Par exemple, cette semaine, on a tué le leader indigène le plus opposé au modèle extractiviste. S’il y a vingt ans on avait tué quelqu’un comme Sabino Romero, le pays aurait été paralysé par la quantité de protestations. Maintenant, on a assassiné le leader indigène le plus engagé, et la seule action qu’il y a eu c’est à Caracas avec 200 personnes. Qu’est ce qu’il se passe ? Si on assistait vraiment à un processus de politisation radicale, la situation devrait être différente. Ce qu’il se passe c’est que la solidarité qui s’est construite, c’est une solidarité verticale des gens avec le président Chavez, pas une solidarité horizontale.

Je peux donc accepter que nous sommes dans un processus de politisation, ça pourrait se radicaliser beaucoup plus. Mais ce n’est pas une révolution.

Quelle est la situation des mouvements sociaux ? Tu parles beaucoup dans ton livre de leur perte d’autonomie.

Personnellement, j’aime bien parler de niveaux d’autonomie. Parce que si on parle de mouvements sociaux autonomes et non autonomes, ceux qui passent l’examen d’autonomie sont très peu nombreux. Il y a beaucoup de conflits dont les protagonistes sont chavistes et qui ont des niveaux d’autonomie. Mais ce qu’a fait la bureaucratie et le système de gouvernance imposé par Chavez, c’est freiner développement de cette autonomie. Un de ses discours dit :  » Organisez-vous et luttez pour vos droits« . Mais dans la pratique, ce qui se fait, c’est de canaliser institutionnellement l’énergie de ces mouvements. Les expériences qui ont été lancées ou promues par l’État ont un niveau d’autonomie très faible.

Dans ton livre, tu parles beaucoup du peu d’espace laissé à la critique.

Oui. Le chavisme a été un mouvement très peu tolérant à la critique. Je ne parle pas ici de l’opposition, mais du fait que le mouvement est très peu tolérant aux opinions dissidentes au sein même du chavisme. Il n’y a pas réellement de place au sein du mouvement bolivarien pour exprimer une identité politique différente de celle imposée par le chavisme depuis en haut. Ces dernières années, les protestations ont été en constante augmentation. Quand ces protestations débordent les canaux institutionnels et ne parviennent pas à trouver de réponse, il y a un processus de répression, comme cela existait avec les gouvernements précédents, comme cela existe partout dans le monde. Il y a toute une série de militants sociaux, d’étudiants, assassinés par la police. Il y a aussi quelque chose de nouveau, c’est une série de lois qui ont été prises après le coup d’État de 2002 (contre le président Chavez), qui dans la pratique empêchent et criminalisent les moyens de lutte traditionnels des mouvements sociaux. Par exemple, fermer une rue peut être puni de deux à six ans de prison.

Il y a un mécanisme fait pour décourager la protestation. Les gens sont arrêtés, amenés deux ou trois jours en prison et puis appelés à comparaître dans un procès, pour une série de sujets liés à la manifestation pacifique. Les gens peuvent attendre jusqu’à cinq ans leur procès, qui va s’éterniser et qui souvent ne sera même jamais conclu. Mais cela a fonctionné comme un message. Il y a trois ans, on a calculé qu’il y avait 2500 personnes qui étaient soumises à ce régime de présentation devant des tribunaux pour des délits liés à la manifestation. Mais le plus intéressant, c’était que la majorité, environ 80% d’entre eux, était des gens qui s’affirmaient chavistes. Ce n’est donc pas un processus de criminalisation contre l’opposition, mais contre toute forme de protestation qui sort des canaux institutionnels. J’ai souvent dit qu’il y a un processus de criminalisation contre les chavistes qui prennent au sérieux le discours de Chavez. Il y a de nombreux chavistes qui ont été écartés, criminalisés, marginalisés pour avoir cherché à concrétiser dans la pratique les discours de Chavez.

C’est une des raisons qui empêchent le processus d’être vraiment révolutionnaire ?

Oui, je pense. Un autre élément important, c’est tout le thème de la polarisation, avec le coup d état, etc., qui a fait qu’on ne pouvait plus critiquer la révolution. Et le thème de l’électoralisation. On a eu des élections quasiment tous les ans, le mouvement populaire, pour le dire rapidement, a postposé ses propres exigences, car le travail urgent était de faire gagner les candidats chavistes et approfondir les élections. Et qui propose l’agenda électoral ? Four moi, c’est très important de comprendre ça pour expliquer pourquoi le mouvement populaire n’a pas développé toutes ses potentialités révolutionnaires. Parce qu’il s’est laissé dicter un agenda qu’il n’avait pas choisi, qui consistait à gagner en permanence les élections.

Beaucoup de gens qui, dans les années 1990, ont mené des luttes importantes – le mouvement écologiste, le mouvement indigène, le mouvement féministe… – aujourd’hui ne peuvent plus s’asseoir autour d’une table et définir un agenda de travail commun, parce que l’un se définit comme antichaviste et l’autre comme chaviste. Ces nouvelles identités politiques ont laissé de côté leurs identités politiques antérieures. Toutes ces préoccupations sont passées au second plan, et on est arrivé à cette lutte de pouvoir entre le chavisme et l’opposition. Et les problèmes importants sont passés au second plan.

Chavez est décédé il y a quelques jours. Quels scénarios vois-tu pour la suite ?

C’est difficile de savoir ce qui va se passer dans cette période qui s’ouvre. Nicolas Maduro (vice-président du Venezuela) va gagner les élections, ce ne sera pas une surprise. Les principaux dilemmes viennent après les élections. Je pense que beaucoup des groupes plus critiques et radicaux vont être marginalisés par le nouveau président, qui va essayer d’homogénéiser le mouvement bolivarien. Un autre dilemme vient de la réponse du chavisme populaire, ceux qui avaient une relation directe avec Chavez. Quelle réponse vont-ils donner à la disparition de Chavez ?

Ces jours-ci, on a entendu des appels à un « leadership collectif ». Quelle est ton opinion ?

J’espère qu’une telle chose va se concrétiser. Malheureusement, je crois que c’est une idée qui a été impulsée il y a à peine six mois, quand on s’est rendu compte que le président Chavez était à chaque fois plus malade. Ça a été un mouvement basé sur le culte de la personnalité. Il y a une tradition de prise de décision de manière unilatérale par le président Chavez, que certains voudraient maintenant inverser. Mais je crois qu’il a y a beaucoup de difficultés pour qu’un leadership collectif se génère. Une série de mesures économiques s’annonce qui va poser de sérieux défis au prochain gouvernement de Nicolas Maduro. Il vient d’y avoir une dévaluation de la monnaie et d’autres mesures vont devoir se prendre. Je pense que cela va générer un processus de tensions et de conflits. Malgré ce qu’ils disent, je crois qu’il n’y a pas les conditions pour radicaliser le processus bolivarien, comme le président Chavez pouvait le faire.

Dans cette situation que tu viens de nous décrire, quel est le. rôle que peuvent jouer les anarchistes ?

Je participe à un groupe qui fait un journal depuis 1995, El Libertario. Le développement du Libertario a suivi notre propre développement politique. Du typique journal de propagande, avec des citations de Bakounine. etc., il est aujourd’hui surtout basé sur la lutte sociale des gens.

Nous croyons que pour que les idées et les valeurs des anarchistes se développent, il faut qu’il y ait un espace de mouvements sociaux autonomes et combatifs. Depuis des années, on a donc développé l’idée que notre travail doit être d’augmenter les niveaux d’autonomie des mouvements sociaux en lutte. Qu’est -ce-que nous croyons ? Que nous devons participer. Pas comme avant-garde, sinon plutôt comme personnes au sein de la lutte sociale qui se développe. C’est pourquoi on est très proches de la lutte contre les abus policiers, contre l’exploitation du charbon, pour l’occupation de terres… Que les gens se définissent comme chavistes ou non chavistes. ça ne nous intéresse pas. Je ne vais pas discuter avec les gens si Chavez était bon ou mauvais, parce que Chavez n’est plus là. Comme je ne discute pas pour savoir si Dieu existe. Ces problèmes sont secondaires dans la lutte sociale. Si les gens sont en conflit contre le pouvoir, ça nous intéresse de les appuyer. Je crois donc que le travail aujourd’hui, et encore plus maintenant dans cette période de transition, est d’aider le mouvement populaire et social à avoir son propre agenda de lutte. Et il faut aussi mener la réflexion sur ce qui s’est passé au sein des mouvements sociaux dans le pays au cours de ces treize ans, sur les choses qu’il ne faut pas répéter pour continuer à radicaliser la lutte populaire.

Johan Verhoeven et Edith Wustefeld

rafael
Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf (3 pages)

Voir aussi:

3 communiqués sur la mort de Chávez

7 mars 2013

En pleine vague de chavezolâtrie en France, nous reproduisons les textes suivants:

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Image publiée en septembre 2011 dans le journal vénézuelien (pro-Chavez) Correo del Orinoco.

1.Réaction d’Alternative libertaire:

Chavez, fin d’un caudillo

Le président du Venezuela est mort, la gauche latino-américaine et européenne pleure son modèle, celui qui prétendait réaliser un « socialisme du XXIe siècle » et qui, en réalité, a surtout cherché à bâtir un capitalisme national, main dans la main avec un patronat patriote. S’il a mis la rente pétrolière au service des programmes sociaux, le régime chaviste a, pour le reste, toujours étranglé toute voix dissidente sur sa gauche, toute manifestation d’un mouvement social autonome. Chavez était un caudillo, dans la tradition latino-américaine : un leader charismatique porté par les masses. C’est l’occasion de relire ce qu’Alternative libertaire a écrit à son sujet :

- « Venezuela : Les deux visages du chavisme », dans les pages International de janvier 2007.
- « 1992 : Chávez, du putschiste au caudillo », les pages Histoire de février 2012.

2. La traduction du communiqué d’El Libertario par l’OCL:

Ni en deuil, ni en fête ! L’heure de l’autonomie des luttes sociales est arrivée !

Lorsque s’additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés par des décisions politiques à courte vue, et un patient halluciné par le pouvoir, seule une telle fin était attendue : le chef est mort, et alors, nous nous retrouvons avec un changement substantiel sur la scène politique vénézuélienne.

En un instant, ce qui fut la plus grande force du régime est devenu sa principale faiblesse : Chávez était tout et, s’il n’est plus là, il ne reste plus qu’à conjurer la fidélité absolue à sa mémoire avec l’obéissance à ses dispositions successorales ; ce qui met en évidence la faiblesse d’un gouvernement qui a cherché à renforcer son caractère prétendument « socialiste et populaire » avec la pratique d’un grotesque culte de la personnalité, devenue désormais l’invocation vide de son âme. Le défunt lui-même est le principal responsable de ce dénouement. Le secret qui a entouré sa maladie a été actionné par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir, ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses disciples se débrouiller entre eux pour l’héritage du commandement, avec un clair avantage pour les hauts bureaucrates ‟rojo-rojitos” [rouges foncés] et la caste militaire, dans des tâches de négociation afin de s’assurer l’impunité pour leur corruption.

Quant à l’opposition de droite et social-démocrate, la nouvelle situation les trouve sans qu’elle ait surmonté les défaites des élections présidentielle du 7-O [7 octobre] et régionales du 16-D [16 décembre], élections dans lesquelles ils s’étaient engagés avec des illusions gigantesques et avec l’offre d’un « populisme de riches », promettant aux électeurs de maintenir et d’être efficaces dans l’usage des instruments clientélistes qui ont tant profité à Chávez. Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu’une métastase fortuite a enfin placé à sa portée son ascension à ce pouvoir politique duquel ses ambitions et ses erreurs, sa paresse et son incompétence les avaient tenus éloignés depuis de nombreuses années, un pouvoir qu’ils exerceraient avec une bêtise et une ardeur prédatrice similaires à celles que la bobibourgeoisie chaviste [bourgeoisie bolivarienne] a pratiqué.

Face à ce tableau de calculs mesquins et opportunistes, où s’équivalent le Gran Polo Patriótico et l’opposition de la Mesa de Unidad Democrática, nous avons la grave situation du pays : inflation galopante, chômage en hausse et précarité des emplois, dévaluation de la monnaie, terrible insécurité des personnes, crise dans les services de l’eau et de l’électricité, de l’éducation et de la santé des sols, manque de logement, travaux publics obsolètes ou dans une mise en œuvre précipitée, aides uniquement démagogiques pour les carences extrêmes des plus nécessiteux, et une longue liste qui n’en est pas moins désastreuse.

Ces problèmes ne sont pas la préoccupation centrale des deux camps en lice pour la Silla de Miraflores [siège de la présidence] et pour le butin pétrolier. Pour cette raison, notre réponse collective doit ignorer leur chantage qui exige de nous un soutien électoral en échange de solutions qui n’arrivent jamais ou qui sont ridiculement incomplètes.

C’est le moment de déborder ces directions politiques pourries et de construire, d’en bas, une véritable démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Nous devons renforcer l’indignation généralisée par la situation dont nous souffrons, la transformer en luttes sociales autonomes, prolongées et autogérées, disant clairement aux politiciens du pouvoir que nous n’avons pas besoin d’eux comme intermédiaires ou comme puissants nous octroyant ce que nous, d’en bas et unis, pouvons récolter, sans « mains blanches » ni « bérets rouges ».

Le collectif éditeur de El Libertario / / ellibertario@nodo50.org

www.nodo50.org/ellibertariowww.periodicoellibertario.blogspot.com

3. Communiqué de l’Initiative communiste-ouvrière:

Venezuela : La mort d’un chef d’Etat bourgeois

Il n’est pas dans les habitudes de l’Initiative Communiste-Ouvrière de commenter les décès des « grands de ce monde ». Mais avec la mort d’Hugo Chavez, de nombreux groupes, partis et organisations de la gauche radicale ou même de l’extrême-gauche multiplient les communiqués pour saluer « le révolutionnaires », et au mieux, lorsque des critiques sont formulées comme son soutien aux dictatures de Libye, de Syrie ou d’Iran, elles sont faites comme si le président vénézuélien avait été « un camarade avec qui on avait des divergences ».

Non, Hugo Chavez n’était pas de notre camp, celui des travailleurs. La base de son opposition aux Etats-Unis, qui plait tant à la gauche anti-impérialiste, était celle du nationalisme, c’est-à-dire une opposition verbale à des dirigeants de multinationales américaines pour mieux défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale vénézuélienne. Au-delà des discours populistes et anti-impérialistes, l’Etat géré par Hugo Chavez a toujours su s’en prendre avec violences aux militants ouvriers et en particulier à ceux qui luttent pour des syndicats indépendants de l’appareil d’Etat et du patronat. Comme dans les autres pays du monde, l’appareil d’Etat au Venezuela, dirigé par Chavez, est toujours resté un instrument de la bourgeoisie tourné avant tout contre la classe ouvrière.

Pour nous, travailleuses et travailleurs, il n’y a pas de larmes à verser sur la mort d’un chef d’Etat bourgeois, que ce soit en Europe, en Amérique Latine ou ailleurs. Nous avons déjà bien assez de larmes à verser pour celles et ceux de notre classe qui meurent chaque jour sous les coups de la répression ou brisés par l’oppression quotidienne de l’exploitation capitaliste.

Voir aussi:

Rafael Uzcátegui

Livre de Rafael Uzcátegui publié en français par Spartacus

Assassinat de Sabino Romero au Venezuela

4 mars 2013

En plein procès contre deux associations ayant défendu les indiens yukpa contre les propriétaires fonciers, le chef yukpa Sabino Romero a été assassiné hier soir 3 mars par des hommes armés. En 2012, des indiens Yukpa avaient déjà été assassinés par des tueurs à gages. En 2009, c’est le père de Sabino Romero qui avait été aussi assassiné.

El Libertario salue dans son communiqué la mémoire de celui qui « rejoint la liste des militants tués sous le gouvernement bolivarien pour défendre leurs droits, comme Michael Martinez, Luis Hernandez, Richard Gallardo et Carlos Requena ». Pour le journal trotskyste Opción Obrera, « l’Etat est complice ». Le Parti Socialisme et Liberté considère que les commanditaires sont parmi les intérêts miniers dans la région, mais que l’Etat porte une responsabilité politique en raison de l’impunité ayant accompagné les derniers crimes.

Cacique-Sabino-romero

En anglais, lire:

Venezuela: Le procès contre Homo & Natura et Provea vise à criminaliser la solidarité

11 février 2013

Jeudi 7 février s’est ouvert le procès contre les associations Homo et Natura (défense des droits des populations autochtones) et Provea ( défense des droits humains) pour leur soutien à une manifestation yukpa en 2010. Les Yukpa sont victimes des propriétaires fonciers et des intérêts miniers. On veut punir ces deux organisations pour avoir exprimé leur solidarité avec la protestation Yukpa, avoir diffusé des infos à ce sujet, et fourni un soutien logistique.

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