Les débats du CN du Parti socialiste et les sanctions contre les pivertistes en mai 1938

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La mise en ligne des archives du Populaire sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France permet de connaître de nouveaux documents: Nous allons publier ci-dessous des extraits de ses éditions des 10, 11 et 14 avril 1938. Le Conseil national du Parti socialiste SFIO se tient dans la nuit du 9 au 10 avril 1938, aussitôt après la chute du second gouvernement Blum (auquel le Sénat refusait les pleines pouvoirs financiers), et dans le soirée le parti est sollicité par Daladier, c’est là et lors de la commission des conflits qui suit, le 11, que va se sceller l’avenir de la Gauche révolutionnaire qui s’oppose vigoureusement à tout projet d’union nationale. La motion Pivert rassemble ici 20,5 % des mandats, ce qui laisse penser une progression de ses vues parmi les cadres (la GR représentait 16,5 % des mandats au dernier Congrès en 1937). Les résultats de la commission des conflits du 11 avril n’apparaissent que dans le Populaire du 14 avril, on y reconnaît les méthodes du secrétaire général Paul  Faure ( genre: Pivert m’a envoyé bouler au téléphone, j’ai trouvé un courrier privé laissant supposer que…), méthodes qu’il avait déjà employées lors d’un premier conflit avec la GR  un an plus tôt, au Conseil national d’avril 1937, conduisant à la dissolution formelle de la tendance et de sa presse (cf. le discours de Pivert à ce CN). Mais la GR rebaptisée « minorité de la CAP » avait depuis conquis la Fédération de la Seine. Le secrétariat reproche désormais à la Fédération pivertiste d’avoir diffusé un tract (« A bas l’Union nationale ») et un courrier aux fédérations (« Alerte, le Parti est en danger »). La dissolution de fait de la Fédération de la Seine est décidée. Celle-ci refusera de rendre les locaux tandis que le Populaire des semaines suivantes montre les difficultés du secrétariat à « réorganiser » cette Fédération, en effet à en créer une nouvelle, loyaliste, sur la base de « bulletins de fidélité ». On s’achemine désormais vers la scission à Royan, sur ces deux points: la levée des sanctions et le refus de l’Union nationale. On constatera à la lecture des extraits des débats du CN qu’il ne s’agit évidemment pas d’un compte-rendu sténographique mais d’un résumé pour le journal. Une excuse préliminaire dans l’édition du 11 mai permet même de savoir que les orateurs n’ont pas validé ces résumés de leurs interventions.

I. Les débats sur la participation

Extrait de l’édition du 10 avril:

Marceau Pivert redoute que s’institue une dictature fasciste. La bourgeoisie ayant préparé ses batteries se sert de l’homme qu’elle avait jadis attaqué pour faire une politique de répression, car il estime que les menaces de M. Daladier contre la classe ouvrière sont très dangereuses. Il craint que nous suivions la voie de la social-démocratie. Il pense que la politique suivie par le Parti est une politique de capitulation. Il y aura, tôt ou tard, un tel désarroi que l’on cherchera vainement où est le Parti de la classe ouvrière. Si Caillaux et Régnier et les hommes des trusts sont insolents, c’est que nous n’osons plus les attaquer. Il faut redresser notre politique, les conflits sont des conflits de classe, il faudra capituler ou combattre, or nous ne donnons plus l’impression de parler au nom des masses populaires, et il pense, lui, qu’au lendemain de l’échec devant le Sénat il fallait en appeler aux masses. Marceau Pivert pense qu’il faut savoir courir le risque révolutionnaire.

Aujourd’hui nous sommes devant une tentative de pré-fascisme, le parti radical est en train de suivre le processus qu’ont suivi les partis libéraux dans d’autres pays. L’orateur fait ensuite le procès de l’union nationale, puis il indique en concluant qu’il s’oppose à toute participation et à tout soutien d’un gouvernement qui lui semble préparateur du fascisme.

Il exhorte la classe ouvrière à se défendre elle-même; la seule espérance est dans l’offensive vigoureuse des masses populaires contre les trusts et le militarisme.

Après Marceau Pivert, on entend L’Hévéder (Morbihan) et Maurice Paz (C.A.P.). Puis Zyromski monte à la tribune.

La séance continue.

Extrait de l’édition du 11 avril:

Extrait de la Une du Populaire du 11 avril 1938

Le Conseil National du Parti socialiste, convoqué télégraphiquement, s’est réuni ainsi qu’on le sait samedi à 21 heures 45. Il a délibéré jusqu’à 2 h. 15, heure à laquelle la séance fut suspendue afin de permettre à la Commission des résolutions de préparer les textes des motions.

La Commission a terminé ses travaux à 3 h. 45.

On procéda alors aux votes. Et la séance fut levée à 5 heures.

Sont intervenus dans le débat successivement, Marx Dormoy – pour rendre compte des entretiens des délégués du parti avec M. Daladier -, Guerret, député de Castelsarrasin, Quinson, député de l’Ain, Léon Blum – pour faire un « compte-rendu de mandat » -, Viviers (Eure-et-Loir), Régis, député d’Alger, Marceau Pivert (Seine), L’Hévéder, député du Morbihan, Maurice Paz (C.A.P.),  Jean Zyromski (C.A.P.), S. Grumbach, député de Castres et Roucayrol, député de Montpellier.

Nous avons, dans nos éditions d’hier matin, arrêté le compte-rendu au discours de Marceau Pivert.

On trouvera ci-dessous la suite des débats.

Nous devons nous excuser auprès de tous nos orateurs: les conditions du travail hâtif, à l’heure si tardive du Conseil ne nous ont pas permis de faire des compte-rendus complets et nuancés de leurs discours. Nous avons été obligés de les résumer très succinctement et des erreurs ont dû fatalement s’y glisser, ainsi que des coquilles.

Ainsi quelques phrases du compte-rendu publié hier ont été mis entre guillemets, ce qui peut faire croire qu’il s’agit là des paroles textuelles des orateurs. Ce n’est pas exact. Les guillemets ont été mis par erreur puisqu’il ne s’agit que de résumés.

L’Heveder

Après Marceau Pivert, c’est L’Hévéder qui monte à la tribune. Il déclare que le Conseil National ne devrait pas donner au groupe socialiste au Parlement un mandat trop rigide. (…)

Maurice Paz

Maurice Paz (C.A.P.) a le sentiment que la question de la participation ne s’était jamais posée de façon aussi grave. Le fascisme est menaçant. Le danger s’accroît du fait qu’il existe un malaise au sein du Comité national du Rassemblement populaire, où nous rencontrons des alliés de plus en plus réticents.

Entrer dans le cabinet ? Maurice Paz n’en est pas partisan. Il n’accepte pas non plus une formule de rassemblement national sans la caution de la direction socialiste. Il ne croit pas que c’est un amenuisement du programme qui peut permettre de surmonter les difficultés et ne veut point que le parti socialiste risque de s’associer à une politique de répression ouvrière.

Maurice Paz conclut donc par ces mots: pas de participation. Le parti en a assez. Mais pas de politique de rancune non plus. Sous certaines conditions, on pourrait peut-être même voter les pleins pouvoirs. Adopter une attitude d’opposition systématique, ce serait prendre la responsabilité de rompre le Front populaire et le contact avec les classes moyennes. Le soutien contractuel ? Pas davantage. Il reste le soutien contrôlé, la surveillance de l’extérieur.

Jean Zyromski

« Nous délibérons au moment même où Hitler organise son plébiscite de la « plus grande Allemagne ». nous ne devons pas l’oublier », proclame Jean Zyromski au début de son exposé.

Il ne faut pas ignorer non plus, ajoute-t-il, que nous nous trouvons entre deux séries d’événements particulièrement graves: d’un côté l’Autriche conquise, la Tchécoslovaquie menacée, de l’autre, l’Espagne ravagée.

Et tout de suite, Zyromski démontre qu’en présence de la situation actuelle de l’Europe, le problème primordial qui domine tous les autres, parce qu’il les englobe tous, c’est le problème de la sécurité du pays en fonction des positions stratégiques occupées par le fascisme.

Son attitude à l’égard du gouvernement que veut constituer M. Daladier sera donc fixée en raison même de la politique qu’il entend suivre pour établir les conditions politiques de cette sécurité. (…) Contre cette action du fascisme international, la proclamation de la grève générale chez nous, l’action directe de notre classe ouvrière ne suffisent pas, réplique-t-il à Marceau Pivert.

(…) Pour assurer cette victoire de l’Espagne républicaine, cette sécurité française, que nous propose le futur gouvernement ?

– S’il nous avait fait une réponse qui nous apparut satisfaisante, dit-il, je n’aurait point, quant à moi, chicané sur des dosages plus ou moins savants. Mais nous n’avons aucun apaisement.

Aussi, ni collaboration, ni soutien, et nous ne devons lui assurer aucune possibilité de vie. Il faut faire cesser tout de suite l’équivoque.

– Contre ce gouvernement, dit-il, c’est l’opposition au Parlement, c’est l’opposition dans tout le pays.

S. Grumbach

S. Grumbach, député du Tarn, a l’impression qu’on s’incline trop facilement devant les difficultés que l’on rencontre quand on veut sauver le Front populaire. Il pense qu’il faut empêcher de réussir la manœuvre de la réaction, manœuvre qui a pour but d’éliminer les socialistes du pouvoir et d’effacer les élections de 1936. C’est pourquoi il se prononce en faveur de la participation (…)

(…) La séance est suspendue à 2 h. 15 pour permettre la réunion de la commission des résolutions. Elle est reprise à 3 h. 45.

J.-B. Séverac rapporte au nom de la commission des résolutions. Il donne lecture du texte qu’on a lu par ailleurs. Il ajoute que deux adjonctions sont proposées: l’une émane de Dormoy, l’autre de Zyromski. On votera donc Séverac-Dormoy ou Séverac-Zyromski.

Marceau Pivert donne ensuite lecture de sa motion dont voici le texte:

Motion Marceau Pivert

Le Conseil national, réuni le 9 avril 1938, constate qu’une longue série de tergiversations et d’erreurs – de la pause à l’union nationale – ont abouti à remettre davantage en question, à chaque crise ministérielle, le niveau de vie des travailleurs et les libertés démocratiques les plus élémentaires.

Le Conseil national constate encore que l’obstination réactionnaire du Sénat rend impossible au Parti socialiste toute expérience d’exercice du pouvoir dans le cadre de la Constitution actuelle. Il considère d’ailleurs qu’une réforme financière, quelque soit sa valeur technique, n’aura d’efficacité que dans la mesure où sera abandonnée la politique actuelle de surarmement et de militarisation.

Il déclare intangible toutes les réformes sociales arrachées en juin 1936 par les travailleurs, et légitimes tous les moyens de lutte qui leur ont permis de les obtenir, ainsi que ceux qu’ils seront amenés à utiliser pour les défendre contre un capitalisme qui tire sa force de nos faiblesses.

Le Conseil national refuse toute participation et tout appui, il s’opposera résolument à tout gouvernement qui ne donnerait pas pour tâches essentielles et immédiates, par l’appel direct aux masses travailleuses:

1° De détruire les oligarchies capitalistes en brisant toutes les résistances parlementaires et autres qui s’opposeraient à leur émancipation totale;

2° De rétablir l’Espagne républicaine dans ses droits en lui accordant toutes les facilités de ravitaillement en vivres et en armes;

3° De rendre la guerre impérialiste impossible en mettant fin, en collaboration avec la classe ouvrière des pays encore démocratiques, au scandale des fournitures de matières premières indispensables aux pays fascistes pour entreprendre une guerre moderne.

En même temps qu’il refusera au fascisme international les moyens de tuer, ce gouvernement devra profiter des nouvelles conditions ainsi créées pour offrir à tous les peuples le moyen de vivre en mettant fin aux iniquités héritées des traités impérialistes de 1919 et 1920; cette reconstruction du monde étant le prélude nécessaire du désarmement général.

En tout état de cause et conformément à la charte constitutive du Parti, le Conseil national répudie toute tentative pour masquer les antagonismes de classe à l’effet d’obtenir un rapprochement avec les partis de la bourgeoisie, c’est-à-dire toute tentative d’union nationale quel qu’en soit le prétexte.

(…)

Les votes

On passe aux votes par mandats.

La motion Séverac obtient 6.436 mandats;

Dont 4.330 vont à l’adjonction Dormoy

Et 2.106 à celle de Zyromski.

La motion Marceau Pivert recueille 1.656 mandats.

Il y a 3 abstentions et 268 absents.


***

II. – Les sanctions

Extrait de l’édition du 14 mai:

Extrait de la page 6 du Populaire du 14 avril 1938

Aux militants du Parti

Aux militants de la Fédération de la Seine

Saisie par la C.A.P. d’actes graves d’indiscipline du Bureau fédéral de la Seine et d’un ensemble de faits préjudiciables à la bonne marche du Parti dont se sont rendus coupables des membres de la fraction dite gauche-révolutionnaire, et mettant publiquement en cause la décision du Conseil National du 12 mars 1938, la Commission nationale des conflits a prononcé la peine de suspension de toutes délégations contre le camarade Marceau Pivert et les membres du Bureau fédéral de sa Fédération.

La sentence prise dans la soirée du 11 avril a été notifiée le 12 avril aux intéressés et aux secrétaires des sections dont ils relèvent, comme il est de règle, mais n’a reçu aucune autre publicité.

Le secrétariat du Parti est tout à fait étranger aux informations données à la presse et à la radio concernant cet incident.

Par contre, et conformément au vœu exprimé par la C.N.D.C., nous publions le texte intégral de la décision prise.

La C.A.P. demande très instamment à tous les militants du Parti, et en particulier à tous les militants de la Seine, de s’incliner devant cette sentence rendue contre des camarades qui, malgré les engagements solennels pris par eux à la tribune du Conseil National de Puteaux du 18 avril 1937, ont refusé de respecter les décisions du Parti et de se plier à la discipline générale.

Commission nationale des conflits

séance du 11 avril 1938

Extrait du procès-verbal

AFFAIRES: Secrétariat général et C.A.P. contre les responsables d’un tract signé « la Fédération socialiste de la Seine » et intitulé « Alerte ! Le Parti est en danger»;

et C.N.M. contre Marceau Pivert et les responsables d’incidents au sein des Jeunesses socialistes.

Rapport de Jamin, secrétaire.

Origine des conflits

Réunie le 30 mars dernier, la C.A.P. a été invitée par le secrétaire général du Parti à délibérer sur l’attitude des militants responsables de la fédération socialiste de la Seine, ces derniers ayant édité et diffusé un tract signé: « La Fédération socialiste de la Seine », laquelle demande à toutes les sections et à toutes les Fédérations de se dresser contre la décision prise par le Conseil national du 12 mars en regard de la situation politique.

Dès qu’il a eu connaissance de ce tract, Paul Faure a averti Marceau Pivert qu’aux termes des statuts du Parti, la Fédération de la Seine n’avait pas le droit de s’adresser à toutes les sections et à toutes les Fédérations, en passant par-dessus la C.A.P. et le Secrétariat général.

Il invitait Marceau Pivert à ne pas mettre les tracts en circulation, jusqu’à ce que la C.A.P., saisie de l’incident, en ait délibéré.

Le même jour, Marceau Pivert répondait par une fin de non-recevoir. L’initiative de la Fédération de la Seine ne pouvait, disait-il, constituer un acte d’indiscipline: il informait que l’appel était dicté par d’impérieuses obligations de conscience, et que les expéditions en cours seraient continuées.

La C.A.P. a eu également à connaître pour avis, d’une plainte signée du camarade Bernard Chochoy, secrétaire du C.N.M., visant Marceau Pivert et les responsables d’incidents survenus au sein des Jeunesses socialistes de la Manche et des J.S. de Cognac.

Par 27 voix contre 6 abstentions, la C.A.P. a décidé le renvoi devant la Commission Nationale des Conflits.

Examen au fond

En ce qui concerne l’attitude de la Fédération de la Seine, l’infraction à la discipline n’est pas douteuse, et on a peine à concevoir qu’un militant aussi averti que Marceau Pivert se soit laisser aller à commettre cette erreur. Il apparaissait d’ailleurs tout de suite que si sa responsabilité se trouvait gravement engagée, il ne pouvait être seul en cause.

Nous l’avons entendu mercredi dernier 6 avril; il a déclaré avoir agi sur mandat du Conseil Fédéral, et prendre l’entière responsabilité de son action.

Sur mandat de la C.N.C., la C.E. de la Fédération de la Seine a été convoquée pour vendredi 8. Il résulte des déclarations recueillies que la C.E. n’a pas été consultée: « les membres de la minorité n’ont eu connaissance du tract que par sa diffusion » (déclaration Costedoat). Mais le Bureau en a la responsabilité collective, puisqu’il a pris la décision d’alerter le Parti (déclaration de Weil-Curiel).

Cette thèse est confirmée par une lettre de Charles Pivert qui condamne l’attitude du Bureau Fédéral de la Seine et considèrerait comme une erreur d’attribuer à son frère seul la responsabilité des faits, qui ne constituent pas l’exercice des droits d’une tendance, mais la substitution illégale d’une Fédération aux organismes centraux du Parti.

Il apparaît donc que l’inculpation doit être retenue contre l’ensemble des membres du Bureau, c’est-à-dire: Marceau Pivert, A. Weil-Curiel, René Cazanave, Henri Goldchild, Gillet, Daniel Guérin, René Rul et Jacquier.

Quant aux incidents survenus au sein des J.S., il apparaît tout de suite que nous n’avons pas à connaître de l’attitude de nos jeunes camarades de Cognac, ceux-ci relevant en tant que J.S. du Comité National Mixte.

Il n’en est pas de même pour les faits reprochés à Marceau Pivert, touchant les Jeunesses de la Manche. Nous trouvons en effet au dossier la copie d’une lettre adressée par le Secrétaire fédéral de la Seine à un ex-membre des Jeunesses, le citoyen Mariette, de Tourlaville.

Cette lettre, en date du 2 février 1938, débute ainsi: « Je t’ai écrit hier et ce que je craignais est arrivé, avec beaucoup de bonne volonté et de dévouement socialiste, tu as trouvé le moyen de donner aux bureaucrates des armes pour t’exclure. »

Marceau Pivert indique ensuite à son correspondant que « l’expérience de la vie pourra lui donner une formation adaptée aux exigences de la lutte ». Il précise: « L’essentiel est de trouver les méthodes de liquidation du réformisme et non de permettre la liquidation de l’avant-garde par lui. » Et plus loin: « Mets-toi en rapport avec Weitz, 12 rue Guersant (17°).» Puis encore: « Tu dois surtout bien réfléchir, bien étudier et bien organiser ton influence dans le milieu ouvrier.»

A noter que le citoyen Weitz a été exclu des Jeunesses et du Parti par le Conseil National du 18 avril 1937.

Si l’on rapproche ces faits de la situation au moins étrange de certaines sections de Paris qui maintiennent sur leur contrôle ou tolèrent à leurs réunions d’ex-camarades exclus par le même Conseil National, on est amené à considérer comme extrêmement grave l’attitude de Marceau Pivert, car elle aboutit nécessairement, d’abord, à créer un Parti dans le Parti, puis à fournir des troupes aux égarés qui nous combattent.

Les précisions c-dessus relevées ne peuvent donner lieu à aucune équivoque, encore que dans une lettre du 1er mars, adressée au camarade Le Corre, secrétaire fédéral de la Manche, Marceau Pivert déclare n’avoir fait que donner aux Jeunes socialistes des conseils de nature à enrichir leur conscience révolutionnaire.

En conséquence il apparaît que la C.N.C. doit statuer:

– en ce qui concerne la plainte émanant du Secrétariat général du Parti sur la culpabilité solidaire de tous les membres du Bureau fédéral de la Seine.

– pour la plainte déposée par Bernard Chochoy, seulement sur l’attitude de Marceau Pivert.

Décision

Lecture ayant été donnée (…) sanctions suivantes:

Marceau Pivert 3 ans (36 mois) de suspension de toutes délégations;

André Weil-Curiel, René Cazanave, Henri Goldschild, Gillet, Daniel Guérin, René Rul, Jacquier, 2 ans (24 mois) de suspension de toutes délégations à compter du 12 avril 1938.

La C.N.C. rappelle que la suspension de toutes délégations comporte l’interdiction d’être candidat du Parti, de le représenter, de parler et d’écrire en son nom, ou d’occuper un poste, à quelque degré que ce soit.

Communiqué de la CAP publié dans l'Humanité du 15 avril 1938

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Une Réponse to “Les débats du CN du Parti socialiste et les sanctions contre les pivertistes en mai 1938”

  1. « Nous n’occupons pas, nous sommes chez nous » (1938) « La Bataille socialiste Says:

    […] avait décidé de confirmer dans leurs fonctions M. Marceau Pivert et les dirigeants fédéraux suspendus par la commission nationale des conflits, le 11 avril. La C.A.P. du Parti socialiste a répondu au […]

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