Compte-rendu de la venue de Dashty Jamal à Caen

26 mars 2015 by

Dans le cadre d’une mobilisation depuis plusieurs mois en solidarité avec les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient, Dashty Jamal, secrétaire de la Fédération internationale des réfugiés irakiens et militant du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan, est venu à Caen le mercredi 25 mai 2015, à l’invitation du Regroupement révolutionnaire caennais, de Solidarité Irak et d’Initiative communiste-ouvrière. Il a été interviewé pour l’émission Racailles qui sera diffusée sur Radio Bazarnaom (92.3 FM) vendredi 27 mars à 18h00 puis mise en ligne sur internet, et a donné une conférence à l’Université de Caen où il a notamment évoqué la priorité de lutter contre l’État islamique, « nouveau fascisme » (camps de réfugiés, milices d’autodéfense), et la réalité de l’oppression des femmes et de la répression des luttes ouvrières en Irak et au Kurdistan autonome. Une collecte de 85 euros à la fin de la réunion publique a été reversée pour la Fédération internationale des réfugiés irakiens, et un don de 500 euros pour les P.C.O. d’Irak et du Kurdistan a été remis à Dashty Jamal par les militants caennais. Une nouvelle manifestation mensuelle aura lieu à Caen samedi 28 mars, place Bouchard à 15 h00.

S.J.

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interview pour la radio

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Brochure distribuée par Dashty Jamal

Réunion publique avec Dashty Jamal à Lille

21 mars 2015 by

Premier rendez-vous de sa tournée en France, rencontre avec Dashty Jamal, secrétaire de la Fédération internationale des réfugiés irakiens, mardi 24 mars à la librairie L’Insoumise à Lille, à 19h. (Rappel: Le lendemain il sera à Caen, puis le 26 à Besançon et le 27 Paris)

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Feu le Comintern (Boris Souvarine)

21 mars 2015 by

Feu le Comintern, récit inédit de Boris Souvarine (Le Passager clandestin, format de poche, 2015) Préface de Charles Jacquier

Ce livre constitue un témoignage de première main sur les opposants à la Première Guerre mondiale en France et les débuts de la IIIe Internationale (ou Comintern). Il met en lumière les motifs et les raisons d’une adhésion à un système qui ne tarda pas à transformer l’espérance en cauchemar. Après y avoir cru, Boris Souvarine fut l’un des premiers à le dénoncer.

À la fin de sa vie, après des années d’isolement, Boris Souvarine (1895-1984) souhaita revenir sur les premières années de son engagement politique durant la Première Guerre mondiale, en mêlant souvenirs personnels et documents d’époque. Engagé dans le mouvement socialiste durant la Première Guerre mondiale, Souvarine est un des principaux artisans du Congrès de Tours (1920). Après la fondation du parti communiste, il en devint le représentant auprès de l’Internationale communiste et participa à sa direction jusqu’à son exclusion en 1924.

La IIIe Internationale, appuyée sur un immense État, prit rapidement l’exact opposé des aspirations émancipatrices qui avaient été au fondement de la Première. Il n’est sans doute pas innocent que Souvarine ait commencé l’écriture de ses mémoires par l’exposé de ses prémices et de ses développements. S’il n’eut pas le temps de mener ce projet à son terme, il en reste une ébauche, jusqu’aujourd’hui inédite. Ce sont les extraits que nous présentons ici, accompagnés d’une brève sélection d’articles écrits dans les années 1917-1924, documents d’époque qui éclairent ces souvenirs d’un autre temps.

Souvarine a tout à la fois une plume remarquable, une connaissance encyclopédique de son sujet, une intelligence hors pair, et une indignation intacte et toujours renouvelée devant les mensonges et les crimes du stalinisme. Il relate, analyse et nous aide à comprendre des faits historiques majeurs. La lecture de ces textes inédits servira à ceux qui souhaitent réfléchir à une nouvelle critique sociale, où la conscience des horreurs et des impostures du passé ne servirait pas à masquer ou relativiser celles du présent.

L’appareil critique du livre est réalisé par Julien Chuzeville, historien, auteur de Fernand Loriot. Le fondateur oublié du Parti communiste (l’Harmattan, 2012) et de Militants contre la guerre 1914-1918 (Spartacus, 2014).

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Réunion publique avec Dashty Jamal à Caen

19 mars 2015 by

Dans le cadre d’une mobilisation depuis plusieurs mois en solidarité avec les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient, une réunion publique avec Dashty Jamal, secrétaire de la Fédération internationale des réfugiés irakiens et militant du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan, est organisée mercredi 25 mars à 20h, amphi Tocqueville, à l’Université de Caen.

afficheIrakVoir aussi:

Liberté pour Alexandre Koltchenko, antifasciste de Crimée

11 mars 2015 by

Tract d’appel avec une première liste de signataires (d’autres sont attendus):

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Lastérade (1910-1986)

7 mars 2015 by

LASTERADE DE CHAVIGNY (Jean), dit LASTERADE, LASTE, LAST. Né le 5 janvier 1910 à Wassy (Haute-Marne), mort le 11 juin 1986 à Paris; médecin généraliste en banlieue ouvrière (Montreuil); dirigeant de l’Union communiste avec Chazé et Laroche.

Jean Lastérade était membre, en 1932, de la Jeunesse communiste et du Secours rouge international dans le 13e arr. de Paris. Alors étudiant en médecine, il fut gagné aux idées trotskystes et rallia la Ligue communiste avec laquelle il manifesta, le 11 mai 1933 devant le siège parisien de l’Office commercial du gouvernement général de l’Indochine, protestant contre les arrestations de communistes (surtout trotskystes) indochinois et les procès de Saïgon qui avaient condamné à mort le 7 mai huit d’entre eux. Arrêté au cours des affrontements qui s’étaient produits, entraînant la destruction des vitrines et divers dommages, il fut inculpé, avec l’étudiant en philosophie Jean Atlan (1910-1960), de «bris de clôture» et de «dégradation de monument servant à la décoration publique». Ayant passé ainsi quinze jours à la prison de la Santé, il fut exclu de la Jeunesse communiste pour «trotskysme». Il comparut le 29 juin 1933 devant la XIIIe chambre correctionnelle qui le relaxa.

Lastérade se trouvait à Cassis, le 24 juillet 1933, pour accueillir Léon Trotsky à son arrivée en France et l’accompagner jusqu’à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime), près de Royan. Il servit même quelques semaines durant de garde du corps de Trotsky qui résidait dans la villa «Les Embruns».

En désaccord avec la Ligue communiste (L.C.I.), qui approuvait la «Déclaration des quatre» – rédigée lors de la Conférence de Paris en août 1933 par Trotsky et Sneevliet, pour une Nouvelle Internationale, contresignée par le S.A.P. allemand, les deux groupes oppositionnels hollandais (O.S.P. et R.S.P.), tous «socialistes de gauche», et la L.C.I. – Lastérade quitta la Ligue avec l’ensemble du groupe juif. Son épouse Eugénie, née Siegel, le suivit dans cette démission. Il contribua à la fondation de l’Union communiste en octobre 1933, dont il fut le secrétaire en même temps que le gérant responsable de son organe L’Internationale dont le premier numéro parut le 11 novembre.

Sur mandat de l’Union communiste il participa à un congrès de fusion syndicale dont il fut le secretaire ainsi qu’à la Conférence contre la Guerre et l’Union sacrée qui se tint a Saint-Denis les 10 et 11 août 1935. Sous l’influence de Henry Chazé et Laroche il rejeta toute forme de syndicalisme et toute sorte de front unique avec les staliniens, qu’il dénonça infatigablement.

Il intervint dès lors dans le débat sur la nature de l’Union soviétique, écrivant fin 1935 dans l’Internationale : «Staline fait la politique d’une nouvelle classe basée sur l’exploitation des ouvriers. »

Accomplissant son service militaire fin 1936, comme officier de santé, il fournit son témoignage pour la commission d’enquête sur les procès de Moscou, signé Lasté. Dès l’été 1938, il put reprendre son action politique jusqu’à l’éclatement de la guerre. Sur la guerre à venir, il écrivit dans L’Internationale n° 38 (juin 1938) un article théorique remarquable sur le mot d’ordre de «défaitisme révolutionnaire» lancé par Lénine.

« La défaite d’un pays ne conduit pas… obligatoirement à la révolution… La victoire d’un pays … n’exclut pas forcément que la lutte révolutionnaire doive y être nulle», comme le montrait l’Italie révolutionnaire de 1917-1920. En fait, « la grande valeur du défaitisme c’est de placer la lutte contre la guerre sur le terrain de la solidarité internationale du prolétariat; la défaite d’un pays en favorisant l’action révolutionnaire a des répercussions chez le vainqueur lui-même

« … Chaque geste ouvrier destiné à saboter les efforts de la bourgeoisie dans sa lutte impérialiste doit apparaître comme une émanation de la guerre civile, comme la négation de tout nationalisme et de toute solidarité avec son gouvernement… »

Lastérade soutint la même année 1938 sa thèse de doctorat en médecine avec un titre en apparence surprenant : Sur les récents résultats thérapeutiques obtenus par les applications locales d’huile de foie de morue, en fait utiles dans le traitement de la spina ventosa, une tuberculose des phalanges, caractérisée par la boursouflure du corps de l’os et par l’amincissement de son tissu, une affection touchant surtout les jeunes enfants. Lastérade, en fait, ne sépara jamais son engagement militant de son engagement thérapeutique, surtout auprès des plus fragiles, comme les enfants d’ouvriers.

L’Union communiste cessa toute activité pendant la guerre, son âme Henry Chazé subissant arrestation et déportation en Allemagne dont il revint miraculeusement. Lui-même, médecin chef militaire, fut fait prisonnier en juin 1940 et interné dans le Frontstalag 101 près de Cambrai.

Les restes épars de l’Union communiste ne se reconstituèrent qu’après août 1944. Lastérade lui-même avec d’autres camarades rejoignit l’Organisation communiste-révolutionnaire (OCR) en 1944. Celle-ci comptait une quarantaine de membres qui publiait, parfois en commun avec le RKD, plusieurs revues : Rassemblement communiste révolutionnaire, Pouvoir ouvrier et L’Internationale.

Comme Henry Chazé et la plupart des anciens de l’Union communiste, Lastérade s’orienta vers le nouveau Parti communiste internationaliste de Damen et Maffi. Il rejoignit la Fraction française de la Gauche communiste internationale (bordiguiste) en janvier 1946, mais la quitta en décembre 1949, après avoir envoyé un projet de lettre critique au «centre» milanais (Bruno Maffi), dont il reçut une réponse qui lui sembla «faite de pédantisme arrogant et de jésuitisme».

Dans sa lettre de réponse (et de démission), il expliquait le sens de sa décision. Au refus outragé du «centre» de reconnaître une certaine continuité entre Lénine et Staline, Lastérade objectait que la Gauche italienne (et surtout Bordiga) n’avait jamais indiqué «le moment où les mesures économiques et sociales auraient signifié une brisure dans le cours de l’évolution de l’URSS». Le PC Internationaliste se contentait de rejeter avec mépris toute «critique ouvriériste de l’URSS», sans jamais souligner les étapes fondamentales de la déliquescence de la Révolution russe. Ainsi, le Front unique ne fut pas une «erreur» mais l’application logique de «la défense inconditionnelle de l’État russe», qui imposa au Komintern d’être «le protecteur, le moyen de chantage et l’agent de propagande de l’État soviétique».

Lastérade participa avec la plupart des membres de la FFGCI au regroupement autour de la revue Socialisme ou barbarie. Cette expérience lui semblant sans aucun avenir et absorbé par son sacerdoce de médecin généraliste à Montreuil (Seine-Saint-Denis), il renonça à l’action militante sans jamais se désengager moralement et politiquement.

Jean Lastérade mourut à Paris le 11 juin 1986.

Sources : La Vérité, mai et juin 1933. – L’Internationale, du 11 novembre 1933 au 16 février 1939. – Henry Chazé [Gaston Davoust], Chronique de la Révolution espagnole, 1933-1939, Spartacus, 1979. – Léon Trotsky, œuvres, vol. 2 et 3. – [Pierre Broué] Cahiers Léon Trotsky, n° 27, Institut Léon Trotsky, Grenoble, sept. 1986, p. 112  – Notes de Louis Bonnel et Jean-Michel Brabant, maitron en ligne : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/ – « Projet de lettre au PC Int. » de Lastérade, in textes de Lucien Laugier, in François Langlet (éd.), Tempus fugit n° 2, février 2005, Orsay.

Philippe Bourrinet

[notice au format pdf]

Voir aussi:

et les textes de l’Union communiste:

Obituary

5 mars 2015 by

On nous communique:

Readers of the Bataille Socialiste website may be saddened to learn of the deaths of comrade Dick Donnelly (http://socialist-courier.blogspot.co.uk/2015/02/dick-propounding-on-socialism.html) of Glasgow branch of the Socialist Party of Great Britain (SPGB) and Paul Breeze both in February.

Dick Donnelly had been a member of the SPGB since the 1950s and key figure of Glasgow branch. He wrote, debated and spoke extensively for the party (some of his work is available here http://www.worldsocialism.org/spgb/author-speaker/dick-donnelly). In 1960 Donnelly jumped onto the stage after a Communist Party of Great Britain (CPGB) celebration of the 40th anniversary of the Daily Worker (led by editor George Matthews), for Donnelly to denounce and ridicule the Communist Party. Despite all the hostility of the C.P.ers, Donnelly routed and exposed the record of their party and their Stalin-worship reducing them to a sullen silence. (More details available at http://socialist-courier.blogspot.co.uk/2012/07/past-reflections.html)

Paul Breeze wrote for the SPGB in the 1970s but left over the use of the traditional language of ‘socialism’, ‘capitalism’, ‘working class’, etc. After he left he wrote and published a pamphlet in the 1980s called ‘A World of Free Access’ which set out the case for socialism without using those words (available at http://www.revleft.com/vb/group.php?do=discuss&group=&discussionid=7047). He wrote two novels and became a twice-elected independent councillor and deputy mayor in Stoke-on-Trent.

Jon D. White
SPGB

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Richard « Dick » Donnelly

5,000 years of debt?

3 mars 2015 by

Critique du livre « Dette, 5000 ans d’histoire » de David Graeber par la rédaction de la revue communiste libertaire britannique Aufheben (pdf de 14 pages en anglais):

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cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf externe

 Voir aussi:

Le « mais » qui tue

2 mars 2015 by

Article paru dans Anarchosyndicalisme ! (revue de la CNT-AIT Toulouse), N° 143 de février-mars 2015:

Il y a une façon de « soutenir » qui est surtout une façon sournoise « d’enfoncer ». C’est le fameux « mais » (« Je ne suis pas raciste, mais…). Pour faire court, ici, c’est quelque chose comme : « Nous condamnons le crime contre Charlie, MAIS – suit ici la liste des récriminations : leurs caricatures étaient choquantes, ils étaient islamophobes, voire fascistes… », autrement dit, « Ils l’ont bien cherché ») [1].

Ce « Mais » est un mais qui tue. Car, peu ou prou, il justifie les assassins. Or, nous avons vu fleurir ce « mais », pleutre et jésuitique, dans des milieux ultradicaux, « … de nombreux anti-impérialistes, antisionistes, anarchistes ou gauchistes [ont renvoyé] dos à dos, après quelques précautions d’usage hypocrites (« nous sommes horrifiés », etc.), les assassins et les victimes de « Charlie Hebdo » [2].

Le NPA nous en offre un bon exemple. Tout en déplorant « les circonstances les plus tragiques et abominables » il souligne que Charlie Hebdo aurait été « un hebdomadaire peu fréquentable pour les antiracistes » [3].

« Le summum de l’ignominie, parmi les individus médiatiques, a sans doute été atteint par Norman Finkelstein dont les posts traduits en français [4] mettent en parallèle la couverture de « Charlie Hebdo » («Le Coran, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles »), avec une autre couverture imaginée par un salopard, représentant Charb s’exclamant « Charlie, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ». A un niveau plus confidentiel mais tout aussi nocif, la liste a-infos a diffusé le texte d’un anarchiste (José Antonio Gutierrez D.) qui reprend exactement le même raisonnement ignoble. » [2]. D’autres se réfugient dans un silence pesant, comme s’il ne s’était rien passé (Pau, Gap… pas un mot, au 31 janvier sur leur site). « Quant à la Coordination des groupes anarchistes [CGA], elle a diffusé un communiqué dans lequel elle proclame : « Nous n’oublions pas le rôle qu’a tenu Charlie Hebdo dans la diffusion des discours racistes, sexistes et islamophobes ces quinze dernières années. Mais rien ne justifie de tels crimes et nous sommes solidaires des familles et proches des victimes. » Donc, si l’on suit bien ce raisonnement fumeux et tortueux, après nous avoir expliqué qu’ils étaient contre « tous les fascismes », religieux, nationalistes, etc., contre les partisans du choc des civilisations, contre toute récupération politicienne, ces libertaires mettent les journalistes de « Charlie Hebdo » dans le même sac que les fascistes, rejoignant ainsi le camp de ceux qui expliquent « Quelque part, ils ne l’ont pas volé. » [2].

Fort heureusement, de tels propos ne sont pas restés sans réponse. Voici celle du groupe CGA de Toulouse : « La mise en cause de Charlie Hebdo qu’on peut lire dans les communiqués respectifs publiés par les groupes de Lyon et de Région Parisienne n’est en aucune manière partagée par le groupe CGA de Toulouse. Il n’est pas question de laisser planer la moindre ambiguïté à ce sujet : Nous ne cautionnons pas et nous ne cautionnerons jamais le contenu de ces communiqués.

Nous avons marché samedi à Toulouse, bien dans notre peuple, en portant bien haut nos pancartes «Ni dieux, Ni maîtres » illustrées de dessins de certains de nos ami-es massacré-es. Les dessins que nous avons choisi d’arborer étaient : athées, blasphémateurs, contre toutes les religions, pour le droit des femmes à être libres et à disposer librement de leurs corps. Il y en avait pour tout le monde : curés, imams, rabbins, militaires, patrons, politiciens,… Nous ne pensons pas nous tromper en affirmant que la grande majorité des millions de personnes qui ont manifesté dans tout le pays l’ont fait pour au moins une idée commune : la liberté d’expression doit être pleine et entière et elle n’est pas négociable. Le droit au blasphème doit être reconnu comme un droit inaliénable du genre humain : nous lutterons encore et toujours pour gagner ça. De la même manière nous luttons et nous lutterons toujours contre toutes les religions.

L’heure n’est pas à tourner autour du pot : ceux et celles qui sont tombé-es à Paris en janvier 2015 et ailleurs depuis trop longtemps sont tombé-es sous les balles et les bombes d’un fascisme religieux très bien armé et doté de puissants relais financiers et étatiques.

Une des caractéristiques historiques qui permettent de définir les mouvements fascistes est la présence de structures paramilitaires pour parader, intimider et enfin assassiner leurs opposants. Avec ses milices qui organisent des prières de rue, ses croyants qui prennent les armes en Europe et ailleurs, les islamistes ont une longueur d’avance sur les autres fascismes qui n’ont pas encore de telles structures (sauf en Hongrie).

Résolument antiracistes et contre toutes les dominations, mobilisons-nous par millions, par milliards pour éradiquer tous les fascismes. Respect à celles et ceux qui sont tombées ! Vive celles et ceux qui luttent et qui lutteront encore et toujours ! » [5].

Là ne s’arrête pas le « mais ». Il y a une autre façon de le pratiquer, c’est de faire fi de toutes les victimes pour se centrer sur la victime idéale. Une sorte de « victime inconnue », qui tient dans l’imaginaire pseudo-radical la place du « soldat inconnu » sous l’arc de triomphe. Ce « soldat inconnu », les Vignoles (mais pas qu’eux) l’ont trouvé [6] : c’est Frédéric Boisseau qui « … ne participait pas au comité de rédaction (…). Frédéric Boisseau ne passera pas à la postérité pour les dessins ou articles (…) Frédéric Boisseau n’aura sûrement pas non plus l’hommage posthume réservé aux policiers tombés en service commandé. Frédéric Boisseau demeurera invisible comme le sont aujourd’hui l’ensemble des travailleurs [7] qui œuvrent à la maintenance des bureaux, des immeubles, des rues de nos villes. Pourtant comme chacune des victimes, il avait sûrement une famille qui l’aimait, des amis qui goûtaient sa présence, des collègues qui l’appréciaient. C’est vers eux que se tournent nos condoléances de ce triste jour. »

Las, ce « soldat » s’il était inconnu des Vignoles ne l’était pas de tout le monde : le Front National revendique ce « simple français », pratiquant de sport de combat, dont le dernier exploit était d’avoir livré manu militari à la police un présumé petit voleur [8]. Comme quoi, quand on veut être à tout prix original, il vaut mieux réfléchir à deux fois. Ça peut éviter du ridicule.

Notes:
[1] Un différend pénible nous a opposé à Charb à propos du conflit de salariés contre le cinéma Utopia – http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article114#outil_sommaire_0 -,cependant, nous dénonçons sans réserve le crime dont lui et ses compagnons ont été victimes. Nous avons reconnu et nous reconnaissons toujours, à tous et à chacun, la liberté pleine et entière denous critiquer… et la nôtre de répondre aux critiques.
[2] Yves Coleman, http://www. mondialisme.org/spip.php?article2228
[3] http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11280
[4] [http://normanfinkelstein.com/2015/01/14/norman-finkelstein-reagit-a-laffaire-charlie-hebdo-je-suisgaza/
[5] http://www.c-g-a.org/groupe/toulouse-albert-camus
[6] http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article696. Précisons que la même organisation a tout de même publié un communiqué plus général et moins sot. Mais il semble loin le temps où les Vignoles plastronnaient en annonçant sur la couverture de leur journal l’adhésion de Luz, un des dessinateurs de Charlie.
[7] Sur ce thème, que nous nous félicitons de voir enfin repris par d’autres organisations, lire l’article« Rendre invisible les ouvriers » dans notre n°141.
[8] http://www.larepublique77.fr/2015/01/08/charlie-hebdo-seine-et-marne-victime-attentat/

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KPD : nationalisme et antisémitisme, les deux mamelles d’une rapide décomposition

20 février 2015 by

Texte envoyé par Philippe Bourrinet:

Dans les années 1920 le parti communiste-ouvrier a mené une lutte acharné contre les idées national-bolcheviks, prétendant créer un bolchevisme adapté au cadre national de chaque pays, en particulier dans les pays vaincus, comme l’Allemagne.

En fait la « bolchevisation » de ces partis par l’appareil central du Komintern a vu le triomphe rapide du national-bolchevisme dans tous les partis communistes, en particulier le KPD, le premier parti communiste du monde occidental.

Il est habituel que les plus farouches «défenseurs» du vieux KPD «révolutionnaire» sous la République de Weimar, en particulier les organisations mao-staliniennes, nient la transformation de ce parti en parti de la contre-révolution, en niant sciemment la très précoce défense de la « patrie allemande », et même l’usage d’une démagogie antisémite par ce parti.

Pour rafraîchir des «mémoires défaillantes», nous donnons ci-dessous la traduction de ces documents des années 20 qui parlent d’eux-mêmes et n’ont pas besoin d’«explication de texte».

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