1948-04 La question russe [Castoriadis & Lee-Boggs]
Résolution présentée par Bergson (Grace Lee, de la tendance Johnson-Forest) et Chaulieu (Castoriadis) au Congrès de la IV° Internationale. Il est à noter que par une déclaration commune, les minorités (la section espagnole de Munis, les tendances Chaulieu et Gallienne du PCI, Schachtman, le groupe Octobre d’Indochine…) ne reconnurent pas cette assemblée comme Congrès mondial de la IV° Internationale.
1
La théorie de la Russie comme “État ouvrier dégénéré”, en identifiant la nationalisation de la propriété avec les rapports de production socialistes, en considérant cette nationalisation comme “progressive”, indépendamment du pouvoir économique et politique du prolétariat et en assignant au prolétariat russe et mondial comme tâche primordiale ou esentielle la défense de cette propriété nationalisée, non seulement constitue un abandon de points essentiels du marxisme révolutionnaire ( sur l’Etat, sur le contenu des rapports de production, sur la notion même de l’Etat ouvrier), non seulement elle altère le programme de la révolution socialiste, mais a pour résultat de retrancher de la révolution socialiste mondiale une partie essentielle du prolétariat international.
2.
La conception selon laquelle la révolution russe a besoin de la stimulation du prolétariat venant de l’extérieur de la Russie ou que la révolution russe n’est pas une révolution sociale est un aveu de l’incapacité d’analyser les rapports de production de classe en Russie, et l’existence dans l’économie russe du même antagonisme fondamental que dans l’ensemble de la société contemporaine : la contradiction entre les forces productives et les rapports de production, l’incompatibilité entre la production sociale et l’appropriation de classe.
3.
Les rapports de production en Russie sont des rapports d’exploitation basés sur l’expropriation totale, économique et politique, du prolétariat et l’appropriation complète du capital par la bureaucratie dominante. C’est ce caractère de classe des rapports de production qui détermine le caractère de classe des rapports de répartition. C’est également le caractère de classe des rapports de production, dont la nationalisation constitue l’expression adéquate, qui détermine le caractère de l’Etat russe, Etat totalitaire instrument d’oppression contre le prolétariat.
4.
Dans les pays du « glacis », le processus d’assimilation structurelle à la Russie qui commença depuis la chute du nazisme s’approfondit de plus en plus et tend à embrasser les forces essentielles de la vie économique, politique et sociale. Ce processus signifie fondamentalement l’extermination des couches bourgeoises dominantes auparavant, leur remplacement par la couche bureaucratique stalinienne et le maintien du prolétariat dans les cadres d’un régime d’exploitation complète et d’une oppression totalitaire.
5.
La tâche fondamentale du prolétariat qui se trouve sous la domination stalinienne n’est pas la « défense inconditionnelle » de la propriété nationalisée, mais le renversement des rapports de classe existant dans tous ces pays, l’établissement du pouvoir propre des masses armées, sur le terrain économique comme sur le terrain politique, et l’expansion des forces créatrices du prolétariat lui-même comme une force économique. De cette tâche résulte la nécessité de la politique du défaitisme révolutionnaire pendant la guerre dans l’ensemble de ces pays (Russie et pays du « glacis ») et partout où l’armée russe avance. La tâche du renversement du régime d’exploitation dans ces pays ne peut pas être confiée à la lutte « nationale » ou « démocratique », mais repose uniquement sur le prolétariat luttant pour la révolution socialiste et conduisant les autres couches de la population exploitée.

Voir aussi:
- The Congress of the Fourth International An Analysis of the Bankruptcy of “Orthodox Trotskyism”, by Max Shachtman (October, 1948)



































"... on ne parle plus en PARTI DE CLASSE, animateur du mouvement prolétarien, traduisant ses aspirations, dirigeant ses réactions, ramassant les manifestations de sa vie et de sa lutte quotidiennes pour le diriger contre l'ennemi qui, lui, toujours debout, ricane et triomphe de nos timidités et de nos défaillances..." (

La Maison des Fédérations de la CGT en 1913
Almanach SFIO en 1913
Petit-Pierre sera socialiste, livre illustré de vulgarisation (1913)

Liebknecht et Luxemburg
Brochure de la BS en 1932
1° numéro de Masses
Manifestation antifasciste, Paris février 1934
Brochure
N° de
Vadémécum du propagandiste
Jean Zyromski
Les TPPS en 1935

Militants à Paris
Brochure d'Hélène Modiano (1936)
Boulogne-Billancourt, juin 1936

Barcelone, juillet 1936
Une de La Gauche révolutionnaire (octobre 1936)

Publicité poumiste dans le cahier Spartacus de décembre 1936.

Journées de mai 1937 à Barcelone
Manif contre la non-intervention en Espagne (mai 1937)

L'Espagne socialiste, journal du C.A.S.P.E.
Pivertistes, anarchistes et syndicalistes s'unissent en 1937 dans Solidarité internationale antifasciste
Une de Juin 36 (1938), organe de la Fédé SFIO de la Seine puis du P.S.O.P.
Scission du P.S.O.P. après Royan (1938)
Militants pivertistes en 1938

Brochure de Robert Louzon en 1938
Aide matérielle du PSOP aux réfugiés espagnols (février 1939)
D. Guérin & M. Pivert au congrès du P.S.O.P. (mai 1939)
Pivert à la tribune du Congrès du PSOP (1939)
Brochure clandestine
"A los ciudadanos"
Brochure
Brochure
Journal des Jeunesses socialistes (1946) avant leur exclusion.

Une de la nouvelle série de la BS qui reparaît en juillet 1947
Brochure
Une de cette BS 2° série contre Jules Moch (29/10/1948)
Cahier Spartacus en 1948
Berlin, juin 1953
Hongrie, 1956
Turin, 1962

Brochure du SPGB
Mémorial de
Pouvoir ouvrier N°90
Chili, 1973
Traduction française de 1972
Livre de 
Grève des mineurs anglais, 1984
Insurrection armée et mouvement des conseils ouvriers (shuras) au Kurdistan irakien en 1991
The Hobgoblin



Une partie des écrits d'
Etude
Livre 





Livre d'A. Rustenholz en 2003


Réédition récente d'une compilation d'écrits d'A. Nin de 1930 à 1937
Anthologie
Le Capital 
21 mai 2008 à 7:54
Schachtman ne décrivait l’URSS comme un capitalisme, mais comme un “collectivisme bureaucratique”.
Je crois que c’était aussi tout au début (47-48), la position de Castoriadis.
D’ailleurs le texte ci-dessus parle d’exploitation, d’oppression, de régime totalitaire et jamais explicitement de capitalisme d’Etat ou pas.
Il serait intéressant de tirer le bilan des diverses théories capitalistes d’Etat à propos de l’URSS.
Si elles ont satisfaits le désir de radicalité de quelques uns ou d’opportunisme pour d’autres, quel est leur validité aujourd’hui?
Bref, en quoi ont-elles servi les révolutionnaires socialistes?
Pour mémoire, ce congrès de la IVème d’après-guerre ne fut reconnu comme tel par Munis etc…la petite tendance française dont est issue aujourd’hui Lutte ouvrière n’y fut pas invitée car elle refusa la fusion dans la confusion avec les trois autres groupes totskystes français.
Cette tendanc fut originale, par son internationalisme et son défaitisme pendant la seconde guerre mondiale, et joua un rôle dans la greève Renault de 1947, et refusa de considérer comme “ouvriers” les démocraties populaires, la Yougoslavie et la Chine, puis Cuba.
Ces pays n’ayant pas connus de révolution prolétarienne ce qui me semble évident.
21 mai 2008 à 9:58
Le “capitalisme d’Etat”
Il y a le livre de Cliff qui aborde, de son point de vue, les nuances entre collectivisme bureaucratique, capitalisme bureaucratique, capitalisme d’État. Quelques soient les nuances il s’agit de refuser de désigner comme “socialisme” le système stalinien, fut-ce un socialisme “dégénéré”, par fétichisme de la forme juridique de la propriété, mais d’y voir la persistance de l’exploitation et de l’extorsion de plus-value au profit de la bureaucratie. Si quelqu’un nous met au point une meilleure formule pourquoi pas, l’important c’est l’idée de fond: à l’Est fallait-il juste changer la direction ou fallait-il changer le système avec une vraie gestion ouvrière de la production?
Ces questions ne sont plus importantes? Parce que le trotskysme est la seule forme numériquement organisée à l’extrême-gauche française? Pourtant tu dois savoir que quasiment tous les trotskystes anglais sont “capitalistes d’État” par exemple. Faut-il proposer aux jeunes une version “redressée” de l’expérience russe ou tout autre chose? Si le trotskysme nous avait convaincu sur ce point, la Bataille socialiste n’existerait pas… D’ailleurs quand Trotsky écrit dans La Révolution trahie que “ La première concentration des moyens de production entre les mains de l’Etat que l’histoire connaisse a été accomplie par le prolétariat au moyen de la révolution sociale et non par les capitalistes au moyen des trusts étatisés. Cette brève analyse suffit à montrer combien sont absurdes les tentatives faites pour identifier l’étatisme capitaliste et le système soviétique. Le premier est réactionnaire, le second réalise un grand progrès.” il semble dire que le système soviétique est un capitalisme d’État, mais progressiste et non réactionnaire (en parlant de la Russie stalinienne de 1936 bonjour ce qui peut rester de la dimension progressiste…).
Le congrès de la QI en 1948
“Les délégués Munis (section espagnole), Chaulieu et Gallienne (PCI français), Anthony (groupe Octobre d’Indochine), Armstrong (section irlandaise) et Pedro (Etats-Unis):
- constatent que, pour les raisons mentionnées dans la “Résolution préalable sur le caractère de la conférence internationale” présentée par eux, cette conférence ne peut nullement être considérée comme un congrès de la IV° Internationale.”