L’Insurgé (1942-1944)

L’INSURGÉ

insurge

Organe de libération ouvrière et paysanne (N°1, mars 1942)

Organe socialiste de libération prolétarienne (N°7, sept. 1942)

« Liberté, Égalité, Mort aux Tyrans »

Groupe de résistance créé en 1940 et journal clandestin du P.S.O.P., fondé en région lyonnaise et ayant essaimé dans la zone sud à partir de 1941. La décision de principe de publier le journal a été prise à Trévoux (Ain), au premier semestre 1941, chez l’instituteur Allamercy. Participait à cette réunion Marie-Gabriel Fugère, Maurice Zavaro, Pierre Stibbe, Allamercery et sa fille Suzanne Nicolitch. Fugère, Mme Cottin (ex-SFIO), Joseph Poncet (alias Jean-Paul, ex-PSOP), Barboyon (alias Lacroix, ex-SFIO) et Guillot (ex-SFIO) font partie du « comité central » initial.

Fugère, ancien secrétaire fédéral Rhône-Loire du PSOP correspond avec Marceau Pivert via Lisbonne. Pivert fait réimprimer et diffuse le bulletin au Mexique, il devait écrire que Fugère est celui qui a alors « maintenu fermement l’orientation politique du combat internationaliste« . L’imprimeur est Martinet, dit Dupont, qui publie aussi Combat et Libération.

La répression s’abat sur le mouvement à l’été 1943. Bérard, Garrigues et Cassétari meurent en déportation.

Si la diffusion du journal clandestin est souvent commune avec Libération sud et Le Populaire par accords réciproques, les actions restent indépendantes (sauf une campagne de tracts contre les départs en Allemagne avec Combat et l’incendie du fichier STO à Lyon, fait avec Libération sud), le mouvement refusant les subsides de Londres, et restituant en février 1943 les fonds mis à sa disposition par Combat avec lequel la fusion fut un moment envisagée .

Après l’arrestation de Fugère en septembre 1943, c’est Barboyon, secondé par Poncet, qui assure jusqu’à la Libération la parution du journal. En novembre 1943, le mouvement s’associe à Libérer et Fédérer, de Toulouse, tout en continuant de publier son journal jusqu’en septembre 1944 (26 numéros en tout, 25 selon le Maitron). Un numéro commun est publié en avril-mai 1944. Le regroupement, « Mouvement Révolutionnaire Socialiste », reste indépendant de la France libre et de la SFIO, mais ce qui avait fait la spécificité de l‘Insurgé (son indépendance de classe) semble se délayer: le manifeste commun avec Libérer et fédérer dénote une influence plus stalinoïde dans l’air du temps (PCF désigné comme le seul rescapé des anciens partis, justification de l’URSS encerclée, programme de nationalisations et défense de la petite entreprise, reconnaissance du gouvernement d’Alger…), collaboration désormais au réseau de renseignement anglais Alphonse (Buckmaster) et intégration des rangs F.F.I. à la Libération.

« A la libération, notre Mouvement fut laissé de côté. Ceux qui connaissaient si bien nos militants pour faire imprimer leurs journaux et leurs tracts, pour se procurer des fausses cartes d’alimentation, les oublièrent très vite; au besoin, ils s’attribuèrent le fruit de nos efforts. Immédiatement la cassure se fit entre ceux qui avaient servi pour l’idéal et ceux qui espéraient de l’argent, des décorations et des places.  » (Fugère)

L’Insurgé est archivé et consultable à Paris à la BNF, au CERMTRI et au Comité d’Histoire de la seconde guerre mondiale. Quelques numéros à partir du N°7 (1942) sont aussi consultables à la Fondazione Giangiacomo Feltrinelli de Milan.

Voir notre brochure pdf de 22 pages: L’Insurgé (1942-1944)

TEXTES:

NUMÉROS COMPLETS EN LIGNE:

Bibliographie:

  • Mémorial de l’Insurgé (Imprimerie Nouvelle Lyonnaise, 1968). Présentation de F. Rude. Textes et documents rassemblés par M.-G. Fugère. [disponible à la BNF et à la BM de Lyon]
  • L’Insurgé, Robert FIAT (Revue d’histoire de la seconde guerre mondiale, n°47, juillet 1962)

Voir aussi:

Sans titre-1

extrait du Catalogue des périodiques clandestins : 1939-1945 (BN, 1954)

extrait du Catalogue des périodiques clandestins : 1939-1945 (BN, 1954)

Publicités

2 Réponses to “L’Insurgé (1942-1944)”

  1. « L’Insurgé » dans le Languedoc « La Bataille socialiste Says:

    […] et quelques dates; je peux malgré cela rappeler dans ses grandes lignes l’histoire de “l’Insurgé” dans la région du […]

    J'aime

  2. L’Insurgé : un mouvement socialiste sous l’occupation « La Bataille socialiste Says:

    […] L’Insurgé est un petit mouvement de Résistance qui étonne. Créé par Marie-Gabriel Fugère, ex-secrétaire fédéral du Rhône et de la Loire du P.S.O.P., parti scissionniste de Marceau Pivert, apparenté à la gauche révolutionnaire du socialisme, l’Insurgé est un mouvement exclusivement local qui va prendre son importance dans la carte régionale de la Résistance. […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :