1936 Le Parti d’unité prolétarienne [Louis]

Extrait de Histoire du socialisme en France de la Révolution a nos jours, 1789-1936 (P. Louis, 1936).

Il faut envisager ici succinctement la formation d’un troisième parti ouvrier, dont les effectifs n’ont jamais été considérables, mais qui néanmoins a joué son rôle dans la vie prolétarienne française, en préconisant toujours le retour à l’unité organique et en montrant que cette réunification était à la base de toute action féconde. c’est le parti qui s’est d’abord intitulé socialiste-communiste, afin de bien marquer qu’il voulait servir de lien entre les deux grandes organisations issues du schisme de Tours, et ensuite d’unité prolétarienne, pour mieux illustrer l’article essentiel de son programme.

On retrouvera son origine au mois de décembre 1922, quand un grand nombre de communistes français s’élevèrent contre les décisions du 4° congrès de Moscou. Le 10 janvier 1923, se constitua ainsi un comité d’unité communiste; e 30 avril 1923 le parti communiste unitaire (c’était le nouveau titre) fusionna avec l’unité fédérative socialiste, composée elle aussi d’anciens communistes. La déclaration votée par le congrès de Boulogne qui donna naissance à l’union -, plus tard le parti socialiste-communiste – considérait comme une tâche primordiale de rendre aux travailleurs le sentiment de leur unité de classe; elle affirmait la nécessité de la conquête révolutionnaire du pouvoir et de la résistance à toute entreprise guerrière.

L’union socialiste-communiste comme le parti socialiste- communiste, comme le parti d’unité prolétarienne qui plus tard groupa avec ce parti socialiste-communiste un nouveau contingent de dissidents communistes (octobre 1930) différait du parti socialiste en ce qu’elle dénonçait tout « réformisme », et du parti communiste en ce « qu’elle sauvegardait strictement la démocratie dans ses rangs et le respect de l’autonomie syndicale. Sous ses titres successifs qui s’expliquaient surtout par de nouvelles fusions, l’organisation entreprit, à travers le pays, des campagnes de conférences qui ne contribuèrent pas peu à accélérer cette idée simple que l’unité organique s’imposait impérieusement aux éléments d’une même classe, mais pendant longtemps elle se heurta aux résistances du parti socialiste qui entendait l’absorber dans ses rangs et du parti communiste qui restait réfractaire au regroupement.

En juin 1936, le parti d’unité prolétarienne, qui avait toujours compté quelques élus au Parlement, et qui gardait des liens avec plusieurs partis étrangers, de position analogue à la sienne, avait à son secrétariat général Paul Louis et Maurice Juncker;

(…) La réalisation de l’unité ouvrière restait le gage d’une victoire prolétarienne pour le jour où la structure même du régime social serait mise en cause. Elle semblait logiquement la conséquence de l’apparition du front unique, mais, dans l’été de 1936, les négociations ouvertes pour la création du parti unique entre les socialistes, les communistes et l’unité prolétarienne n’avaient pas encore abouti.

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Une Réponse to “1936 Le Parti d’unité prolétarienne [Louis]”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] Guérin: Daniel De Leon et les IWW (1977) * Rosa Luxemburg: Dans la tempête (1905) * Paul Louis: Le Parti d’unité prolétarienne (1936) * Jean-François Kesler: Le Parti socialiste unitaire de 1948 (1990) * Arthur Rosenberg: Le […]

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