Archives de la catégorie ‘Révolution espagnole’

Entrevista amb Agustí Guillamón

30 avril 2013

Le numéro d’avril 2013 de la revue mensuelle de la CGT catalane publie un entretien avec Agustin Guillamón (qui cite La Bataille socialiste):

papers

Voir aussi:

Décalogue du milicien (POUM, 1936)

16 mars 2013

Extrait de Le POUM sur le front de Huesca et dans la défense de Madrid. (en espagnol: http://www.fundanin.org/labatalla1121936.htm). Publié dans La Batalla, 22 Septembre 1936. Merci au CATS.

Milices Antifascistes du POUM
Décalogue du Milicien

1. Le milicien devra à tout moment être persuadé que la cause qu’il défend est celle du prolétariat, et restera donc toujours prêt à offrir son sang et sa vie pour cette cause.

2. La correction sera la norme pour le Milicien dans ses relations avec les camarades, et l’obéissance envers ses supérieurs, sans que cette subordination implique en aucune façon une reconnaissance de vassalité, mais simplement un esprit de coopération afin de faciliter la tâche de commandement, afin de veiller à ce que les obligations qui doivent être accomplies par tous le soient avec la plus grande célérité et de l’efficacité.

3. Il tiendra propre sa personne, afin d’éviter la propagation des maladies et des parasites.

4. Il prendra soin des vêtements et les effets personnels qui lui sont confiés, sans oublier que le gaspillage de ceux-ci, outre lui procurer de l’ inconfort pendant le temps qu’il ne peut pas être réapprovisionné, diminue l’approvisionnement du parti.

5. Il tachera de s’instruire, et à mesure qu’il parvient, il tachera également de transmettre son savoir aux camarades et aux citoyens qui ont une culture inférieure à la sienne.

6. Il aidera le désemparé en toute circonstance et aura les plus hautes considérations envers les personnes âgées et les enfants.

7. En campagne, il obéira aveuglément à celui qui commande, quelle que soit sa catégorie et quels que soient les ordres transmis: de la précipitation dans la prise d’un objectif peut entraîner des pertes sans fin dans nos rangs, et finalement, la perte de cet objectif. Il ne faut pas oublier que le commandement A TOUT ÉTUDIÉ et personne ne doit prendre d’initiative en risquant sa vie, parce que celle-ci appartient entièrement à la cause.

8. Il supportera avec fermeté toute adversité qui découle de la campagne, car il doit se souvenir à tout moment que structurer un nouvel ordre social n’est pas une tâche brève ni facile.

9. Il gardera scrupuleusement les consignes que lui soient données quand il est en service et il veillera à ce qu’elles soient respectées par tous.

10. Il ne sera pas LÂCHE : La mort n’est pas horrible : ce qui est horrible c’est de vivre en portant sur soi le stigmate de la lâcheté démontrée. Donner la vie pour la cause de la libération de l’Humanité doit être l’aspiration de tout milicien.

POUM (6)

Le POUM sur le front de Huesca et dans la défense de Madrid

16 mars 2013

Traduction par le C.A.T.S. de Caen de deux textes sur la participation armée du POUM à la guerre civile espagnole: Le POUM sur le Front de Huesca (Pello Erdoziain, 2008) et Le POUM dans la défense de Madrid (Antonio Rodríguez, 1965), suivis d’une traduction du « Décalogue du Milicien du POUM » (1936).

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Extrait:

Les origines des milices du POUM étaient les GABOC : groupes d’action directe du BOC (Bloc Ouvrier et Paysan), dont les membres appartenaient à leurs Jeunesses. Ils étaient engagés dans la défense des meetings du BOC et par la suite du POUM. Ils défendaient les affichages, portaient des uniformes, effectuaient des exercices militaires et le tir périodiquement. Des rangs des GABOCS ont émergé les chefs militaires des « Centuries » des milices du POUM, lesquels étaient des dirigeants de la JCI. Les « Centuries » de miliciens du POUM se convertirent ensuite en « bataillons ».
Josep Rovira organisa les forces militaires du POUM sur le front d’Aragon. Il était responsable des Groupes d’Action du POUM. Il avait appartenu à Estat Catalá  et avait participé, avec Francesc Macia, au projet d’invasion de la Catalogne en 1926, depuis Prats de Mollo, en Catalogne Nord.

Les milices du POUM n’étaient pas une armée démocratique, même si une grande discussion politique se développait dans leurs rangs, et ses membres montraient une très grande discipline à l’entrée de combat. Avec un engagement politique très fort et des discussions de haut niveau, elles étaient le germe d’une armée révolutionnaire.
Ces milices ont été pionnières, également, dans la participation des femmes dans le combat militaire et, bien que elles étaient peu nombreuses, leur travail ne se limitait pas à des tâches auxiliaires. Les Milices du POUM seraient les plus avancées politiquement de toutes celles qui menaient des combats sur le front de Huesca.
Dans les milices du POUM (Division Lénine, plus tard la 29ème Division), il y avait 600 volontaires étrangerEs, dont la moitié, les plus remarquables, étaient des AllemandEs. Les volontaires allemandEs étaient des alliéEs politiques du POUM qui étaient venuEs se battre après avoir fui les naziEs. Ils/elles étaient les meilleurs soldats et composaient le Bataillon de Choc. Il y avait aussi des volontaires italienNEs, françaisEs et Britanniques (trente). Les milices du POUM ont atteint jusqu’à vingt-six nationalités différentes.

La "disparition" de Landau et la grève de la faim de sa femme (1937)

4 mars 2013

Paru dans La Révolution prolétarienne N° 259 (25 novembre 1937).

Les assassins du Guépéou en Espagne
La "disparition" de Landau
et la grève de la faim de sa femme

La plupart des lecteurs de la R. P. connaissent sans doute de nom Kurt Landau, camarade autrichien communiste-oppositionnel, qui, après la défaite de Vienne, vint se réfugier en France, et y publia, sous le pseudonyme de Bertram Wolf, une brochure sur la guerre civile en Autriche, dont Giauffret rendit compte à l’époque.

Au début de la guerre d’Espagne, Landau alla à Barcelone se mettre à la disposition du POUM.

Aujourd’hui, comme Nin, comme tant d’autres, Landau. a disparu. Des sbires du Guépéou, camouflés officiellement en policiers espagnols, sont venus, sous prétexte de l’arrêter, l’enlever de la petite maison des environs de Barcelone, où il habitait. Depuis lors, aucune nouvelle. La police efficielle nie l’avoir arrêté, et le Guépéou, bien entendu, se tient coi.

Sa femme, qui avait été emprisonnée dès juin dernier, en même temps que Nin, Gorkin, etc. et qui, depuis lors, n’a été ni interrogée, ni inculpée de quoi que ce soit, a décidé de faire la grève de la faim.

Voici la lettre qu’elle a adressée au ministre de l’Intérieur de Catalogne, au chef supérieur de la police et au gouvernement de Valence :

1) Mon mari fut détenu par deux hommes qui se disaient agents de police. J’exige de la police de faire les recherches nécessaires pour savoir où il se trouve actuellement.

2) Je demande à la police de me faire savoir si, le 17 juin, j’ai été détenue en tant qu’otage pour mon mari. Si c’est le cas, je demande ma mise en liberté immédiate vu le fait qu’une détention ultérieure ne serait plus justifiée.

3) Pour le cas où je ne suis pas détenue en tant qu’otage, je demande qu’après 4 mois de détention (dont 10 jours dans le « grupo de informacion », 9 semaines dans la « Delegacion de l’Estado » et plus de 50 jours dans la prison de femmes) il y ait une accusation formelle et mon interrogatoire immédiat.

Dans le cas où je ne recevrai pas de réponse dans le délai de 8 jours, je me verrai obligée de déclarer la grève de faim. Je compte sur l’appui moral de mes camarades détenues comme moi depuis 4 mois sans accusation ni 4 interrogatoire. J’ai réussi à les convaincre de s’abstenir, pour le moment, d’une grève de solidarité.

JULIA LANDAU
Carcel de mujeres
Las Corts — Barcelona.

Cette lettre étant restée sans réponse, la camarade Julia Landau a commencé la grève de la faim le 10 novembre.

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L’exode d’un peuple (1939)

22 février 2013

Un film documentaire muet de Louis Llech et Louis Isambert sur la Retirada:

Voir aussi:

Le P.O.U.M. photographié par Agustí Centelles

17 février 2013

4 photographies du P.O.U.M. en 1936:

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Barcelone, août 1936

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Barcelone, été 1936

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Meeting du Poum à Barcelone (1936)

Edition italienne du livre d’Agustín Guillamón

6 février 2013

Présentation en français de I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938):

CNT, présentation BatSoc

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I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938)

25 janvier 2013

Agustín Guillamón / I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938)

Dai Quadri di difesa ai Comitati rivoluzionari di quartiere

le Pattuglie di Controllo e le Milizie Popolari,

Introduzione: Dino Erba, Spagna 36. Una rivoluzione impossibile? O l’impossibilità della rivoluzione?

Appendice: Gilles Dauvé, Quando muoiono le insurrezioni.

All’Insegna del Gatto Rosso, Milano, 2013. Pp. 226.

Contributo € 15 (comprese le spese di spedizione).

Richiedere a: dinoerba@libero.it/

La sinistra comunista radicale ha giudicato che la rivoluzione spagnola del 1936 fosse impossibile. I toni possono essere diversi, ma la sostanza è la medesima. Nel complesso, tutte le tendenze che si richiamano alla sinistra comunista hanno sentenziato che la rivoluzione spagnola fosse fuori dal tempo massimo concesso dall’ondata rivoluzionaria sorta con l’Ottobre russo del 1917. Di cui, nel 1936, i processi di Mosca sancivano la fine, anche sotto il profilo formale.

Questa valutazione nasce – oltre che dal senno di poi, di cui son piene le fosse – da una concezione politicante della storia, che prescinde dalla reale dinamica dei conflitti sociali, riducendo il tutto a giochi di camarille. D’altro canto, l’accanimento che si scatenò contro i proletari e contro la rivoluzione spagnola dovrebbe far capire che qualche cosa bolliva in pentola, e quello che bolliva non piaceva certo alla borghesia, di destra e di sinistra.

Nei fatti, i proletari spagnoli affrontarono uno scontro di classe che, solo per evidenti fattori contingenti, presentava aspetti diversi da quelli che, storicamente, i proletari avevano già affrontato. E se furono sconfitti, non fu solo per colpa dello stalinismo e del «non» intervento delle Grandi Democrazie. La rivoluzione fallì per cause intrinseche, che non sono neppure da vedere in un eccesso di quell’«anarchica spontaneità», che da alcuni fu condannata e da altri fu osannata. Di fronte a questo capzioso dilemma – e alla luce dei fatti di Spagna –, c’è invece da domandarsi dove finisce la spontaneità e dove inizia l’organizzazione; e poi, dobbiamo anche chiederci: dove finisce l’organizzazione e inizia la burocrazia?

La rivoluzione non è certo una questione di organizzazione. Anche se richiede organizzazione. E gli anarchici spagnoli entrarono nel merito della questione, facendo mille errori ma tracciando un solco netto sulla via dell’organizzazione di classe, da cui una seria ricostruzione storica non può prescindere. Sono questi gli aspetti che il libro di Agustín Guillamón mette in luce, esaminando l’attività dei Comitati di Difesa della Cnt dal luglio 1936 al maggio 1937.

La sconfitta che il popolo di Barcellona inflisse all’esercito fascista il 19 luglio 1936 è uno dei miti più radicati della storia della Rivoluzione sociale spagnola. In realtà, la «spontaneità» della risposta operaia e popolare al golpe militare fu catalizzata e coordinata dai Comitati di Difesa della Cnt, che già da due anni li stava organizzando. I Comitati di Difesa furono i nuclei dell’esercito di miliziani che sostenne il Fronte d’Aragona; essi costituirono inoltre la base dei numerosi comitati rivoluzionari di quartiere, che avrebbero provveduto alla vita quotidiana di Barcellona (cibo, casa, sanità, istruzione…), fino alla restaurazione del potere borghese della Generalitad, imposto grazie alla connivenza dei comitati superiori della Cnt e della Fai. Neppure l’insurrezione «spontanea» del maggio 1937 per fermare la controrivoluzione, fomentata dallo stalinismo, può avere una spiegazione senza la presenza dei Comitati di Difesa nei quartieri di Barcellona.

Il libro di Guillamón analizza ed evidenzia l’esistenza di differenti modi di intendere (e di vivere) la Cnt e l’essenza stessa della Rivoluzione libertaria in seno al movimento anarcosindacalista di quell’epoca. Queste differenze, già presenti nel periodo repubblicano, durante la Guerra Civile produssero numerosi scontri fra i coerenti difensori della rivoluzione nell’ambito dei comitati di base e coloro che, invece, concepivano la Cnt-Fai come un partito in più nel campo dell’antifascismo, ripetendo la solita litania che «il momento era grave ed eccezionale». Una giustificazione che, recitata come un mantra, è divenuta un articolo di fede, facendo dimenticare che MAI l’antifascismo ha vinto il fascismo. Anzi, è SEMPRE avvenuto il contrario.

Pur nei drammatici frangenti della guerra e dei contrasti politici che l’inasprirono, Guillamón riesce a mostrare la forma e la sostanza che la società libertaria avrebbe potuto assumere in una Barcellona proletaria, solida e organizzata attraverso i comitati di quartiere, protetti dai Comitati di Difesa.

Agustin COPERTINA

AGUSTÍN GUILLAMÓN dal 1993 pubblica in Spagna «Balance», rivista di storia del movimento operaio internazionale e della guerra di Spagna. Libri:

La révolution des comités

5 janvier 2013

Repris de Philippe Bourrinet avec son autorisation, qui nous signale que la traduction est du forum Controverses, Bruxelles.

La revolución de los comités, de Agustín Guillamón, publiée par Aldarull/El Grillo Libertario (2012), est un ouvrage indispensable sur la guerre civile en Catalogne. Dans une nouvelle rédaction historique, les protagonistes eux-mêmes expliquent, à la première personne du présent, les événements tels qu’ils ont été vécus dans la Barcelone révolutionnaire au cours du second semestre de 1936.

revComites

Les révolutions sociales, ces tentatives de réorganisation de la production et de la société sur de nouvelles bases, sont extrêmement rares dans l’histoire. Au XXe siècle ont surgi : la Révolution russe, dont l’âme fut les soviets, la Révolution allemande, caractérisée par les Räte (conseils) et la Révolution espagnole, s’identifiant aux comités. Les soviets, les Räte et les Comités furent les organes potentiels de pouvoir de la classe ouvrière dans chacune de ces révolutions. L’étude de ces organes de pouvoir permet une connaissance profonde des dynamiques sociales, des problèmes et des faiblesses de chacune de ces révolutions. Au-delà des circonstances politiques, sociales et économiques dans lesquelles elles ont surgi, ils nous apportent toujours une expérience irremplaçable, tant dans ses succès que, surtout, dans ses échecs. Pour les révolutionnaires, le grand enseignement de la révolution des comités, en 1936, a été l’inéluctable nécessité de la destruction de l’État.

Chronologiquement, cet ouvrage traite la période courant de juillet à décembre 1936 : c’est la période cruciale de la révolution des Comités. Les Comités de quartier exerçaient tout le pouvoir dans les rues de Barcelone, s’affrontant, à l’occasion, d’abord au Comité central des milices antifascistes et, à partir du 26 septembre, aux Comités supérieurs cénétistes , intégrés au gouvernement de la Généralité (Generalidad). Cet ouvrage étudie, l’origine de l’organisme révolutionnaire connu sous le nom de Comite Central de Abastos (Comité central du ravitaillement), et son intégration ultérieure dans la Consejería de Abastos de la Generalidad (Ministère du ravitaillement de la Generalidad), qui se fit presque sans problèmes grâce à la présence de la même personne : Josep Juan Doménech. Émerge de façon impétueuse la figure de l’économiste Joan Pau Fábregas, Conseiller à l’Économie et signataire du Décret des collectivisations. Ses propositions économiques originales, parmi lesquelles on remarque le monopole du commerce extérieur comme solution d’urgence à la pénurie de vivres, se trouvèrent confrontés au rejet ou au silence des autres conseillers jusqu’à ce que se produise son expulsion définitive du gouvernement de la Generalidad, conjointement à celle de Nin, le 17 décembre 1936, fait à peine mentionné par l’historiographie académique.

Le prix des vivres avait commencé à monter de façon incontrôlée, à cause de la spéculation, en confrontant les travailleurs à des situations dramatiques, dont la menace de famine était l’aspect visible.

La faim fut utilisée aussi bien par le gouvernement de la Generalidad que par les staliniens comme une arme puissante de contre-révolution pour mettre à genoux les révolutionnaires. De façon répétée, le gouvernement a refusé les fonds nécessaires à la constitution de réserves adéquates d’aliments. LA GENERALIDAD ET LES STALINIENS ONT VOULU FAIRE PLIER LA RÉVOLUTION PAR LA FAIM.

Un autre protagoniste de ce type est la violence politique révolutionnaire des premiers mois, qui se heurte à des tentatives précoces de peu à peu l’institutionnaliser et la domestiquer. L’ordre public ne peut se comprendre que comme une violence institutionnelle. L’État défend toujours les institutions de la société bourgeoise et détient le monopole de la violence, qu’il exerce au moyen desdites Forces de l’ordre public qui imposent de façon autoritaire la « normalité » de la société capitaliste par la répression et la terreur exercée contre la classe ouvrière. La violence révolutionnaire qui brise ce monopole étatique est invariablement présentée comme un phénomène exceptionnel, chaotique, arbitraire et anormal, c’est-à-dire comme une altération de la loi et de l’ordre bourgeois et donc comme une délinquance. Et ses meneurs sont des « criminels ».

La restauration de l’Ordre public bourgeois, à partir d’octobre 1936, s’opposa et s’affronta à cette violence révolutionnaire.

Le soulèvement militaire de juillet 1936 a ouvert la voie à l’exercice de la violence comme solution aux conflits sociaux et politiques. Dans une guerre, les conflits se résolvent par la mise à mort de l’ennemi.

La situation exceptionnelle de la conjonction d’une crise institutionnelle et d’une révolution sociale, provoquée par le soulèvement militaire et la guerre civile, furent le terrain fertile sur lequel proliférèrent les révolutionnaires – diffamés comme « incontrôlés » – qui prirent alors la justice en main. Dans une situation de faillite de toutes les institutions et de vide du pouvoir, les Comités révolutionnaires et aussi quelques Comités d’investigation spécialisés s’attribuèrent le droit de juger et d’exécuter l’ennemi fasciste, ou aussi quiconque était suspecté de l’être simplement par le fait d’être curé, propriétaire, de droite, riche ou membre de la Cinquième colonne. Et les armes qu’ils empoignèrent leur donnèrent le pouvoir et le « devoir » d’exterminer l’ennemi. Parce que c’était l’heure de mettre à mort le fascisme, sans autre alternative que de mourir ou de tuer. Pourquoi personne ne serait accusé de tuer l’ennemi embusqué à l’arrière ? si ce n’est que dans une guerre, on tue l’ennemi parce qu’il est l’ENNEMI : il n’y avait pas d’autre loi, ni d’autre règle morale, ni une quelconque forme de haute philosophie.

Aujourd’hui, dans la presse, des chiens de garde au service de leurs maîtres, apparentés à certains cercles bourgeois et franquistes, étalant une morgue aristocratique, continuent d’aboyer de peur devant la «brute anarchiste», diabolisée en vampire assoiffé de sang. A de nombreuses années de distance, des savants académiques (en majorité héritiers du stalinisme) élaborent des explications et théories compliquées visant à accuser les seuls anarchistes; mais tous les documents historiques sur cette question de la violence nous indiquent que le milicien (cénétiste, républicain, poumiste ou stalinien) qui partait « faire un tour » (dar un paseo) avec un curé, un patron ou un fasciste appliquait une règle très simple : dans une guerre, tu tues l’ennemi ou il te tue. Depuis Federica Montseny, Ministre de santé, jusqu’à Pascual Fresquet, Chef de la Brigade de la mort; depuis Vidiella, Conseiller à la justice pour le PSUC, jusqu’à África de las Heras, leader d’un cercle du PSUC stalinien; depuis Joan Pau Fábregas, Conseiller cénétiste à l’économie, jusqu’au milicien ou au patrouilleur le plus modeste, tous, absolument tous, tenaient ce même raisonnement.

Le phénomène de la violence révolutionnaire des miliciens, dans l’arrière-garde aragonaise ou catalane, doit être étudié dans le contexte de la lutte pour le pouvoir local : formation du comité révolutionnaire, châtiment et liquidation (« nettoyage ») des prêtres et de fascistes, expropriation des terres, du bétail et des propriétés des gens de droite (dans leur majorité assassinés ou en fuite) et de l’Église. Ce qui renforça économiquement la Collectivité du peuple. Dans ce processus, les conflits sociaux antérieurs ont joué un rôle majeur, nourrissant un bouillon de culture de vengeances et de règlement de comptes dans chaque village, ce qui explique la plus ou moins grande virulence du « nettoyage ».

Violence et révolution sont inséparables. Violence et pouvoir aussi. Dans les époques de révolution, la violence, qu’elle soit destructive (de l’ordre ancien) ou constructive (d’un nouvel ordre), ne peut pas être maîtrisée, et trouve toujours des exécutants, anonymes ou pas. Il en a été et il en aura été ainsi depuis la Révolution française jusqu’à la révolution de demain. Mais quand cette violence incontrôlée, liée à la situation révolutionnaire de juillet et à un pouvoir atomisé, commença à être régulée à partir d’octobre 1936 (depuis sa nouvelle nature de violence légitime et/ou légale exercée par le « nouvel » ordre public) par les nouvelles autorités antifascistes, elle cessa d’être une violence révolutionnaire, collective, populaire, justicière, festive et spontanée, parce qu’elle se transformait déjà en un phénomène cruel, extérieur et incompréhensible à un nouvel ordre contre-révolutionnaire, bourgeois et républicain, centralisé et monopolisateur qui s’instaura, précisément, par le contrôle et l’éradication de la situation révolutionnaire antérieure.

En octobre 1936, le retour à un « nouvel » ordre public, par agrément mutuel entre le Gouvernement de la Generalidad et les Comités supérieurs libertaires, supposait que l’on considère comme « anormale » et transitoire la violence révolutionnaire de l’été. En tout cas, on ne reconnaissait déjà plus ce qui s’était passé en juillet : il fallait tourner la page. Seule importait l’unité antifasciste pour gagner la guerre.

Certains n’ont pas suivi et ne s’habituèrent jamais à cette mutation : d’une situation de justice révolutionnaire spontanée et individuelle, qui dura quelques semaines, à une restauration lente du monopole de la violence par les institutions étatiques, qui marqua la transition vers une justice républicaine. Et ils souffrirent d’une sorte de « décalage » temporaire, tel Fresquet.

D’autres, au contraire, ont agi, sont intervenus et ont vécu ces changements en première ligne, marquant les moments et les avancées de cette transformation, comme Aurelio Fernández, organisateur des Patrouilles de Contrôle (Patrullas de Control) ; par la suite, secrétaire de la Junta de Seguridad (Junte de Sécurité), depuis laquelle il tenta de faire accepter le nouvel ordre par les patrouilleurs, non sans se poser, à quelques moments, la nécessité de rompre l’unité antifasciste ; conseiller de la Generalidad en avril et, paradoxalement, prisonnier antifasciste depuis août 1937; accusé d’abord de l’attentat contre Josep Andreu i Abelló puis, ensuite, d’être impliqué dans l’affaire des Frères maristes.

Dans de très rares cas, celui de Ruano, il s’agissait d’un délinquant que les syndicats ont condamné à mort et finalement exécuté.

Mais déjà, immédiatement après la défaite des révolutionnaires en mai 1937, l’infamie bourgeoise et stalinienne étendit le processus de criminalisation à tout le mouvement anarchiste, multipliant le nombre des réprimés à l’infini, exprimant ainsi une peur infinie des révolutionnaires, mais dédouanant curieusement les républicains, poumistes et staliniens de toute implication dans le phénomène répressif de l’été 1936. Soler Arumí et la Tcheka de l’ERC; África de las Heras et sa garde stalinienne, organisatrice (selon Miravitlles) d’orgies de sang et de sexe, le terrible José Gallardo Escudero, Salvador González, et tant d’autres du PSUC, ont été rayés de la liste des agents de la répression pour n’accuser que les seuls anarchistes, et surtout, dans le but de faire oublier le contexte historique, celui d’un peuple attaqué sauvagement par sa propre armée, de transformer les attaqués en assassins pour l’unique raison qu’ils se défendaient face à l’agression des attaquants. Le monde à l’envers, cent mille fois répété par l’omniprésente propagande bourgeoise, franquiste, cléricale et stalinienne.

Un exemple : celui des tribunaux franquistes fusillant pendant douze ans les éléments loyaux au régime républicain pour crime de rébellion militaire. D’autres exemples : la fade historiographie staliniennne, intangible dans son ignominie, les articles pleins de rancune, d’ignorance et de haine de Massot dans La Vanguardia ; la « production » éditoriale nauséabonde, fallacieuse et forcenée de Mir et Cie contre les libertaires, contre Tarradellas , financée par des lobbies bourgeois, nobiliaires et franquistes.

Ce travail d’historien, au fil des pages, a pour seule ambition de faire entendre la voix des acteurs de l’histoire, de redonner la parole à ceux qui ont vécu et enduré des événements, aujourd’hui historiques; mais dans le devenir de l’instant, celui d’un présent plein de problèmes, de misère, de luttes et d’espoirs.

Le livre présente l’intérêt et a l’audace de situer dans leur contexte historique – en essayant de les comprendre du point de vue du prolétariat révolutionnaire –, deux des épisodes les plus horribles – mais manipulés et mystifiés – de la répression révolutionnaire anarchiste : l’action de la Brigade de la mort de Fresquet et l’assassinat des 42 frères maristes par Aurelio Fernández et Antonio Ordaz, en y apportant une documentation inédite.

A chaque moment, à chaque ligne, on fait en sorte que le lecteur puisse se faire sa propre opinion sur les événements, les discours, les débats en cours, les positions des différents protagonistes. Mais les seuls documents ne parlent jamais par eux-mêmes, ils doivent être interprétés, contextualisés et expliqués. Et le travail de l’historien, s’il est honnête – en plus de les repérer et de les sélectionner, selon son aptitude – n’est rien d’autre que de les rendre compréhensibles ou de les situer chronologiquement et idéologiquement. Pour ce faire on a recours aux notes de bas de page mais, en plus, quand le narrateur doit intervenir pour compléter l’information du document, ou pour donner sa propre interprétation (inévitable et nécessaire) des faits, on utilise les italiques, parce que cela ajoute au document, ou parce que cette interprétation de l’auteur peut être discutable, ou encore pourrait ne pas être partagée par le lecteur. Rien à voir avec la méthode stalinienne et/ou bourgeoise.

Ainsi, donc, les italiques sont toujours utilisées pour indiquer que l’auteur donne sa propre interprétation des faits, afin d’aider à les comprendre; mais avec le vif désir de ne pas tromper le lecteur, en lui laissant accroire qu’il s’agirait de la seule interprétation possible. L’objectif, qu’il soit atteint ou non, est le respect absolu porté au jugement du lecteur qui, à tout moment, doit être libre et capable de maintenir sa propre opinion sur les faits ainsi présentés. Mais que personne ne s’y trompe : la lecture des textes sélectionnés et le « climat » créé par les documents les plus divers, depuis des lettres et articles jusqu’aux statistiques, ou les discours dans les meetings et les interventions orales, dans les réunions des comités ou du conseil de la Generalidad, modifieront sans doute quelques-uns des a-priori que le lecteur pouvait avoir sur la révolution, l’anarchisme, les comités, la CNT, le PSUC, la FAI et la violence politique. Devrait aussi changer l’opinion du lecteur sur les principes (ce que l’on pense ou ce que l’on croit), la tactique (ce qui se fait) et la stratégie (comment aboutir à ce que l’on veut) dont il pouvait présupposer qu’ils animaient des personnalités historiquement remarquables, de Companys et Tarradellas à García Oliver, Santillán ou Federica Montseny. Et, au cours de la lecture, surgiront de nouveaux problèmes – ou apparaitront avec un relief correspondant à leur importance des personnalités pratiquement inconnues ou très secondaires : la guerre du pain, Joan Pau Fábregas, Josep Juan Doménech, le monopole du commerce extérieur, Manuel Escorza, Dionisio Eroles, José Asens, Valerio Mas, les comités révolutionnaires de quartier, les coopératives, la dualité des pouvoirs entre les cénétistes et les staliniens pour le contrôle de l’ordre public, etc.

La majeure partie de la documentation utilisée est inédite, ou très peu connue, elle provient d’archives du monde entier, depuis l’Université de Stanford en Californie jusqu’à la Tamiment Library de New York, depuis le Centre russe de Préservation de l’Histoire Contemporaine de Moscou jusqu’à la Bibliothèque Anarchiste d’Etudes Libertaires de Buenos Aires, en passant par la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine de Nanterre, même si les archives fondamentales et de la plus grande richesse viennent de l’Institut d’Histoire Sociale d’Amsterdam, du Centre de Documentation de la Mémoire Historique de Salamanque, de l’Archive Tarradellas du monastère de Poblet et de l’Ateneu Enciclopèdic Popular de Barcelone.

Parmi les documents inédits ou méconnus, publiés dans ce livre, se détachent, la Soli du lundi 20 juillet 1936; le discours radiophonique de Durruti au début de novembre; les débats des comités libertaires sur les nombreuses désertions des colonnes confédérales; les réprimandes à Ortiz, Fresquet, Ruano et d’autres dirigeants des colonnes; la démoralisation des miliciens de la colonne Durruti, convaincus de l’assassinat de leur leader par les staliniens; l’approbation et la justification de l’élimination d’une quarantaine de frères maristes par les comités supérieurs, car considérés comme des ennemis cachés de l’intérieur ; les attaques constantes contre Joan Pau Fábregas, l’économiste cénétiste qui promulgua le Décret des collectivisations, jusqu’à obtenir son exclusion du gouvernement de la Generalidad ; le bilan de Doménech sur le travail cénétiste mené aux comités de ravitaillement (comites de abastos) de juillet à décembre 1936; l’existence d’un très fort réseau de distribution d’aliments, géré par les comités de quartier (et les coopératives), etc.

Sont repris tous les procès-verbaux des réunions des hauts comités anarchistes, des séances du Comité central de milices antifascistes, du Conseil de la Generalidad, de la Junte de Sécurité intérieure et du Conseil municipal de Barcelone ; complétés par les articles plus significatifs de la presse de l’époque, de Solidaridad Obrera à La Vanguardia, du Boletín de Información de la CNT-FAI à Treball ou au Diario Oficial de la Generalidad. D’autres documents proviennent des réunions de la Comisión de Industrias de Guerra, du Sindicato de Alimentación de la CNT ou du Comité Económico de la Industria del Pan.

Le livre reprend et donne un choix élaboré de quelques extraits documentaires significatifs, qui s’expliquent parfois ou se contredisent les uns les autres, mais qui sont indispensables pour comprendre ce qui se passait et la nature des problèmes qui accablaient et occupaient ces hommes et ces femmes, qu’ils soient dirigeants ou humbles gens du peuple, et font que le lecteur saisit intensément l’époque, sent le climat que l’on vivait à chaque instant, assiste aux débats qui se développaient dans les réunions des hauts comités ou au Conseil de la Generalidad, parvient à partager les angoisses et les peurs de la vie quotidienne et peut visualiser dans le moment actuel toute connaissance profonde de ces événements aujourd’hui historiques.

Il y a deux grandes leçons à tirer de la révolution de 1936

1. – La question, en juillet 1936, n’était pas tant de prendre le pouvoir (par une minorité de dirigeants) mais celle de détruire l’État, à travers la coordination, l’extension et l’approfondissement des tâches appropriées par les comités. Les comités révolutionnaires de quartier (et certains des comités locaux) ne faisaient pas ou ne cessaient pas de faire la révolution, ils étaient la révolution sociale.

2. – La destruction de l’État était un processus très concret, dans lequel les comités exerçaient des fonctions arrachées aux institutions officielles, parce que l’État était incapable de les assumer

Ce livre renforce les volontés, ouvre des perspectives, découvre des horizons et nous arme d’un programme s’enracinant dans les combats de nos grands-parents. La révolution sociale, collective, populaire, internationale et anonyme de demain, sans guide ni dirigeants, commencera par la destruction de l’État. Et elle s’avance, déjà, maintenant, dans cette réalité pourrie, avec la lutte pour la création d’une société parallèle, à la marge des valeurs capitalistes caduques, avec l’objectif clair et précis d’abolir tous les États, toutes les frontières, toutes les polices et les armées, le travail salarié, la plus-value et l’exploitation de l’homme sur toute la planète, en abaissant tous les drapeaux, en réduisant au silence les fanfares de tous les hymnes nationaux, en faisant front à la menace nucléaire et à la destruction de la planète par le capitalisme, en imposant la démocratie directe des assemblées et de l’auto-organisation du prolétariat, qui continue d’exister malgré tous ses fossoyeurs, qu’ils se situent à la droite ou à la gauche du capital.

GUILLAMÓN, Agustín : La revolución de los comités. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De julio a diciembre de 1936 [La révolution des comités. Faim et violence dans la Barcelone révolutionnaire. De juillet à décembre 1936]. Aldarull y El grillo libertario, Barcelona, 2012.

Autres ouvrages de l’auteur :

  • Barricadas en Barcelona, Espartaco Internacional, 2007 [Barricades à Barcelone 1936-1937, Paris, Spartacus, 2009.]
  • Los comités de defensa de la CNT en Barcelona (1933-1938). Aldarull, 2011. (En préparation, 3e édition, avec modifications et ajouts)

Librairies où l’on peut trouver ces ouvrages ainsi que Balance. Cuadernos de historia:

  • Aldarull. Torrent de l’Olla, 72 (Gracia), Barcelona.
  • Anónims. Ricomá 57, Granollers.
  • La Ciutat Invisible. Riego 35 (Sants), Barcelona. (Tél. (0034) 932 989 947)
  • El grillo libertario. c/. Florida, 40. Cornellá.
  • La Malatesta, calle Jesús y María, 24. Madrid
  • La Rosa de Foc. Joaquín Costa, 34. Barcelona. (Tél. (0034) 933.188.834)

La revolución de los comités

13 décembre 2012

La revolución de los comités, de Agustín Guillamón, publicada por Aldarull/El Grillo Libertario (2012), es una obra imprescindible sobre la Guerra civil en Cataluña. Desde una novedosa redacción histórica, los propios protagonistas explican, en primera persona del presente, los acontecimientos vividos en la Barcelona revolucionaria durante el segundo semestre de 1936.

revComites

Las revoluciones sociales, esas tentativas de reorganización de la producción y de la sociedad sobre nuevas bases, son extremadamente raras en la historia. En el siglo XX estallaron la revolución rusa, protagonizada por los soviets, la revolución alemana, caracterizada por los räters (consejos) y la revolución española, identificada con los comités. Soviets, räters y comités fueron los potenciales órganos de poder de la clase obrera en cada una de esas revoluciones. El estudio de esos órganos de poder permite un conocimiento profundo de las dinámicas sociales, problemas y debilidades de cada una de esas revoluciones. Más allá de las circunstancias políticas, sociales y económicas en que surgieron, nos aportan siempre una experiencia insustituible, tanto en sus éxitos como, sobre todo, en sus fracasos. Para los revolucionarios, la gran enseñanza de la revolución de los comités, en 1936, fue la necesidad ineludible de la destrucción del Estado.

El período cronológico tratado en este libro transcurre desde julio hasta diciembre de 1936, es decir, abarca el período álgido de la revolución de los comités. Los comités de barrio ejercieron todo el poder en las calles de Barcelona, enfrentándose, en ocasiones, primero al Comité Central de Milicias Antifascistas, y a partir del 26 de septiembre, a los comités superiores cenetistas, integrados en el gobierno de la Generalidad. Se estudia el origen del organismo revolucionario conocido como Comité Central de Abastos, y su posterior integración en la Consejería de Abastos de la Generalidad, realizada sin apenas problemas gracias a la presidencia de la misma persona: Josep Juan Doménech. Surge impetuosa la figura del economista Joan Pau Fábregas, Consejero de Economía y firmante del Decreto de Colectivizaciones. Sus originales propuestas económicas, entre las que destacaba la monopolización del comercio exterior, como solución de emergencia a la carestía de subsistencias, sólo encontró el rechazo y vacío del resto de consejeros hasta que se produjo su definitiva exclusión, junto a Nin, del gobierno de la Generalidad del 17 de diciembre de 1936, apenas comentada por la historiografía académica. Los precios de las subsistencias empezaron a subir descontroladamente, a causa de la especulación, situando a los trabajadores ante situaciones límites, en las que despuntaban el hambre.

El hambre fue utilizada por el gobierno de la Generalidad y por los estalinistas como una poderosa arma de la contrarrevolución para derrotar a los revolucionarios. El gobierno denegó reiteradamente divisas para constituir una adecuada reserva de alimentos. GENERALIDAD Y ESTALINISTAS QUISIERON DOBLEGAR LA REVOLUCIÓN POR EL HAMBRE,

Otro protagonista de este tomo es la violencia política revolucionaria de los primeros meses, y su colisión con los primeros intentos de su paulatina institucionalización y domesticación. No puede entenderse el orden público sino como violencia institucional. El Estado defiende siempre las instituciones de la sociedad burguesa y posee el monopolio de la violencia, que ejerce mediante las llamadas fuerzas de Orden Público, que aparece como la “normalidad” de la sociedad capitalista. La violencia revolucionaria que rompe ese monopolio es presentada invariablemente como un fenómeno excepcional, caótico, arbitrario y anormal, esto es, como alteración de la ley y el orden burgueses, y por lo tanto como delincuencia. Y sus líderes como criminales. La restauración del Orden Público burgués, a partir de octubre de 1936, se opuso y se enfrentó a la violencia revolucionaria.

El levantamiento militar de julio de 1936 abrió la vía violenta como solución a los conflictos sociales y políticos. En una guerra los conflictos se resuelven matando al enemigo.

La situación excepcional de crisis institucional y revolución social, provocada por el alzamiento militar y la guerra civil, fueron el fértil terreno en el que proliferaron los revolucionarios, difamados como “incontrolados”, que se tomaron la justicia por su mano. En una situación de quiebra de todas las instituciones y de vacío de poder, los comités revolucionarios, y también algunos especializados comités de investigación, se atribuyeron las facultades de juzgar y ejecutar al enemigo fascista, o incluso al sospechoso de serlo, sólo por ser cura, propietario, derechista, rico o quintacolumnista. Y las armas que empuñaban les dieron el poder y el “deber” de exterminar a ese enemigo. Porque era la hora de dar muerte al fascismo, sin más alternativa que la de morir o matar, porque se estaba en guerra a muerte con los fascistas. Si nadie, nunca, acusa a un soldado de matar al enemigo, ¿por qué iba a ser acusado nadie de matar al enemigo, emboscado en la retaguardia? En una guerra al enemigo se le mata por serlo: no había otra ley, ni otra regla moral, ni más filosofías.

Hoy, perros de presa al servicio de su amo, socio de determinados círculos burgueses y franquistas, con ínfulas aristocráticas, continúan ladrando su miedo al “bruto anarquista”, que demonizan como a un vampiro sediento de sangre. A muchos años de distancia, doctos académicos (en su mayoría herederos del estalinismo) elaboran complicadas elucidaciones y teorías para culpabilizar exclusivamente a los anarquistas; pero todos los documentos históricos sobre el tema nos indican que el miliciano (cenetista, republicano, poumista o estalinista) que se iba de “paseo” con un cura, un patrono o un fascista, aplicaba una regla muy sencilla: en una guerra, al enemigo se le mata, o te mata. Desde Federica Montseny, Ministra de Sanidad, hasta Pascual Fresquet, Jefe de la Brigada de la Muerte; desde Vidiella, Conseller de Justicia por el PSUC, hasta África de las Heras, líder de un rondín del PSUC; desde Joan Pau Fábregas, Conseller cenetista de Economía, hasta el miliciano o patrullero más modesto, todos, absolutamente todos, argumentaban ese mismo razonamiento.

El fenómeno de la violencia revolucionaria de los milicianos, en la retaguardia aragonesa y catalana, debe estudiarse en el contexto de la lucha por el poder local: formación del comité revolucionario, castigo y limpieza de curas y fascistas, expropiación de las tierras, ganado y propiedades de los derechistas (en su mayoría asesinados o huidos) y de la Iglesia, que consolidaban económicamente la Colectividad del pueblo. En este proceso jugaba un gran papel los conflictos sociales anteriores, caldo de cultivo de venganzas y ajustes de cuentas en cada pueblo, que explican la mayor o menor virulencia de la “limpieza”.

Violencia y revolución eran inseparables. Violencia y poder eran lo mismo. En épocas de revolución la violencia, mientras sea tan destructiva (del viejo orden) como constructiva (del nuevo orden), no puede dominarse, y encuentra siempre a sus ejecutores, anónimos o no. Así ha sido y será desde la Revolución Francesa a la revolución de mañana. Pero cuando esa violencia incontrolada, ligada a la situación revolucionaria de julio, y a un poder atomizado, empezó a ser regulada hacia octubre (desde su nueva naturaleza de violencia legítima y/o legal del “nuevo” orden público) por las nuevas autoridades antifascistas, dejó de ser una violencia revolucionaria, colectiva, popular, justiciera, festiva y espontánea, porque se transformaba ya en un fenómeno cruel, ajeno e incomprensible al nuevo orden contrarrevolucionario, burgués y republicano, centralizado y monopolista, que se instauraba precisamente sobre el control y extirpación de la anterior situación revolucionaria.

En octubre de 1936, el retorno al “nuevo” orden público, pactado entre el Gobierno de la Generalidad y los comités superiores libertarios, supuso que se considerase “anormal” y transitoria la violencia revolucionaria del verano. En todo caso, ya no se reconocía lo sucedido en julio: había que pasar página. Sólo importaba la unidad antifascista para ganar la guerra.

Algunos perdieron el paso, y no se habituaron nunca al cambio entre una situación de justicia revolucionaria espontánea y atomizada, que duró algunas semanas, y la paulatina restauración del monopolio de la violencia por las instituciones estatales, que marcó el tránsito a una justicia republicana. Y sufrieron una especie de desajuste temporal, como Fresquet. Otros, por el contrario, impulsaron, protagonizaron y vivieron esos cambios desde primera fila, marcando los tiempos y los pasos de esa transformación, como Aurelio Fernández: organizador de las Patrullas de Control; secretario de la Junta de Seguridad, desde donde intentó la aceptación del nuevo orden por los patrulleros, no sin plantearse en algún momento la necesidad de romper la unidad antifascista; consejero de la Generalidad en abril; y paradójicamente preso antifascista desde agosto de 1937; acusado primero del atentado contra Josep Andreu Abelló, y luego por el caso de los maristas. En muy pocas ocasiones, alguno, como Ruano, era un delincuente, sin más, al que los sindicatos condenaron a muerte y finalmente ajusticiaron. Pero ya inmediatamente después de la derrota de los revolucionarios en mayo de 1937, la infamia burguesa y estalinista extendió la criminalización a todo el movimiento anarquista, inflando el número de represaliados hasta el infinito, como infinito era su miedo a los revolucionarios, y excluyendo curiosamente del fenómeno represivo del verano del 36 a republicanos, poumistas y estalinistas. Soler Arumí y la checa de ERC; África de las Heras y su estalinista rondín, organizadora (según Miravitlles) de orgías de sangre y sexo, el terrible José Gallardo Escudero, Salvador González, y tantos otros del PSUC, habían sido borrados de la lista de los represores… para culpabilizar sólo y exclusivamente a los anarquistas, y sobre todo, olvidando el contexto histórico de un pueblo atacado salvajemente por su propio ejército, que convertía a los atacados en asesinos, por la única razón de defenderse ante la agresión. El mundo al revés, cien mil veces repetido por la propaganda burguesa, franquista y estalinista. Un ejemplo: tribunales franquistas fusilando durante doce años a los leales al régimen republicano por el delito de rebelión militar. Otro ejemplo: la historiografía estalinista y la vomitiva producción editorial financiada por círculos burgueses, ecuestres y franquistas.

La labor de historiador, en esta obra, no pretende ser otra que la de dar la voz a los protagonistas de la historia, ceder la palabra a quienes vivieron y sufrieron los acontecimientos, hoy históricos; pero en su momento devenir de un presente cargado de problemas, miserias, luchas y esperanza.

El libro tiene el valor y la osadía de situar en su contexto histórico y de intentar comprender, desde el punto de vista del proletariado revolucionario, dos de los episodios más truculentos, manipulados y mitificados de la represión revolucionaria anarquista: la Brigada de la Muerte de Fresquet y el asesinato de 42 maristas por Aurelio Fernández y Antonio Ordaz, aportando documentación inédita.

En todo momento, en cada línea, se pretende que el lector pueda hacerse una opinión propia de los acontecimientos, de los discursos, de los debates en curso, de las posiciones de los distintos protagonistas. Pero los documentos no hablan nunca por sí solos; han de ser interpretados, contextualizados y explicados. Y la labor del historiador, si es honesto, además de encontrarlos y seleccionarlos, según su idoneidad, no es otra que la de hacerlos comprensibles, o situarlos cronológica e ideológicamente. Para hacerlo se recurre a las notas a pie de página, pero además, cuando el narrador ha de intervenir para completar la información del documento, o dar su propia interpretación (inevitable y necesaria) de los hechos, se utilizan las cursivas, porque ese añadido al documento, o esa interpretación del autor, puede ser discutible, o no tiene por qué ser compartida por el lector. Nada que ver con el método estalinista o/y burgués.

Así, pues, las cursivas se utilizan siempre para indicar que el autor está dando su propia interpretación de los hechos, con el ánimo de ayudarle a comprenderlos; pero con el vivo deseo de no confundir al lector, haciéndole creer que se trata de la única interpretación posible. El objetivo, conseguido o no, es el respeto absoluto al criterio del lector, que en todo momento debe ser libre y capaz de mantener su propia opinión sobre los hechos así presentados. Pero que nadie se equivoque: la lectura de los textos seleccionados, y el “clima” creado por los más diversos documentos, desde cartas y artículos hasta las estadísticas, o los discursos en los mítines y las intervenciones orales, en las reuniones de comités o del consejo de la Generalidad, cambiará sin duda alguna los conceptos previos que el lector pudiera tener sobre revolución, anarquismo, comités, CNT, PSUC, FAI y violencia política. También mudará su opinión sobre los principios (lo que se piensa o se cree), la táctica (lo que se hace) y la estrategia (cómo conseguir lo que se quiere) que el lector pudiera presuponer que sustentaban personalidades históricamente destacadas, desde Companys y Tarradellas hasta García Oliver, Santillán o Federica Montseny. Y, en el proceso de lectura, surgirán nuevos problemas o aparecerán con un relieve adecuado personalidades prácticamente desconocidas o muy secundarias: la guerra del pan, Joan Pau Fábregas, Josep Juan Doménech, Manuel Escorza, Dionisio Eroles, José Asens, Valerio Mas, los comités revolucionarios de barrio, las cooperativas, el papel de los cenetistas en Orden Público, etcétera.

La mayor parte de la documentación utilizada es inédita, o muy poco conocida, y procede de archivos de todo el mundo, desde la Universidad de Stanford, en California, hasta la Tamiment Library de New York, desde el Centro Ruso de Preservacion de la Historia Contemporánea de Moscú, hasta la Biblioteca Anarquista de Estudios Libertarios de Buenos Aires, pasando por la Bibliothéque de Documentation Internationale Contemporaine de Nanterre; aunque los archivos fundamentales y de mayor riqueza han sido el Instituto de Historia Social de Ámsterdam, el Centro de Documentación de la Memoria Histórica de Salamanca, el Archivo Tarradellas del Monasterio de Poblet, el Pabellón de la República y el Ateneu Enciclopédic Popular de Barcelona.

Entre los documentos inéditos o desconocidos, publicados en este libro, destacan la “Soli” del lunes 20 de julio de 1936; el discurso radiofónico de Durruti a primeros de noviembre; los debates de los comités libertarios sobre las numerosas deserciones de las columnas confederales; las reprimendas a Ortiz, Fresquet, Ruano y otros mandos de las columnas; la desmoralización de los milicianos de la columna Durruti, convencidos del asesinato de su líder por los estalinistas; la aprobación y justificación de la eliminación de una cuarentena de maristas por parte de los comités superiores, considerados como enemigos emboscados en la retaguardia; los constantes ataques a Joan Pau Fábregas, el cenetista economista que promulgó el Decreto de Colectivizaciones, hasta conseguir su salida del gobierno de la Generalidad; el balance de Doménech sobre la labor cenetista en Abastos desde julio hasta diciembre de 1936; la existencia de una fortísima red de distribución de alimentos, gestionada por los comités de barrio (y las cooperativas), y un largo etcétera.

Se recogen todas las actas de las reuniones de los comités superiores libertarios, de las sesiones del Comité Central de Milicias Antifascistas, del Consejo de la Generalidad, de la Junta de Seguridad Interior y del Ayuntamiento de Barcelona; complementados con los artículos más significativos de la prensa del momento, desde Solidaridad Obrera a La Vanguardia, del Boletín de Información de la CNT-FAI a Treball o el Diario Oficial de la Generalidad. Otros documentos provienen de las reuniones de la Comisión de Industrias de Guerra, del Sindicato de Alimentación de la CNT o del Comité Económico de la Industria del Pan.

El libro recoge y expone una cuidada selección de algunos fragmentos documentales significativos, que a veces se explican o contradicen unos a otros, pero que son imprescindibles para entender qué estaba sucediendo y qué problemas agobiaban y ocupaban a aquellos hombres y mujeres, ya fueran dirigentes o gente del pueblo llano, y que contribuyen a que el lector entienda intensamente la época, sienta el clima que se vivía en cada instante, asista a los debates que se producían en las reuniones de los comités superiores, o en el Consejo de la Generalidad, consiga cosechar las angustias y miedos de la vida cotidianay pueda visualizar en tiempo presente un conocimiento profundo de aquellos acontecimientos, hoy históricos.

Dos son las grandes lecciones de la revolución de 1936:

1.- La cuestión, en julio de 1936, no era tanto la de tomar el poder (por una minoría dirigentes) como la de destruir el Estado, mediante la coordinación, extensión y profundización de las tareas apropiadas por los comités. Los comités revolucionarios de barriada (y algunos de los locales) no hacían o dejaban de hacer la revolución, ellos eran la revolución social.

2.- La destrucción del Estado era un proceso muy concreto, en el que los comités ejercían funciones arrebatadas a las instituciones oficiales, porque el Estado era incapaz de asumirlas. Ese proceso de destrucción del Estado y consolidación de los comités era paralelo y simultáneo. El proceso contrarrevolucionario consistió precisamente en reconstruir el Estado burgués al mismo tiempo que se destruían los comités revolucionarios.

Este libro fortalece voluntades, abre perspectivas, otea horizontes y arma con un programa enraizado en los combates de nuestros abuelos. La revolución social, colectiva, multitudinaria, internacional y anónima del mañana, sin guías ni dirigentes, se iniciará con la destrucción del Estado. Y se adelanta, ya, ahora, en esta pútrida realidad, con la lucha por la creación de una sociedad paralela, al margen de los caducos valores capitalistas, con el objetivo claro y preciso de abolir todos los Estados, todas las fronteras, todas las policías y ejércitos, el trabajo asalariado, la plusvalía y la explotación del hombre en todo el planeta, arriando todas las banderas, silenciando la fanfarria de todos los himnos, enfrentándose a la amenaza nuclear y la destrucción del planeta por el capitalismo, imponiendo la democracia directa de las asambleas y de la autoorganización del proletariado, que sigue existiendo, por mucho que pese a todos sus sepultureros, se sitúen a derecha o izquierda del capital.

GUILLAMÓN, Agustín: La revolución de los comités. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De julio a diciembre de 1936. Aldarull y El grillo libertario, Barcelona, 2012.

Otras obras del Autor:

Barricadas en Barcelona, Espartaco Internacional, 2007.

Los comités de defensa de la CNT en Barcelona (1933-1938). Aldarull, 2011. (En preparación la tercera edición, modificada y ampliada)

Librerías donde pueden encontrarse estos libros y los cuadernos de Balance:

Aldarull. Torrent de l´Olla, 72 (Gracia). Barcelona.

Anónims. Ricomá 57 de Granollers.

La Ciutat Invisible. Riego 35 (Sants). Barcelona. (Telef. 932 989 947)

El grillo libertario. c/. Florida 40. Cornellá.

La Malatesta, calle Jesús y María 24 de Madrid

La Rosa de Foc. Joaquín Costa, 34. Barcelona. (Telef. 933.188.834)


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