Une vie sans argent

28 mai 2012 by

Traduction de la présentation de l’éditeur:

A-t-on besoin de l’argent? Les auteurs de Life Without Money soutiennent que non et que nous devrions nous libérer des valeurs et rapports monétaires avant de pouvoir réaliser des rapports démocratiques et authentiques entre nous et une dynamique durable avec la nature. Selon eux, l’argent constitue un aspect-clef des pratiques nuisibles et n’est pas réparable.

Écrit par dix spécialistes/activistes ce livre est un guide au socialisme non marchand contemporain. On y trouve une discussion des idées de ceux qui veulent une société sans argent et de ceux qui essaient de vivre sans argent au sein ou aux marges du système capitaliste.

Déclaration de solidarité des IWW avec la grève étudiante québécoise

23 mai 2012 by

Les membres du Syndicat Industriel des Travailleuses et des Travailleurs (SITT-IWW) de l’ensemble du Canada appuient solidairement toutes les étudiantes et les étudiants ainsi que les travailleuses et les travailleurs du Québec qui s’opposent courageusement à la hausse des frais de scolarité, cette offensive capitaliste contre la classe laborieuse soutenue par le gouvernement à l’âge de l’austérité.

En bloquant les cours et en descendant souvent, et parfois par centaines de milliers, dans les rues, les personnes qui se mobilisent dans la lutte au côté des membres de notre syndicat qui s’y impliquent activement montrent au reste du Canada que l’action directe peut réellement porter fruit.

Le SITT réclame par la même occasion que la police cesse d’attaquer les médias indépendants du Québec, particulièrement Concordia University TV (CUTV). Leur travail de transmission vidéo en direct est essentielle aux changements démocratiques que nous encourageons.

Le SITT réclame aussi que le gouvernement provincial abroge la loi spéciale 78 qui suspend la liberté d’expression, la liberté d’assemblée et le droit de ceux qui luttent de défendre leurs choix par rapport à l’avenir que devrait avoir l’éducation au Québec. Le gouvernement doit entendre et reconnaître les bien fondés des revendications du mouvement et y répondre lors de négociations et non pas de légiférer de manière répressive pour mettre fin au conflit et rétablir la “paix sociale” par la force.

Le Comité Canadien d’Organisation Régionale du SITT (CCOR) encourage les membres et les branches locales à faire des dons à des associations étudiantes, dont l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), et aux médias indépendants, dont CUTV. Le CORR les invite aussi à se joindre autant que possible à ceux et celles qui défendent les lignes de piquetages et qui se mobilisent dans les rues en solidarité avec cette lutte pour le droit à l’éducation et la liberté.

Au bout du compte, les étudiantes et les étudiants conjointement avec les travailleuses et les travailleurs ainsi que les professeures et professeurs sont en train de bâtir un puissant mouvement de solidarité qui marquera le Québec. Cette forte union nous permet d’espérer qu’un jour le système d’éducation puisse être contrôlé par ceux et celles qui y travaillent, y étudient et y enseignent dans le but de favoriser universellement le développement social et humain plutôt que de l’asservir à une sinistre logique de rendement monétaire qui profite aux banques insatiables et aux capitalistes de tout acabit.

Si tu es intéressé(e) par ce que tu lis, contacte-nous. Cela ne t’engage à rien, et sois sur(e) que nous n’en parlons ni à tes collègues, ni à ton patron. Si tu décides de te syndiquer, nous serons là pour t’aider.

Pour rejoindre un(e) délégué(e):

  • Montréal
    514-268-3394
  • Sherbrooke
    819-349-9914
  • Partout au Québec
    iww_quebec@riseup.net
  • Ottawa-Outaouais
    ott-out@iww.org

La lutte des chômeurs d’Arras en 1998-1999

22 mai 2012 by

Un camarade nous a transmis une brochure (*) sur la lutte des chômeurs d’Arras en 1998-99. En décembre 1997 eut lieu un mouvement national d’occupation des Assedic (revendication : prime de Noël). Celle d’Arras est occupée jusqu’au 10 janvier 1998 mais la lutte continue après l’évacuation par la police et Arras devient un des deux « pôles de référence » avec Marseille.

« Dans l’immédiat , après l’ASSEDIC, pour nous la lutte a été d’abord d’empêcher la dispersion de la force produite pendant l’occupation. Tout simplement il fallait un lieu à nous ». Ils obtiennent de la mairie une grande maison rue Méaulens qui devient la « Nouvelle Commune », centre de leur lutte. Les manifestations se multiplient par dizaines (entre 50 et 500 manifestants), un tiers environ des 7000 chômeurs de l’agglomération seront touchés par leurs initiatives. La revendication est claire : augmentation générale des minima sociaux, avec un manifeste-pétition. Une campagne est organisée contre la gestion centralisée des Fonds d’urgence sociale par la préfecture, qui a des barèmes d’attribution opaques et multiplie les refus de dossiers. Cette campagne a un résultat inattendu:le conseil général retire les deux millions de francs qu’il attribuait à ce Fonds au profit de ses aides propres. Des dossiers de demande de compléments sociaux d’urgences, remplis à la Nouvelle Commune, sont déposés auprès du Conseil général, avec des résultats concrets (2500 francs d’aide exceptionnelle par dossier). On lit qu’il fallait « habituer » les chômeurs à manifester pour une augmentation des minima, « mettre sous forme de lutte la demande d’aide ». Les dossiers furent cependant plus nombreux que le nombre de manifestants… N’ayant pas participé nous-mêmes à ces deux années de lutte à Arras, nous ne pouvons que nous en remettre à la brochure, qui compile coupures de presse, articles d’analyses (avec un vrai effort de théorisation), témoignages courts mais émouvants des formulaires, courriers aux responsables institutionnels, photos, etc., sans toutefois éclairer notre lanterne sur la fin dudit mouvement de lutte. On apprend toujours, aussi, d’une lutte sur comment elle s’est terminée. Après ce qui semble être un moment fort de la mobilisation le 23 décembre 1998, la ville étant « entièrement envahie » de forces de l’ordre, le mouvement semble décroître et ses animateurs sont en février-mars 2000 absorbés par un autre conflit : l’occupation des Nouvelles Galeries d’Arras contre leur fermeture. Si les premiers objectifs ont été atteints, celui noté à l’été 1998 d’ «  envisager la relance de la lutte (…) dans le cadre de la construction de parcours unitaires (…) entre chômeurs, précaires et salariés  » avec «  liaison entre minima sociaux et minima salariaux  » a probablement été hors d’atteinte pour un Mouvement de lutte dont on ne nous dit pas grand chose sur le plan organisationnel.

 Il est important que les militants construisent des monographies de leurs luttes et les fassent partager. Ce travail du Mouvement de lutte des chômeurs d’Arras en est un exemple intéressant. Nous proposons de numériser cette brochure après corrections pour la faire davantage connaître si les camarades d’Arras sont d’accord.

S.J.

 

(*) Nouvelle Commune, histoire d’une lutte. Mouvement de Lutte des Chômeurs d’Arras et d’Ailleurs. 74 pages, hors commerce.

Évacuation des ASSEDIC, 10 janvier 1998

1er mai 1998

Manifester contre la “mort sociale”


Rencontre-débat avec la biographe de Jean Malaquais (Toulouse, 23 mai)

18 mai 2012 by

A l’occasion de la sortie du livre Malaquais rebelle de Geneviève Nakach:

Quelques textes de Jean Malaquais:

NPNF N° 38-39 : Des altermondialistes aux Indignés

18 mai 2012 by

Nouveau numéro de la revue Ni patrie ni frontières. 220 pages, 10 euros (frais de port com­pris). Pour toute com­mande écrire à yves­co­le­man@wana­doo.fr

L’alter­mon­dia­lisme com­mence à avoir une longue his­toire et est présent dans de nom­breux pays. Ce numéro tente de dres­ser un bilan pro­vi­soire, par­tiel et par­tial, en évoquant les lignes de force idéo­lo­giques qui font consen­sus au sein du « mou­ve­ment des mou­ve­ments », au-delà des diver­gen­ces mul­ti­ples, pro­fon­des ou super­fi­ciel­les. Nous repu­blions plu­sieurs textes du groupe néerl­andais De Fabel van de ille­gaal, du Cercle social et de L’Oiseau Tempête, qui, il y a dix ans, avaient fort bien perçu les limi­tes et les fai­bles­ses de l’alter­mon­dia­lisme. Leurs cri­ti­ques n’ont, hélas, pas été dém­enties par les faits.

La revue prés­ente ensuite trois points de vue différents sur le mou­ve­ment des Indignés, deux assez sévères et le der­nier plus dans le ques­tion­ne­ment. Nous ne prét­endons pas, bien sûr, épuiser ici l’étude de ce récent pro­duit dérivé de l’alter­mon­dia­lisme.

Les cama­ra­des néerl­andais du groupe Doorbraak nous racontent leur pre­mière cam­pa­gne contre le tra­vail obli­ga­toire aux Pays-Bas, ce labo­ra­toire de toutes les poli­ti­ques anti­so­cia­les en Europe.

Nous abor­dons ensuite la façon dont les milieux d’extrême gauche ont réagi face à la tuerie de Toulouse, en niant sa dimen­sion antisé­mite, comme à leur habi­tude, et en s’ali­gnant sur la ver­sion des médias et du pou­voir selon laquelle Merah aurait été un « fou », un « socio­pa­the », un « psy­cho­pa­the » et/ou un « loup soli­taire ». Ou bien en cher­chant déses­pérément une expli­ca­tion dans une abra­ca­da­brante théorie du com­plot.

Nous publions deux textes des Luftmenschen, l’un sur sur la signi­fi­ca­tion des atten­tats commis par le fas­ciste norvégien Anders Behring Breivik, l’autre sur les raci­nes et les excrois­san­ces du négati­onn­isme. Ces deux arti­cles ten­tent d’expli­quer ce qu’est le néof­asc­isme aujourd’hui et quel­les sont ses influen­ces idéo­lo­giques.

Nous lançons quel­ques pistes sur la ques­tion de l’anti­sio­nisme en sou­li­gnant cer­tains éléments peu connus, en tout cas peu dis­cutés, de son his­toire, qui à notre avis per­met­tent de mieux saisir les limi­tes de l’anti­sio­nisme de gauche actuel.

Enfin, nous publions un arti­cle sur les proxi­mités idéo­lo­giques entre Alain Soral et Hassan Iquioussen, texte qui écl­aire les conver­gences sur­pre­nan­tes entre les extrêmes droi­tes « gau­loise » et « musul­mane » en France.

Sommaire

BILAN PROVISOIRE DE L’ALTERMONDIALISME

  • Altermondialisme… ou alter­ca­pi­ta­lisme ? Introduction 5
  • Les préc­urseurs 10
  • Quelques points de repère sur les ori­gi­nes du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste 16
  • Le rôle d’ATTAC et du Monde diplo­ma­ti­que 18
  • Les axes idéo­lo­giques d’ATTAC et du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste 22
  • « Victoires » des alter­mon­dia­lis­tes ou chan­ge­ments des rap­ports de forces interé­ta­tiques ? 32
  • Vers la nota­bi­li­sa­tion ou vers l’explo­sion ? 34
  • Bibliographie 38

ANNEXES

  • L’expéri­ence de De Fabel van de ille­gaal* 40
  • Charte de prin­ci­pes du Forum Social Mondial (extraits) 49
  • Douze pro­po­si­tions pour un autre monde pos­si­ble (extraits) 52
  • Nicolas Barto : L’alter­mon­dia­lisme d’État* 55
  • Nicolas (Cercle social) : Paradis fis­caux, néo-réf­orm­isme et rôle de l’État dans le nouvel ordre mon­dial*, 66
  • Nicolas (Cercle social) : De la mon­dia­li­sa­tion du capi­ta­lisme à la mon­dia­li­sa­tion : une simple ques­tion de voca­bu­laire ? 73
  • Nicolas (Cercle social) : Idéologie et fonc­tion­ne­ment d’ATTAC*76
  • L’Oiseau-tempête : Altermondialisme, la réf­orme des illu­sions*, 87
  • XYZ : ATTAC, AMD : pour sou­te­nir une SARL, c’est la lutte des places !* 93

AUTOUR DES INDIGNÉS

  • Claude Guillon : Indignés, ding, ding, dong, 107
  • Temps cri­ti­ques : Les indi­gnés : écart ou sur-place ? Désobéissance, Résistance et insu­bor­di­na­tion, 109
  • Lutte Ouvrière : Espagne, le Mouvement du 15 Mai (Les Indignés) 129

RÉSISTANCE AU TRAVAIL OBLIGATOIRE AUX PAYS-BAS

Éric Krebbers (Doorbraak) : La lutte contre le tra­vail obli­ga­toire à Leiden, 137

ANTISÉMITISME, RACISME, HISTOIRE DE L’ANTISIONISME ET NÉGATIONNISME

  • La tuerie de Toulouse à l’école Ozar Hatorah est un acte antisé­mite – n’ergo­tons pas ! 145
  • L’extrême gauche saura-t-elle réfléchir après les meur­tres antisé­mites de Toulouse ? 148
  • Mohamed Merah, Houria Bouteldja et la com­pas­sion à deux vites­ses, 160
  • Initiative com­mu­niste-ouvrière : À propos des tue­ries de Toulouse et Montauban 163
  • Nicolas Dessaux (ICO) : « Musulman d’appa­rence » ? 165
  • Luftmenschen : Aux sour­ces de la cons­pi­ra­tion 167
  • Luftmenschen : À propos des raci­nes et des excrois­san­ces du négati­onn­isme 178
  • À propos de L’antisé­mit­isme par­tout d’Eric Hazan et Alain Badiou ou com­ment dis­si­mu­ler les acquis d’un siècle de débats sur le sio­nisme 187
  • Petite biblio­gra­phie sur différents cou­rants de l’anti­sio­nisme 199

EXTRÊME DROITE « GAULOISE » ET EXTREME DROITE MUSULMANE

Articles du Socialist standard des années 40

18 mai 2012 by

Une vingtaine de nouveaux articles ont été ajoutés aux archives en ligne du Parti socialiste de Grande-Bretagne (S.P.G.B.):

Introduction à Pannekoek (Bricianer, 1969)

16 mai 2012 by

Introduction par Serge Bricianer à son anthologie Pannekoek et les conseils ouvriers. Disponible uniquement au format pdf (images scannées) pour l’instant. Merci à la bibliothèque mobile La Pensée sauvage de l’Assemblée libertaire de Caen qui nous a prêté son exemplaire.

Cliquer sur la couverture pour ouvrir le pdf

Lettre à Erich Müsham (Pannekoek, 1920)

14 mai 2012 by

Publié dans  Die Aktion du 19 mars 1921. Écrit fin 1920. Traduit en français par Serge Bricianer dans Pannekoek et les conseils ouvriers.

Si je vous comprends bien, vous blâmez le [IIe] Congrès de Moscou d’avoir exclu une partie des révolutionnaires [le K.A.P. notamment] et commis, ce faisant, la même erreur, manifesté la même intolérance bornée que les Congrès de la I° (La Haye, 1872) et de la II° Internationales (Londres, 1892). Et vous proposez à tous les groupes ou partis qui se trouvent hors de l’Internationale de Moscou de s’unir en une fédération libre, laissant à chacun de ses membres toute liberté d’agitation et d’action. Je vais exposer maintenant les raisons pour lesquelles j’y suis opposé.

Nous tenons le Congrès pour coupable de s’être montré, non pas intolérant, mais beaucoup trop tolérant. Ce n’est pas notre exclusion que nous reprochons aux dirigeants de la IIIe Internationale : nous les blâmons de rechercher l’adhésion du plus grand nombre possible d’opportunistes. Il ne s’agit pas de nous, dans notre critique, mais de la tactique du communisme; nous ne critiquons pas le fait très secondaire de nous voir écartés de la communauté des communistes, mais bien ce fait capital que la IIIe Internationale suit en Europe occidentale une tactique fausse et néfaste au prolétariat. L’exclusion n’est rien d’autre que la forme désagréable que revêt la séparation nécessaire d’avec ceux qui ne marchent pas, qui veulent pouvoir manifester librement leur opposition et ne consentent pas à s’en aller sur la pointe des pieds. Et pourtant la lutte de tendances est nécessaire, qui permet au prolétariat de trouver sa voie. Il ne servirait de rien que les esprits imbus d’idées révolutionnaires se sautent au cou et se félicitent mutuellement île leur excellence; mais il est nécessaire que le prolétariat, les masses immenses, discernent clairement la voie et le but, cessent d’hésiter et de flotter au gré des événements pour passer résolument à l’action. Et cela ne peut être le fruit d’aspirations purement sentimentales à l’unité, mais d’une théorie de combat claire et cohérente, et qui, au feu de la lutte, sous la pression de la nécessité,finit par s’imposer, par ne faire plus qu’un avec les masses.

La I° Internationale eut donc raison en 1872 d’exclure les anarchistes; c’est pourquoi également, et bien que l’opportunisme montât déjà en ses rangs, la II° Internationale eut raison de réitérer cette exclusion. En effet, la théorie de combat qui, seule, peut conduire le prolétariat à la victoire n’est autre que le marxisme. Seule, la science marxiste, facteur de bouleversement radical des idées, permet d’acquérir une connaissance précise des conditions propres à la révolution prolétarienne. Certes, le marxisme a été défiguré, au cours de ces dernière années, par ceux qui en ont mésusé afin d’exorciser la révolution : en premier lieu, les conservateurs de la tradition marxiste du type U.S.P.D., la Rote Fahne les suivant ensuite dans cette voie. Il faut donc proclamer, sans la moindre ambiguïté, que l’agitation et la tactique du K.A.P.D., qui n’invoque pas Marx à tout bout de champ, se rattachent à un marxisme plus authentique et plus pratique, où la flamme révolutionnaire de Marx est autrement plus présente qu’elle ne l’est chez les porte-parole de l’U.S.P.D. et du K.P.D., qui ont toujours son nom à la bouche.

En raison toutefois de ce mauvais usage, qui amène beaucoup de jeunes révolutionnaires à s’en détourner comme s’il s’agissait réellement d’une théorie de l’évolution mécanique et de la certitude fataliste, l’accent doit être mis inlassablement sur l’importance du marxisme en ce qui concerne la révolution. Ceci ne veut nullement dire que les érudits les mieux avertis de la lettre du marxisme constituent les meilleurs militants — l’expérience a au contraire démontré mille fois que le savoir théorique et l’enthousiasme pour l’action étaient liés à des dispositions d’esprit s’excluant souvent réciproquement, et que nombreux sont ceux qui arrivent à l’action révolutionnaire juste, sans théorie, grâce à une pratique intuitive nous entendons par là que la conception matérialiste-révolutionnaire du monde et de la société, qui fut celle de Marx, doit pénétrer dans les masses pour les rendre lucides et sûre d’elles-mêmes.

Vous voulez créer une fédération de tous les groupes révolutionnaires exclus par Moscou. Nous n’en voulons pas parce qu’une fédération de cette espèce se transformerait d’elle-même en adversaire déclaré de Moscou. Bien que le Congrès ait expulsé notre tendance, nous nous sentons solidaires des bolcheviks russe. Nous leur reprochons de ne pas connaître suffisamment la situation en Europe de l’Ouest, les conditions de lutte dans les pays clés, capitalistes depuis des siècles, ou de ne pas assez en tenir compte, et de s’être alliés aux grands partis opportunistes dans l’espoir d’arriver plus vite ainsi à la révolution mondiale. Et nous leur disons : les opportunistes n’ont rien à faire dans vos rangs, c’est à nous d’y prendre place. Nous leur reprochons de sous-estimer les différences énormes existant entre la Russie et l’Europe de l’Ouest, entre leur parti bolchevik et les partis ouest-européens, et de commettre ainsi l’erreur qui consiste à renforcer la puissance des chefs dont la mise au rancart est une condition première de la révolution en Occident. Toutefois, ce serait faire preuve de doctrinarisme borné que de se laisser aller à la même erreur et d’appliquer aux conditions russes des considérations qui valent pour l’Europe de l’Ouest, de projeter notre analyse du rôle des chefs ici sur ce qu’il est là-bas, le rôle des dirigeants de la révolution russe étant tout différent parce qu’il s’exerce dans des conditions toutes différentes. Nous proclamons donc notre solidarité non seulement avec le prolétariat russe, mais aussi avec ses chefs bolcheviks, et cela quand bien même nous critiquons avec la dernière énergie leur intervention au sein du communisme international. C’est évidemment en partant de cette même position — solidarité fraternelle totale avec les communistes russes associée au refus tout aussi catégorique de la tactique suivie par eux en Europe de l’Ouest — que le K.A.P.D. a proposé à la IIIe Internationale d’entretenir des relations avec elle en tant que parti « sympathisant ».

Le syndicalisme en Russie: interview de Sapronov (1922)

14 mai 2012 by

Paru dans L’Humanité du 4 mai 1922.

(De notre envoyé spécial)

Gênes, 30 avril. – La salle à manger de l’Hôtel impérial. Elle est digne de la III° Internationale, qui n’a pas toujours été à pareille fête. Éclairée de tous côtés, blanche, propre, elle veut être luxueuse. Mais il lui manque l’intimité. Nos camarades, plus que tous autres, ne s’y plaisent point. Le lunch rapidement expédié, par petites tables, sous le contrôle d’un maître d’hôtel dont l’obséquiosité finira bien par m’impressionner, les pensionnaires improvisés de cet établissement ordinairement réservé à l’usage des charcutiers enrichis de Chicago se hâtent vers le salon, ou vers le travail.

Nous, nous sommes bravement restés, coudes sur la table, autour de Sapronov.

Bien sûr, ce n’était pas pour lui parler température ! Il n’est pas plus inquiet de météorologie que nous de savoir si le petit Barthou souffre de sa dent de lait. Sapronov, avec Roudzoutak, représente à la délégation russe le syndicalisme. Il est qualifié pour, comme on dit. Fils de paysans, originaire de la province de Toula, ce jeune militant – il est chargé de trente-cinq printemps – est un gars du bâtiment. Solide, râblé, le cheveu rebelle sur un front large, il a, dans une face âpre, par instants douloureuse, à la mâchoire forte, des yeux de rêve, des yeux d’une inexprimable douceur, presque tristes. Installé bien en face, sa main de prolo posée sur la nappe, il vous regarde, là, droit, fixe, et il vous tient sans répit sous son regard. J’avoue que ça ne m’a pas précisément intimidé car j’avais aperçu déjà l’affectueux clin d’œil qu’il nous lançait.

Membre du bureau de la C.G.T. russe, membre du Comité central exécutif, l’ancien berger Sapronov – car il ne lui manque rien à cet homme, pas même d’avoir été pâtre, d’avoir gardé les moutons en apprenant à lire – s’intéresse passionnément au mouvement ouvrier mondial. Rien de ce qui touche aux grandeur[s] et servitudes des travailleurs ne lui est étranger. Et, durant que nous parlons, c’est toujours en posant des questions préalables sur le syndicalisme français ou italien qu’il me documente sur le syndicalisme russe.

Celui-ci, antérieurement, était influencé par les anarchistes. Les temps ont changé. Le mouvement, d’abord purement professionnel, a pris un caractère plus général. Les organisations professionnelles ont rassemblé, rassemblent actuellement plus de six millions d’ouvriers. Chaque syndicat professionnel est lié par un Comité central, et tous les Comités centraux professionnels réunis dans le bureau de la C.G.T.

Une question, depuis cette fin de repas, me préoccupait, l’influence des partis politiques dans ces organisations professionnelles, dans la C.G.T. Sapronov m’a devancé:

— Dans certaines professions, a-t-il dit, on pouvait noter une grande influence de mencheviks, notamment chez les chimistes et les typographes. Mais l’an passé, les communistes ont eu la prépondérance. Aujourd’hui, le communisme a la majorité. Les sans-partis, les socialistes révolutionnaires ont à peu près totalement perdu leur influence. Ces derniers étaient cependant fortement organisés. En deux ans, en Sibérie, ils avaient pu obtenir de sérieux résultats, particulièrement chez les paysans. Mais l’évolution de la politique économique des Soviets a causé un véritable désarroi chez eux. Puissants en 1919, ils ne sont plus autorisés en 1922 à parler au nom du syndicalisme, dont ils ne sont les représentants ni de près ni de loin.

Sapronov sait l’agitation plus apparente qu’effective entretenue par nos anarchistes. Ceux de Russie, il les connaît bien:

— Ils n’ont absolument aucune influence dans les masses. Ils forment de petits groupes, recueillent parfois dans les assemblées quelques applaudissements, mais ils n’obtiennent pas plus.

J’aborde tout de suite le problème, si ardemment controversé, de la subordination. Existe-t-elle, et quelle est-elle en Russie ?

— Le syndicalisme, répond nettement Sapronov, n’est pas sous la tutelle du gouvernement, pas plus qu’il n’est sous la coupe de la III° Internationale. Il va sans dire qu’ayant à sa tête des communistes, il reflète souvent les directives du Parti. L’obligation pour l’ouvrier de s’inscrire à un syndicat a été supprimée. Le nombre des inscrits, depuis, n’a pas diminué. Au contraire. Il y a, parmi les syndiqués, une vive émulation pour amener à nous les membres des autres partis, et surtout les sans-partis. Ils y réussissent.

Notre camarade n’a pas toujours eu la possibilité de s’intéresser au mouvement professionnel mondial. Mais il est, je l’ai dit, du bâtiment. Sa Fédération est liée aux autres Fédérations d’Europe. Par cela même, il peut apporter, avec une documentation serrée, des arguments sérieux pour l’adhésion à l’Internationale Rouge.

La Fédération russe dans laquelle se trouve un assez grand nombre de [mot manquant], sans que la terre ingrate pousse vers la maçonnerie ou la “terrasse”, était représentée, il y a dix-huit mois, au Congrès International du bâtiment. Dans sa grande majorité, le Congrès a adhéré à l’Internationale Rouge.

Voici quelques chiffres:

Les ouvriers du Bâtiment adhérant à Moscou sont au nombre de 900.000. Ceux qui restent à Amsterdam sont 602.000. En considération des forces en présence, [les] “Rouges” ont réclamé d’Amsterdam la convocation d’un Congrès International des deux fractions, ce qui fut refusé.

— Le Bâtiment français, dit Sapronov, faisait partie de l’Internationale d’Amsterdam. Puis, dans sa majorité, il est venu à nous. Il a, aujourd’hui, une existence amphibie. Il est des deux. Mais nous ne lui demandons pas de se prononcer.

 « A la conférence de Hambourg, convoquée par Amsterdam, le représentant du Bâtiment italien demanda que l’on admît les délégués de l’Internationale syndicale Rouge. L’admission fut refusée. Cependant, nous sommes la majorité. Le 7 mai, à notre Congrès, nous réclamerons à nouveau la convocation d’un Congrès International. Qu’il soit, et tout le Bâtiment nous apportera son adhésion !

Interagissant la conversation, Sapronov me prie de consigner, sur le mouvement syndicaliste en Europe, ses impressions.

— Dans les pays où la situation est confuse comme, par exemple, en France et aux États-Unis, il faudra que les communistes obtiennent la prépondérance. C’est en me basant sur ce principe que je préfère voir les syndicats rouges, lorsqu’ils ne sont pas exclus, rester dans les organisations ouvrières. En Allemagne, à Chemnitz, on a exclu des syndicats, mais leur influence a grandi.

« La situation générale doit s’affermir. La crise actuelle durera sans doute quelque temps encore. Elle s’aggravera peut-être. Tant qu’elle durera, il n’y aura pas de possibilité de réalisations. Il peut y avoir diminution des effectifs, mais elle disparaîtra au fur et à mesure que l’on se dirigera vers la Révolution.

« J’insiste sur ce point. Les communistes doivent rester, aussi longtemps qu’il leur est possible, dans l’unité ouvrière, et même dans l’Internationale jaune, et même dans les syndicats chrétiens ou fascistes, à la condition, d’agir en communistes, et de travailler, clandestinement s’il le faut, pour le communisme.

Nous en avons fini avec le mouvement européen. J’interroge maintenant Sapronov sur l’opposition démocratique contre le centralisme bureaucratique. La Russie révolutionnaire souffrait de la bureaucratie. Le 8° Congrès pan-russe a adopté la thèse de Sapronov. Il n’a donc plus de raison de rester dans l’opposition.

Pour conclure, Sapronov n’oublie pas qu’il est délégué de la République Fédérale des Soviets à la Conférence de Gênes:

— Les ouvriers et les paysans de Russie, affirme-t-il avec gravité, ne renonceront pas à la nationalisation, à la réquisition des biens. Ils ne pardonneront jamais aux gouvernants et aux capitalistes étrangers les interventions meurtrières, le blocus. Ils savent la responsabilité du syndicalisme jaune.

Fièrement, Sapronov termine:

— Malgré la lassitude, la famine, les pertes de toutes natures, la classe ouvrière et paysanne tiendra. Elle déclare considérer Gênes comme l’endroit où l’on traitera avec les capitalistes, mais non pas où l’on renoncera à toutes les conquêtes de la Révolution. Elle se déclare prête à combattre à nouveau pour empêcher qu’on leur porte atteinte.

Et Sapronov prend un regard dur, tragique…

Bernard LECACHE.

La gauche allemande [3]: l’Internationale communiste ouvrière (K.A.I.)

13 mai 2012 by

Suite de la brochure publiée en supplément d’Invariance en 1973, pour laquelle nous avons déjà publié les textes du K.A.P.D. et de l’A.A.U.D. Merci à la bibliothèque mobile La Pensée sauvage de l’Assemblée libertaire de Caen.

**

Note: KAI. Internationale Communiste Ouvrière. Sa naissance coïncide et accélère la décomposition du KAPD (1922). Après l’ échec de Moscou le Comité Central du KAPD décide de préparer la fondation d’une quatrième Internationale, regrou­pant les groupes « de gauche » de tous les pays. Cette activité prenant beaucoup d’énergie au parti, sa majorité se prononce rapidement contre, demandant que tous les efforts soient faits pour développer d’abord le KAPD lui-même en Allemagne. Il en résulte une opposition entre partisans de la KAI (la direction du KAPD) et ceux qui trouve que cette fondation est prématurée et qui se mettent à s’occuper des luttes salariales (qui réappa­raissent au premier plan après la fin des insurrections. Ceci mène à la scission du KAPD en mars 1922 entre la majorité « pragmatiste » (tendance de Berlin) et une extrême minorité, dite « dogmatique » (tendance de Essen) avec donc la plupart des intellectuels du KAPD et Gorter lui-même. Ils fondent la KAI après la scission; y adhèrent quelques groupes (le parti com­muniste ouvrier de Bulgarie, 1000 membres, celui de Hollande, divers petits groupes). Déjà très petite à son premier congrès, la KAI se réduit de plus en plus et n’est plus rapidement qu’un bureau, émettant des textes de temps en temps. Cf. Gorter. Die Kornmunistische Arbeiter Internationale. 1923 (édité par Kommunismen. Post boks 61. 2880 Bagsvaerd (Danemark). Cf. bibliographie.

**

LIGNES DIRECTRICES DE LA K.A.I. (extraits)

La Troisième Internationale.

1. La 3ème Internationale est une création russe, une création du parti communiste russe. Elle fut créée pour soutenir la révolution russe, c’est-à-dire une révolu­tion en partie prolétarienne, en partie bourgeoise.

2. De par le caractère double de la révolution russe, dans la mesure où la 3ème Internationale devait soute­nir aussi bien la révolution russe prolétarienne que la révolution russe bourgeoise, donc de par le caractère double de son but également, la 3ème Internationale devint une organisation en parti prolétarienne, en partie capitaliste.

3. Dans la mesure où elle appelait à la révolution, à l’expropriation des capitalistes, elle était une organi­sation prolétarienne pour la suppression du capitalis­me; dans la mesure où elle conservait le parlementa­risme, les syndicats, la dictature de parti et la dictature des chefs, elle était une organisation bourgeoise, crée pour maintenir le capitalisme en place et pour le cons­truire. Car le parlementarisme, les syndicats et la dicta­ture de parti ou la dictature des chefs conduisent non pas au communisme, mais au maintien du capitalisme.

4. La 3ème Internationale fut ainsi dès le début une organisation en partie contre-révolutionnaire.

5. Dans les pays européens cette organisation ne conduisit pas non plus à la victoire mais à la défaite du prolétariat.

6. Maintenant que depuis le printemps 1921, le parti bolchevique qui exerce sa dictature sur la Russie est passé au capitalisme, il a contraint rapidement la 3ème Internationale à revenir au capitalisme, et la 3ème In­ternationale devint alors effectivement, à partir de l’été 1921, complètement capitaliste et bourgeoise. La révolu­tion fut abandonnée, on n’aspira plus qu’à des réfor­mes, son but devint la reconstruction du capitalisme.

7. Comme le capitalisme russe doit être recons­truit, et comme ce capitalisme ne peut être reconstruit sans la remise en état et la reconstruction du capitalis­me européen, la 3ème Internationale fut forcée d’aban­donner la révolution et de revenir au réformisme, c’est-à-dire de se donner comme but la reconstruction du capitalisme.

8. Et pour reconstruire le capitalisme, la 3ème In­ternationale — de même que le parti bolchevique russe, maintenant capitaliste, noue des liens avec les gouver­nements capitalistes européens et avec le capitalisme européen pour reconstruire le capitalisme russe — noue  maintenant des liens avec la 2ème Internationale, l’Internationale 2 1/2 (*) pour la reconstruction du capitalis­me européen.

9. Le but de la 2ème Internationale, de l’Interna­tionale 2 1/2 et de la 3ème Internationale est ainsi le même: c’est celui des États et des gouvernements ca­pitalistes. Le front unique de ces trois internationales est le front unique avec le capitalisme.

10. Alors que le capitalisme se trouve dans une crise mortelle et ne voit plus aucune issue, le gouvernement soviétique et la 3ème Internationale se proposent pour le sauver.

11. C’est pourquoi la 3ème Internationale, de même que le parti bolchevique russe, sont devenus des orga­nisations tout à fait contre-révolutionnaires, qui trahis­sent le prolétariat. Il faut la mettre dans le même sac que la 2ème Internationale et l’Internationale 2 1/2.

12. De même que le prolétariat dans tous les pays est un moyen aux mains des partis social-démocra­tes, bourgeois et réactionnaires de maintenir le capi­talisme, de le reconstruire et de le répandre sur le mon­de, en donnant le gouvernement et le pouvoir à ces par­tis et à leurs chefs, de même le prolétariat est mainte­nant un instrument dans les mains de la 3ème Interna­tionale elle aussi et dans le même but. Son but n’est pas la révolution, la libération du prolétariat, mais le pouvoir personnel dans l’Etat bourgeois et l’esclavage du prolétariat.

L’Internationale Communiste Ouvrière.

1. Autant la situation de l’ensemble du prolétariat international, à l’intérieur du capitalisme mondial qui se trouve dans sa crise mortelle, exige la révolution pro­létarienne comme l’accomplissement de sa tâche pratique actuelle, aussi peu d’un autre côté les dispositions intellectuelles et les rapports organisationels de la clas­se ouvrière mondiale correspondent à cette exigence his­torique. La majorité écrasante du prolétariat mondial est prisonnière des modes de pensée de la propriété privée bourgeoise et des formes de la collaboration de classe internationale entre capitalisme et prolétariat, for­mes qui, chacune de son côté, bien qu’il s’agisse d’un processus unifié, prêtent main forte à toutes les orga­nisations existantes du prolétariat; cela place les prolé­taires révolutionnaires de tous les pays devant la consé­quence historiquement inévitable de la fondation d’une nouvelle internationale prolétarienne.

2. Cette nouvelle internationale prolétarienne, l’In­ternationale Communiste Ouvrière, représente la lutte de classe prolétarienne pure, dont la tâche pratique est l’abolition de la propriété privée bour­geoise-capitaliste et sa transformation en propriété com­mune prolétarienne-socialiste. Par-delà cet objectif elle lutte fondamentalement pour la réalisation de la société communiste.

3. Reconnaissant que les conditions objectives sont données pour le renversement de la bourgeoisie et la domination du prolétariat, elle met au premier plan de son activité le principe du développement de la cons­cience de classe du prolétariat, c’est-à-dire qu’elle veut amener le prolétariat à reconnaître qu’il est historique­ ment nécessaire d’éliminer immédiatement le capitalis­me; par là elle veut éveiller en lui la volonté effective de faire la révolution prolétarienne.

4. La réalisation de tels buts exige comme condition première le caractère ouvertement anticapitaliste (du point de vue de la forme comme du contenu) de son organisation et de la direction de toute sa lutte. Son point de repère suprême n’est pas l’intérêt particulier des groupes ouvriers nationaux pris isolément, mais l’intérêt commun de l’ensemble du prolétariat mondial: la révolution prolétarienne mondiale.

5. Comme premier pas sur le chemin qui mène à son but elle s’efforce d’atteindre la proclamation de la dictature de classe du prolétariat sous la forme de la destruction des puissances étatiques capitalistes et de l’instauration de puissances étatiques prolétariennes (Etats des conseils). Elle rejette toutes les méthodes de lutte réformistes et combat avec les armes antiparle­mentaires et antisyndicales de la lutte de classe prolé­tarienne-révolutionnaire pour la création de conseils ou­vriers révolutionnaires et d’organisations révolutionnai­res d’entreprise (Unions Ouvrières).

6. En particulier elle combat les organisations inter­nationales existantes du prolétariat (les Internationales de Londres, de Vienne et de Moscou) qui, en tant que complices de la bourgeoisie dans leur effort commun de reconstruire le capitalisme mondial, s’efforcent de réali­ser le front unique de la bourgeoisie et du prolétariat contre la révolution prolétarienne mondiale, et représen­tent en conséquence l’obstacle le plus dangereux pour la libération du prolétariat.

Kommunistische Arbeiter – Zeitung (Essener Richtung). («Journal Communiste Ouvrier» – tendance d’Essen)(3) 1922. n. 1

(*) Internationale 2 1/2: nom ironique donné par les bolcheviks à l’Union de Vienne avec O. /Bauer, Kautsky. Bernstein etc. re­groupant de 1921 à 1923, ce qui restait des partis centristes après l’admission des « gros partis » dans la 3ème Internationale. Y étaient aussi des menchéviks russes. Retournent dans la 2èrne Internationale en 1923.



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 83 followers