Hélène Brion (1882-1962)

18 juillet 2014 by

Article d’H. Dubief paru dans Le Mouvement social (été 1963).

Hélène Brion est née le 27 janvier 1882 à Clermont-Ferrand, d’un père officier. Mais elle était des Ardennes par ses origines et elle y passa son enfance auprès d’une grand-mère. Elle fit ses études à Paris, à l’Ecole primaire supérieure Sophie-Germain. Elle débuta comme institutrice dans la Seine en 1905 et adhéra au syndicat des instituteurs dès sa formation, ainsi qu’au Parti socialiste. Mais, avant la grande guerre, elle fut surtout une militante féministe et c’est par le féminisme qu’elle vint au socialisme et au syndicalisme révolutionnaire. Elle appartint aux organisations suivantes : « Le suffrage des femmes », « l’Union fraternelle des femmes », « La Fédération féminine universitaire », « la Ligue pour le droit des femmes », « l’Union française pour le suffrage des femmes », « la Ligue nationale du vote ».

Lorsque la répression s’abattit sur le syndicat des Instituteurs après le congrès de Chambéry, de 1912, en raison du scandale fabriqué par la presse nationaliste, à propos du « Sou du Soldat » il fallut combler les défections au Conseil fédéral par des militants décidés à résister au pouvoir : c’est alors qu’Hélène Brion y fit son
entrée. Elle fut également déléguée de la Fédération de l’Enseignement au comité confédéral de la C.G.T. Quand Joly, secrétaire général de la fédération, démissionna après le congrès de Bourges de 1913, Cottet le remplaça et Hélène Brion fut nommée au secrétariat-adjoint (janvier 1914).

La mobilisation réduisit le bureau à deux membres : Hélène Brion, secrétaire général par intérim, et Loriot, trésorier. Ni l’une, féministe, ni l’autre, socialiste, n’étaient vraiment des militants de formation syndicaliste. Bien qu’Hélène Brion eût, pour la première fois, exprimé des idées pacifistes, le 30 juillet 1914, dans un article de la Bataille syndicaliste : « Aux féministes, aux femmes », elle rallia, avec Loriot, sans hésiter, les positions majoritaires S.F.I.O. et confédérales sur la « Guerre du droit ». La direction fédérale, c’est-à-dire la Seine, se trouvant ainsi en contradiction avec les sentiments des principaux militants de province, devenus très rapidement zimmerwaldiens, elle n’eut aucune activité jusqu’en juin 1915. Dans cette situation, Marie Mayoux convoqua à Tours, le 13 juin 1915, une réunion de dirigeants. Hélène Brion y affirma l’opposition du bureau fédéral à la propagande pacifiste. Mais, au congrès fédéral réuni à la Grange-aux-Belles le 14 août suivant pour mettre fin aux dissentiments, Hélène Brion et Loriot se rallièrent aux thèses minoritaires des Mayoux, des Bouet et de Fontaine. C’est alors qu’Hélène Brion déclara : « Je m’incline devant la majorité et j’appliquerai fidèlement les décisions du congrès en faveur de la propagande pacifiste. » (Rosmer, I, p. 360). La psychologie d’Hélène Brion et son attitude devant le conseil de guerre demeureraient inexplicables si l’on ne comprenait pas que son action ultérieure découla plus d’une fidélité que d’une conviction.

Le congrès avait donc décidé de développer la propagande pacifiste en liaison avec Monatte, Merrheim et la fédération des taux ; Hélène Brion s’y consacra, ainsi qu’à la reconstruction de l’Internationale. Elle vote désormais avec la minorité du comité confédéral ; au congrès fédéral de Paris (14-15 juillet 1916), elle regrette publiquement son attitude passée. Elle envoie à Merrheim, le 23 octobre 1916, une « Adresse féministe pour la reprise des relations internationales » dont la première phrase est la suivante : « Nous qui n’avons rien pu pour empêcher la guerre puisque nous ne possédons aucun droit civil ni politique, nous sommes de coeur avec vous pour en vouloir la fin ». Elle fait alors partie du comité pour la reprise des relations internationales et du comité intersyndical d’action contre l’exploitation de la femme. Elle défend et soutient Marie Mayoux et Louise Saumoneau. Elle assiste au congrès national S. F. I. O. des 25 - 29 décembre 1915 et, dès janvier 1916, elle a la joie d’écrire à Bourderon qu’elle a gagné aux thèses minoritaires la section socialiste de Pantin. Mais surtout, elle diffusait, en 1917, des brochures zimmerwaldiennes et notamment celle des Mayoux : Les Instituteurs syndicalistes et la guerre, des tracts, dont « Du charbon et la paix » ; des papillons : « Assez d’hommes tués, la paix ! », « Paix sans annexions, sans conquêtes, sans indemnités » ; et enfin des circulaires polycopiées. Son domicile, très surveillé, fut l’objet de plusieurs perquisitions. Elle habitait à deux pas de son école, sise au 12, rue de Candale, à Pantin. Inculpée et suspendue sans traitement, le 27 juillet 1917, elle ne fut arrêtée que le 17 novembre, quand, avec Clemenceau, la répression prit son allure brutale.

brion
Après les dures condamnations des Mayoux et de Lucie Colliard et une violente campagne de la presse nationaliste, Hélène Brion comparut devant le premier conseil de guerre du 25 au 31 mars 1918, sous l’inculpation de propagande défaitiste par la diffusion de tracts et brochures.

Elle se défendit avec habileté devant un tribunal plutôt bien disposé et presque séduit (1). Dans une longue déclaration elle se refèra sans cesse à son féminisme constant, pour justifier son pacifisme présent, assumant sa condition de femme mue par la raison et le sentiment contre la barbarie, contestant aussi le droit qu’on
s’arrogeait de la juger pour délit politique, elle sans existence politique. Sur les faits, elle reconnut l’envoi des brochures du Comité pour la reprise des relations internationales lesquelles ne pouvaient atteindre au moral de qui que ce soit, aux seuls instituteurs déjà convaincus et pour information, donc sans intention de propagande. Ainsi reconnut-elle les faits, en les minimisant. Elle fit remarquer que ses propres articles n’avaient jamais été poursuivis et désavoua toute violence. L’accusation reposait sur les témoignages de deux commissaires de police, d’une institutrice de Joigny au rôle provocateur et de deux institutrices de Pantin, membres de la Ligue patriotique des femmes françaises, dont l’une, dans un témoignage douteux, l’accusa de propagande anticonceptionnelle. Sa directrice, une sotte, et son Inspecteur primaire se contredirent. Beaucoup d’autres collègues et habitants de Pantin firent pour elle d’émouvants témoignages. Le député Dalbiez, les féministes Nelly Roussel, Séverine et Marguerite Durand, les membres de la C. A. P. Socialiste, Verfeuil et Jean Longuet, celui-ci très maladroitement, les syndicalistes Papillot, Bled et surtout Marthe Bigot qui osa déclarer avoir commis les actes reprochés à l’acusée, Laisant et Paul Brulat, enfin, apportèrent à Hélène Brion l’appui de leur solidarité. Après un réquisitoire presque élogieux et une médiocre plaidoirie d’Oscar Bloch, elle fut condamnée à trois ans de prison avec sursis. Son coaccusé et correspondant Gaston Mouflard, électricien syndicaliste qui s’était désavoué à l’audience, fut frappé de six mois de prison avec sursis. Libérée par le jugement, Hélène Brion fut révoquée, avec effet du 17 novembre 1917. Songeant peut-être à son sursis, elle se retira du congrès fédéral illégal d’août 1918 accueilli au Palais-Bourbon par Raffin-Dugens. Découragée, son ardeur baissait ; au retour des mobilisés, elle laissa à Maurice Foulon le secrétariat général et s’adonna de nouveau à la propagande féministe avec son amie Madeleine Vernet. Elle entreprit une Encyclopédie féministe, édita un hebdomadaire La lutte féministe. Elle fut réintégrée par le Cartel des Gauches, en janvier 1925. Pendant la révocation, elle avait, depuis 1920, dirigé la Crèche du Groupe scolaire « Emile Zola » à Saint-Ouen.

Après la dernière guerre, Hélène Brion présidait encore l’association « Femmes de la libération humaine ». Madeleine Pelletier, son amie, lui légua ses papiers.

« L’ardente Ardennaise » comme dit Dommanget, semble avoir brillé par l’intelligence et le caractère, mais son rôle qui fut grand, fut bref, sauf dans l’action féministe. Elle s’épuisa et se découragea. Tous ceux qui la connurent affirmèrent son grand coeur, c’est ce que firent, à son procès, dans les mêmes termes, Séverine et, chose paradoxale, le commissaire du gouvernement requérant contre elle : « Une Louise Michel, en jeune, ». Il en est peu qui eurent l’honneur d’un tel éloge.

OEUVRES D’HELENE BRION

Il n’est pas possible d’énumérer ses articles innombrables ou même les périodiques auxquels elle a collaboré : La Bataille syndicaliste, la Vague, le Journal du Peuple, l’Ecole Emancipée, la Révolution prolétarienne, etc. et toute la presse féministe.

Brochures :

Déclaration au Conseil de Guerre, Epone, Editions de l’Avenir social, s. d. (1918) in-16.

La Voie féministe, I. Les partis d’avant-garde et le féminisme. Id.

BIBLIOGRAPHIE

Louis BOUET. Les Pionniers du Syndicalisme universitaire, darrides, Ecole émancipée, s. d. gd. in 8°.

Maurice DOMMANGET., « Hélène Brion », Révolution prolétarienne, octobre 1962, (résume le précédent et apporte son témoignage personnel).

F. BERNARD, Le Syndicalisme dans l’Enseignement, III, Du Congrès d’Angers à la Première Guerre mondiale. Avignon, Ecole émancipée, s. d. gd. in

Alfred ROSMER, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, Tome I, Paris, 1936, gd in ; Tome II, La Haye 1959, gd in 8°.

Max FERRE, Histoire du Mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les Instituteurs, Paris, 1955, gd in 8°.

Revue des Causes célèbres politiques et criminelles, 2 mai 1918,  5. (Compte rendu hostile de procès dans une revue spécialisée  dans le journalisme populaire d’inspiration nationaliste très bonne  iconographie : croquis d’audience de Noël Dorville).

La Vague a publié un portrait d’Hélène Brion. (n° 13, 28 mars  1918).

Note:
(1) Le plus surprenant dans le procès d’Hélène Brion est l’attitude du ministère public (commandant de Meur) faisant l’éloge de l’inculpée et indirectement de Louise Michel, et celle du président du conseil de Guerre (lieutenant-colonel Maritz) éclatant d’indignation quand Oscar Bloch insinua que les juges militaires ne sont pas libres et s’écriant : « Nous ne sommes plus au temps des officiers de l’Affaire Dreyfus. »

La guerra del pan

14 juillet 2014 by

Agustín Guillamón signe un nouveau livre. Ce second tome d’une trilogie sur la faim et la violence dans la Barcelone révolutionnaire vient de paraître en Espagne: LA GUERRA DEL PAN. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De diciembre de 1936 a mayo de 1937. (Aldarull/Dskntrl, Barcelone, 564 pages, 15 euros auprès de dskntrl_ed@riseup.net). Il fait suite à La revolución de los comités et étudie l’approvisionnement alimentaire de Barcelone entre décembre 1936 et mai 1937 comme enjeu de pouvoir: une "guerre du pain".

Guerra del pan4ème de couverture, en espagnol:

La pugna entre el PSUC y la CNT, de diciembre de 1936 a mayo de 1937, fue un conflicto ideológico, pero ante todo el enfrentamiento de dos políticas opuestas de abastecimiento y gestión económica de la gran urbe barcelonesa.

Comorera, desde la Consejería de Abastos, priorizaba el poder del PSUC al abastecimiento del pan o la leche a la ciudad de Barcelona. Mejor sin pan ni leche, que un pan y una leche suministrados por sindicatos de la CNT. Hambre y penurias de los barceloneses eran el precio a pagar por el incremento del poder del PSUC y de la Generalidad, en detrimento de la CNT.

El PSUC, en una ciudad sometida a las penalidades y privaciones de la guerra, opuso la libertad de mercado a la racional distribución alimenticia realizada muy eficientemente por lso comités de abastos de las barriadas.

El hambre de los trabajadores fue causada por la maniobra consciente de los partidos burgueses y contrarrevolucionarios, desde ERC (republicanos) hasta el PSUC (estalinistas), para debilitar y derrotar a los revolucionarios. A ese proceso le hemos denominado guerra del pan.

El desarme de los trabajadores era el objetivo fundamental de esos partidos. También los comités superiores libertarios vieron en los comités de barrio a sus peores enemigos, cuando éstos se negaron a acatar los decretos de desarme pactados con el gobierno.

A finales de abril, los comités revolucionarios desbordaron a los comités superiores cenetistas. La insurrección de los trabajadores, en Mayo de 1937, no fue derrotada militarmente, sino políticamente, cuando los líderes anarcosindicalistas dieron la orden de alto el fuego.

El hambre y el desarme eran los dos objetivos necesarios para el inicio del proceso contrarrevolucionario, que desencadenó toda su fuerza represiva contra los militantes cenetistas y las minorías revolucionarias en el verano de 1937.

Un siècle après l’assassinat de Jaurès

13 juillet 2014 by

« Je veux, pour ma petite part, révolutionner les cerveaux. Je veux en chasser le préjugé capitaliste et bourgeois et y installer la claire idée communiste. »

(Jean Jaurès, 1er février 1902 [1])

Le 31 juillet, cela fera exactement un siècle que le socialiste Jean Jaurès a été assassiné par un nationaliste. Ce meurtre politique s’inscrivait en conclusion de violentes campagnes antisocialistes menées par la droite et l’extrême droite.

Le problème des commémorations de cette « année Jaurès », c’est que l’on observe souvent une tendance à ce que l’arbre Jaurès cache la forêt du mouvement ouvrier. Dans cette optique de célébration du « grand homme », on a parfois l’impression que Jaurès était un défenseur isolé de la paix. En réalité, ce sont des centaines de milliers de militants qui luttaient pour la paix en France (en particulier par l’action de la CGT qui était à l’époque syndicaliste-révolutionnaire), et des millions en Europe. Face à la guerre qui venait, les plus avancés de ces militants défendaient un internationalisme radical, dans la lignée de celui de Karl Marx qui écrivait par exemple que « la nationalité du travailleur n’est pas française, anglaise, allemande, elle est le travail, le libre esclavage, le trafic de soi-même. Son gouvernement n’est pas français, anglais, allemand, c’est le capital. L’air qu’il respire chez lui n’est pas l’air français, anglais, allemand, c’est l’air des usines. »[2]

Jaurès, partisan sincère de la paix, était cependant critiqué par d’autres socialistes pour ses concessions. En 1911, Rosa Luxemburg lui reprochait de céder à l’état d’esprit de « politique chauvine » régnant en France [3]. Leurs conceptions de l’internationalisme, de toute évidence, différaient grandement, même s’ils se retrouvaient sur certains sujets – dont la nécessité d’agir pour empêcher la guerre. Pour notre part, nous adhérons à la conception internationaliste qui était celle de Marx et de Luxemburg.

De plus, la « synthèse » jaurésienne aboutissait en fait à une pratique réformiste, même s’il ne rejetait pas toujours la perspective révolutionnaire. Rosa Luxemburg lui reprochait non seulement de renoncer aux principes socialistes, mais par son soutien à des gouvernements bourgeois d’échouer concernant les objectifs immédiats : « la tactique de Jaurès qui voulait atteindre des résultats pratiques en sacrifiant l’attitude d’opposition s’est montrée la moins pratique du monde ». Plus encore, par cette compromission « Jaurès a […] paralysé la seule force vivante qui pouvait défendre en France la République et la démocratie », à savoir « le prolétariat socialiste »[4].

En dépit de ces divergences, voir le gouvernement actuel – qui mène une politique économique de droite en poursuivant l’austérité – se revendiquer de Jaurès tient de l’escroquerie. Le parti de Jaurès avant l’unification de 1905, le Parti socialiste français, avait parmi ses revendications immédiates la « gratuité de la justice », la « suppression du Sénat et de la présidence de la République »[5], etc. Si Hollande et Valls voulaient vraiment rendre hommage à Jaurès, mieux vaudrait appliquer ces mesures plutôt que d’aligner lieux communs et contre-sens historiques lors d’inaugurations où les petits fours prennent plus de place que les ouvriers.

Lorsque Jaurès parlait du Parti socialiste, c’était pour évoquer « son rouge drapeau communiste et internationaliste » [6]. Le parti qui usurpe aujourd’hui ce nom est opposé à cette conception : il fait la politique du patronat et non des travailleurs, et l’actuel Premier ministre Manuel Valls a poussé l’antisocialisme jusqu’à tenir des propos xénophobes (à l’encontre des Roms).

Un siècle après l’assassinat de Jaurès, un siècle après la barbarie de la Première Guerre mondiale qui fit des millions de morts, aujourd’hui en 2014 nous considérons qu’un internationalisme conséquent et constant est plus que jamais indispensable. La lutte pour le socialisme passe nécessairement par la lutte contre tous les nationalismes, contre toutes les xénophobies, contre tous les gouvernements qui mettent en place des politiques d’austérité, pour en finir avec toutes les formes d’exploitation et d’aliénation. Comme l’écrivait Jaurès, c’est « par l’abolition du capitalisme et l’avènement du socialisme que l’humanité s’accomplira »[7].

Critique sociale

jaures

Notes:


[1] Jean Jaurès, Œuvres tome 8, Fayard, 2013, p. 255.
[2] Karl Marx, Notes critiques sur Friedrich List, reproduit dans Critique Sociale n° 29, janvier 2014.
[3] Rosa Luxemburg, Œuvres tome 3, Smolny & Agone, 2013, p. 270.
[4] Luxemburg, Œuvres tome 3, p. 125 et 130 (article de 1901).
[5] Compte-rendu du congrès du PSF du 2 au 4 mars 1902 à Tours, pp. 376-377.
[6] Jaurès, Œuvres tome 8, p. 29. Précisons pour éviter tout malentendu que Jaurès emploie le mot « communiste » dans son sens réel, et évidemment pas pour se référer aux dictatures capitalistes d’Etat mises en place par des léninistes.
[7] Jaurès, Œuvres tome 8, Fayard, 2013, p. 433.

La Révolution prolétarienne N°785

12 juillet 2014 by

Revue fondée en janvier 1925 par Pierre Monatte et Alfred Rosmer après leur exclusion du PCF, la Révolution prolétarienne fut un phare de référence pour les gauches syndicales et le combat anti-stalinien dans l’entre-deux-guerres. Le titre existe heureusement toujours, même s’il l’on a pu craindre sa fin ces derniers mois. L’équipe qui l’anime, un peu élargie, propose un nouveau numéro trimestriel, où l’on trouvera notamment une présentation du nouveau Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone. L’abonnement (23 euros) et les propositions de contributions se font auprès de Jean Moreau, 26 rue des Rosiers, 75004 Paris.

Balance N°38

12 juillet 2014 by

Le dernier numéro de Balance, la revue barcelonaise d’Agustín Guillamón, porte sur la correspondance dans les années 70 entre deux militants anarchosyndicalistes de deux générations distinctes: Juan García Oliver, qui rédige alors ses mémoires [*], et Diego Camacho Escamez ("Abel Paz"), qui termine son premier livre sur Durruti. Ils échangent évidemment sur la Révolution et la guerre de 1936, et tout particulièrement sur la décision de la CNT de collaborer avec les autres forces antifascistes dans le Comité central des milices. Comme d’habitude, et probablement encore plus que d’habitude, la mise en page est très soignée, ce qui a son importance pour une lecture agréable quand on ne parle pas couramment l’espagnol. La revue n’est pas vendue dans le commerce et a un coût réel de 6 euros, hors frais de port (S’adresser à Agustín Guillamón, Balance. Cuadernos de historia, Apartado 22010, 08080 Barcelona. Espagne).

balance38

[*] L’édition française est actuellement en souscription au prix de 22 euros. Juan García Oliver fut interviewé en 1977 par Freddy Gomez. Cet entretien est consultable en français sur le site d’A contretemps.

Socialists and the First World War

11 juillet 2014 by

Agenda d’été 2014

Exposition et meetings en août à Londres au local du Parti socialiste de Grande-Bretagne (SPGB):

A hundred years since the outbreak of the First World War, the one surviving political organisation that opposed the conflict is marking the events of the time. The Socialist Party of Great Britain (SPGB) declared the war to be about access to trade routes and sources of raw materials for the owners of business and not about the interests of the vast majority in society, saying the conflict did not justify the shedding of a single drop of blood. As a result, many of its members were put in prison for their political opposition to the war. To mark this occasion, the Party is engaging in a number of activities this summer, including:

The publication of a new pamphlet which contains articles from the ‘Socialist Standard’ between 1914 and 1918 which set out our principles opposition to the war, together with other material giving an overview of the war, its causes and its effects on working-class lives. This pamphlet is called ‘Strange Meeting: Socialism and World War One‘ and is available for £4.50 (incl p&p) from the Socialist Party from Monday 7th July 2014.

Strange

A unique exhibition ‘The Socialist Party and the First World War‘ at Socialist Party Head Office in Clapham will open 11am to 5pm Monday 4th August to Sunday 10th August 2014 and weekends for the rest of August. The exhibition will include archive photographs from the war period. It will also detail how those who opposed the conflict were affected by it, with some becoming Conscientious Objectors, many being imprisoned, while others went ‘on the run’ to flee the military authorities. Our object was not to bid defiance to a world gone mad, but to place on record the fact that in this country the Socialist position was faithfully maintained by the Socialist Party.

a series of public meetings about aspects of the war, including:

  • The Working Class Lost the First World War‘ at 8.00pm on Tuesday 5th August 2014 at Chiswick Town Hall, Heathfield Terrace, London W4 4JN
  • The Left and the First World War‘ at 3.00pm on Sunday 17th August 2014 at Socialist Party Head Office in Clapham, London SW4 7UN
  • The Not So Great 1914-18 War‘ at 8.00pm on Wednesday 20th August 2014 at Maryhill Community Central Halls, 304 Maryhill Road, Glasgow G20 7YE

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Échanges N°147

3 juillet 2014 by

La première chose qu’on remarque dans le dernier numéro d’Échanges, c’est une mise en page très accidentée. La revue s’en explique en dernière page par l’indisponibilité temporaire de la personne qui assumait cette tâche. On notera notamment dans cette livraison un article de quelqu’un de retour de Bosnie en février dernier; un excellent témoignage sur l’introduction des technologies numériques dans le travail des chauffeur d’autocars; une note de lecture de Militants contre la guerre 1914-1918 de Julien Chuzeville. 3 euros le numéro, disponible dans une quinzaine de librairies ou auprès de echanges.mouvement@laposte.net, BP 241 75866 Paris Cedex18. Abonnement 15 euros pour 4 numéros comprenant les brochures publiées dans l’année.

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Confusion «antisioniste» et opportunisme d’extrême gauche

22 juin 2014 by

Entretien avec Yves Coleman paru dans Anarchosyndicalisme N°140 (été 2014), revue de la CNT-AIT de Toulouse:

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cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf

Les bolcheviques et le contrôle ouvrier 1917-1921 (Brinton, 1970)

15 juin 2014 by

Nous avions publié il y a quelques années trois extraits de ce texte de Christopher Pallis alias Maurice Brinton, publié en 1970 et traduit en 1973 dans Autogestion et socialisme: Lénine et le contrôle ouvrier en 1917 , La revue “Kommounist” et les communistes de gauche en 1918  et Le X° Congrès du Parti bolchevik en 1921. Nos camarades du CATS de Caen viennent de le mettre en ligne intégralement au format pdf:

Brinton 1973

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Le livre est aussi disponible en anglais et en espagnol au format pdf.

Voir aussi:

Documentación histórica del trosquismo español (2:1939-1948)

15 juin 2014 by

Deuxième partie de l’anthologie dirigée par Agustín Guillamón: 54 documents compilés au format pdf (142 pages):

SEGUNDA PARTE

cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf – clicar para abrir el pdf

Agustín Guillamón nous signale que bien que son seul nom figurait sur la couverture en 1996, il s’agissait d’un travail collectif de:

  • Paolo Casciola, éditeur des Quaderni Pietro Tresso et du site http://www.aptresso.org/
  • Eulogio Fernández, traducteur et collaborateur de l’éditions des Obras completas de Munis
  • Agustín Guillamón, historien du mouvement ouvrier et révolutionnaire, éditeur de la revue Balance
  • Marco Novarino, collaborateur de la revue Spagna Contemporanea.

avec des aides occasionnelles de Fausto Bucci, Dolors Genovés et Rodolphe Prager.


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