Une page d’histoire… les I.W.W. américains

24 avril 2014 par

Article de 5 pages au format pdf publié en juin 2001 par l’ex-Syndicat Intercorporatif Anarchosyndicaliste de Caen:

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Voir aussi:

Archives du G.I.C. hollandais

24 avril 2014 par

Le nouveau site Archives Antonie Pannekoek propose une collection de brochures et périodiques du Groep van Internationale Communisten (G.I.C), groupe des communistes internationaux de Hollande, en néerlandais et parfois en allemand.

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Brochure de Paul Mattick éditée par le G.I.C. en 1934

Voir aussi:

Socialist Reconstruction of Society (De Leon)

24 avril 2014 par

Brochure du Socialist Labor Party en 1918 reprenant un texte de Daniel de Leon de 1905:

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Oiseau Tempête N°8 (2001)

23 avril 2014 par

Numéro 8 de la revue Oiseau Tempête (été 2001), notamment consacré à une critique d’ATTAC, disponible au format pdf. Nous avons trouvé une solution pour l’hébergement des fichiers lourds comme celui-ci: le site archive.org.

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Voir aussi des articles de cette revue déjà publiés:

 

Compagnons du S.P.G.B. en Amérique du Nord 

23 avril 2014 par

Brochure (en français) de 30 pages au format pdf:

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A propos de la lutte contre la religion (Hekmat, 2001)

22 avril 2014 par

Entretien avec Radio International, 15 février 2001. (traduction de l’anglais par S.J. & N.D.)

Azar Majedi : Dans une récente interview avec le magazine Porsesh tu dis que « la laïcité est un ensemble de conditions minimales », et que « Nous ne voulons pas seulement la laïcité, mais une lutte consciente contre la religion de la part de la société ». Quelles sont les caractéristiques d’un tel combat ?

Mansoor Hekmat : En parlant de la religion, et en particulier de l’islam dans cette période [de l’histoire], nous devrions garder à l’esprit que nous parlons d’un phénomène que l’on peut voir comme une source de souffrance, d’oppression, d’indignité et d’humiliation pour les gens. Donc, nous sommes confrontés à un problème, une catastrophe, qui doit être atténuée de la même manière que l’on traite la toxicomanie, par exemple. La toxicomanie n’est pas considérée comme une affaire seulement privée, et des efforts sont faits pour l’éradiquer. [En d’autres termes,] même si les gens sont autorisés à utiliser des médicaments de substitution, on ne considérera pas cela comme suffisant, on pensera que quelque chose doit être fait pour les inciter à arrêter cette addiction. C’est la même chose avec la religion. La religion est un phénomène impliquant la liberté de l’individu de croire en quelque chose, et pourtant croire en un ensemble de croyances intellectuelles, politiques, civiles qu’on appelle la religion, [en général], et l’Islam, [en particulier], a provoqué des ravages avec la vie des gens, et par conséquent, on se bat contre elle de la même manière qu’on lutte contre toute autre catastrophe. La réduire à une « affaire privée individuelle » n’est pas, à mon avis, suffisante en soi. Ce que je veux dire, c’est que la société doit faire quelque chose pour que l’islam soit éradiqué. Autrement dit, nous devons faire quelque chose pour que les gens eux-mêmes l’éradiquent volontairement, ne puissent plus être influencée par lui, être retenus prisonniers par lui, et que les opprimés ne se noient dans la superstition. Quelle est la solution ? L’Éducation – un État libre qui éduque ses citoyens sur les faits politiques, sociaux, civils, historiques, biologiques, physiques et naturelles [de vie], les lois civiles qui protègent les personnes contre les empiétements des entreprises religieuses, contre l’industrie religieuse. À mon avis, la religion doit être regardé un peu comme l’industrie du tabac. Chacun est libre de fumer, mais on légifère contre les compagnies de tabac afin qu’elles ne soient pas en mesure de profiter de la dépendance des gens, de ne pas provoquer trop de dégâts pour leur santé, et de ne pas les laisser librement faire entrer les jeunes dans la dépendance, etc. De la même manière, il doit y avoir des lois similaires à l’égard de la religion. Il doit y avoir des lois pour que l’industrie de la religion ne puisse pas ruiner la vie des gens. Il est possible de faire quelque chose sur le temps d’une génération pour qu’une société libre se construise qui aura éradiqué la religion comme le paludisme ou la toxicomanie.

Azar Majedi : Tu as terminé exactement sur le point que je voulais aborder. Tu as parlé de l’industrie de la religion, et par rapport à l’industrie du tabac. Est-ce que cette comparaison est une plaisanterie ?

Mansoor Hekmat : Pas du tout ! C’est ce que j’appelle une « industrie », car il y a des gens qui pensent que la religion est essentiellement une combinaison de croyances du peuple. Ce n’est pas ainsi. La religion est une industrie. Il a des propriétaires, il y a des gens qui en bénéficient, elle génère de la richesse matérielle et du pouvoir politique pour un certain spectre social et sert les intérêts d’une domination de classe politique. La religion est un business de plusieurs milliards de dollars. Cet argent finance sa propagande. Et cet argent est escroqué aux gens (En ce qui concerne l’Iran, c’est l’État qui s’en charge !). La religion est un appareil pour la propagation des faussetés. Elle délivre des mensonges au peuple, qui les effraient : violence dans ce monde et châtiment dans l’autre. Tout comme la mafia ! La religion, en tant qu’institution, que ce soit le christianisme, l’islam ou le judaïsme est une énorme structure sociale avant d’être un ensemble de croyances sociales. Elle a ses impôts. Elle prend l’argent et le consacre à la survie de son régime. En conséquence, les industries de la religion sont des phénomènes importants dans le monde. Si vous mettez bout à bout l’argent dépensé avec l’Islam et celui des Églises chrétiennes, vous verrez que la somme est comparable à la richesse des plus grandes sociétés multinationales. C’est comparable au le budget militaire de dizaines de pays mis ensemble. La religion doit donc être regardé comme une industrie, celle qui tente sciemment de vendre ses produits, ses propres marchés, et de faire de ses consommateurs des toxicomanes.

Il ne faut pas être sous l’illusion que la religion serait un ensemble de croyances en des choses comme l’Antéchrist ou dans les pleurs et lamentations pour commémorer Kerbala [1]. La religion est une énorme industrie conçue pour produire des superstitions, pour intimider les gens, les subordonner et les faire céder à la puissance de la classe dirigeante. Si l’on veut une société libérée et qu’on doive dépenser de l’argent et attribuer des ressources humaines afin de s’opposer à ce phénomène, tout comme on s’opposerait aux gangs trafiquant de stupéfiants, on s’oppose aux compagnies qui volent et pillent et laissent derrière elles la dévastation. Il faut s’opposer à l’industrie de la religion de la même façon.

Il est évident que chacun a droit à son opinion et chacun devrait être autorisé à croire en ce qu’il veut. Toutefois, si les structures politiques, militaires et culturelles sont fondées sur la base de ces croyances dans le but d’asservir le peuple, on devrait s’y opposer au nom des citoyens et par les citoyens.

Azar Majedi : Certains pourraient voir que la République islamique [d’Iran], qui est une théocratie, ou que le Vatican, en tant qu’État, correspondent à ce que tu dis de la religion. Mais vois-tu de la même façon la religion, par exemple, dans certaines parties de l’Europe occidentale où elle est séparée de l’État et où, en tout cas, elle ne joue pas un grand rôle dans la vie des gens ? Peux-ton l’y comparer alors à la mafia ?

Mansoor Hekmat : Tout d’abord, je dois dire que si dans certaines parties de l’Europe la religion ne joue pas le rôle que j’évoquai, c’est parce qu’on y a fait ce qu’il fallait au cours des siècles passés. On s’y est confronté et on y a confisqué ses biens. On y a légiféré contre les interférences de la religion dans l’éducation. On y a légiféré contre les interférences de la religion avec la vie sociale des gens, et ainsi de suite. L’Europe d’aujourd’hui, par conséquent, ne nous fournit pas un bon exemple pour comprendre ce que peut être la religion, nous ne pouvons revenir cent ans en arrière et voir ce que cette même religion faisait. Après tout, le pape [Jean-Paul II] a déjà eu à s’excuser pour la collaboration de l’Église catholique avec Hitler et ses fours crématoires !

Un autre exemple c’est l’Irlande du Nord, où des protestants alignés devant une école primaire ont jeté des pierres, et même des grenades à main, parce que ceux-ci sont protestants et ceux-là catholiques ! Ou regarde le destin de la Yougoslavie et les conflits là-bas ! Regarde la Tchétchénie et l’Afghanistan ! Ce que j’ai décrit c’est bien le rôle de la religion en général. C’est vrai que dans certains endroits, les gens l’ont freiné et remise à sa place dans une certaine mesure. En conséquence, dans ces endroits, elle a pris une forme civilisée. Cependant, elle est toujours présent comme une puissance, y compris l’église chrétienne en Europe occidentale. Cette religion ne joue pas le même sur le rôle que l’islam, qui tue des gens en Iran et en Afghanistan, par exemple, mais a toujours conservé son rôle dans l’oppression des femmes, en supprimant des pensées libératrices, en étouffant la créativité et l’innovation, etc. En outre , elle sollicite toujours les gens au porte-monnaie. Elle prélève des ressources qui devraient être dépensées pour le bien-être des gens et les dépense en propagation des superstitions parmi eux. Sa nocivité n’est pas aussi visible que ce qu’on constate en Iran, en Afghanistan et en Arabie saoudite, mais il est possible de montrer le rôle que l’église joue [en Europe occidentale] avec des faits et des chiffres.

Il semble que dans certains endroits, l’église ait évolué vers la gauche : en Amérique latine, etc., par exemple. Toutefois, ce n’est pas l’église qui a glissé à gauche. Ce sont les gens qui sont de gauche, et l’église, par conséquent, dans ses efforts pour maintenir une entreprise prospère, s’efforce de garder le contact avec eux. Mais à chaque tournant social critique on verra la religion, on voit l’islam, aux côtés des classes dominantes, leur donnant les directions, et justifiant l’oppression sociale et l’assujettissement.

Azar Majedi : Tu as mentionné que si le business de la religion doit être arrêté, de l’argent et des ressources humaines doivent être affecté à cette tâche. Quelles formes cela prendra-t-il ? Devrait-il y avoir un partenariat entre une république socialiste établie en Iran et le Parti communiste-ouvrier ? Tu as dit que les croyances des gens sont respectables. Mais cela ne montrerait pas exactement comment la religion, les mollahs et les croyants musulmans, pourraient être abordées. Peux-tu expliquer cela ?

Mansoor Hekmat : À mon avis, les croyances personnelles des gens ne sont respectables que pour eux-mêmes. Je peux ne pas avoir le moindre respect pour les croyances racistes de quelqu’un, que je n’ai pas, mais s’ils veulent y croire en eux, c’est, tant qu’ils n’ont causé de tort à personne, leur opinion personnelle. Chaque être humain est libre de penser à n’importe quoi comme il le veut. Personne n’a le droit de légiférer pour le monde intérieur de l’individu et de dire qu’on n’est pas autorisé à penser de telle ou telle façon. Cela ne signifie pas, bien sûr, que nous n’allons pas essayer de changer les pensées des gens. Les gens doivent avoir le choix entre différentes pensées et opinions. Ils doivent être libres de choisir. C’est l’un des rôles de la religion de refuser aux gens l’accès à d’autres pensées libératrices des préjugés et de recourir à la force et de légiférer contre elles. Les talibans ont capturé certaines personnes à Kaboul et vont les exécuter pour avoir voulu apporter une autre religion pour le peuple ! Cette réponse est peut-être extrême là-bas [en Afghanistan], mais c’est une caractéristique de toutes les religions. La principale solution est l’éducation afin que les gens n’aient pas besoin de croire aux superstitions, et soient conscients que le monde est quelque chose d’autre. Toutefois, l’éducation n’est pas suffisante en elle-même. La législation est [aussi] nécessaire pour ramener les institutions religieuses sous contrôle. Par exemple, leurs finances devraient être soumises à un examen comme toutes les autres entreprises. Après tout, la même loi qui s’applique à telle ou telle fabrique de biscuit ou de chauffe-eau, la même loi qui s’applique aux compagnies de tabac comme Winston ou Camel, doit également s’appliquer à la structure soi-disant islamique, c’est à dire les mosquées et les ayatollahs. Leurs livres de compte doivent être ouverts et examinés afin de savoir où ils ont obtenu leur argent et comment ils l’ont dépensé ; s’ils ont payé leurs impôts ou non ; escroqué le gouvernement ou non, commis des extorsions ou non, et ainsi de suite.

Il existe une série de lois qui, même sous leur forme actuelle, assurent l’interdiction d’un certain nombre d’actes religieux. Si nous prenons la loi sur la protection animale au sérieux, une grande partie des rituels islamiques sont balayés, puisque la manière dont les animaux sont traités est extrêmement violente. Si nous protégeons les enfants avec des lois à la hauteur des droits de l’enfant, cela stopperait une grande partie des activités religieuses, puisqu’elles nient la liberté de l’enfant, puisque l’enfant doit être protégé de toute forme de menace, d’intimidation, de torture, de travail forcé… Si nous défendons les droits des femmes de manière appropriées, les religions n’auront pas le loisir de mettre en place la plupart de leur règles. Si les hommes et les femmes ont des droits égaux dans la société, toutes les lois sur la famille, le mariage et l’héritage prescrites par l’Islam deviendront impraticables et devront être mises de côté, et si quelqu’un cherche à les mettre en pratique, il sera en contradiction avec les lois civiles du pays. Ce que je cherche à montrer, c’est que si nous défendons les droits civils des citoyens, une vaste partie de la religion sera mise de côté. Et si nous défendons la science let la liberté de pensée, une autre partie sera balayée. Donc, si au bout du compte, il reste 250 personnes des soixante millions que compte la population de l’Iran, qui continuent de penser que oui, il y aura une fin des temps et qu’il faut prier cinq fois par jour, et que si vous ne le faites pas, ça va arriver, ou bien qu’il faut sacrifier un mouton de temps à autre parce qu’un jour le prophète Abraham a presque sacrifié son propre fils, c’est leur choix. Il existe des gens bien plus étranges dans ce monde. Ces croyances, par contre, ne deviendront pas des lois sociales et ne causeront aucune perturbation. Et si un groupe de gens, une bande superstitieuse, cherche à traiter leur famille, leurs enfants, d’une manière qui puise ses origines, non dans les droits civils, mais dans la religion, alors l’état devra les en empêcher.

Je ne crois pas que la violence doive être utilisée contre l’Islam, ou dans d’autres situations sociales existantes, de cette manière. Je crois, par contre, que le business islamique peut être mis à bas par une combinaison d’éducation et de législation. Le chef de l’église d’Angleterre, par exemple, a remarqué que le christianisme était en piètre forme et qu’il n’en resterait bientôt plus trace. Pourquoi ? Parce que les gens n’en ont plus besoin, et parce qu’il ne peux plus les y contraindre.

Note :

[1] Référence à la cérémonie commémorative de l’assassinat de l’imam Hoseyn et sa famille dans la bataille de Kerbala (en Irak aujourd’hui).


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Quelques textes du P.O.U.M. (2: mars-juin 1937)

21 avril 2014 par

Brochure (en français) de 20 pages au format pdf:

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Voir aussi:

Quelques textes du P.O.U.M. (1: février 1936 – février 1937)

19 avril 2014 par

Brochure (en français) de 40 pages au format pdf:

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Hommage à René Lefeuvre (1902-1988)

19 avril 2014 par

Brochure pdf de 22 pages en hommage à René Lefeuvre, avec un entretien (déjà publié sur ce site), des notices nécrologiques, etc.:

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Voir aussi:

Les Conseils, qu’est-ce que c’est ? (Chazé, 1969)

19 avril 2014 par

Article d’Henri Chazé publié dans les Cahiers du Communisme de conseils N° 2 (janvier 1969).

Faites l’essai. demandez à un vieux camarade de travail ce qu’est un Conseil Ouvrier. Au mieux, s’il a milité, il se souviendra et fera le rapprochement avec les Soviets russes de 1917, il parlera des conseils de marins et d’ouvriers qui furent à l’origine de la Révolution allemande de 1918-1919, des Comités espagnols de 1936, et il terminera sans doute ce rappel historique par les Conseils Ouvriers de l’insurrection hongroise de 1956. Mais demandez à un copain de moins de trente. De l’écrasement de l’insurrection hongroise, il n’a le souvenir que d’une histoire semblable à celle que vient de connaître la Tchécoslovaquie. oui, bien sûr, il y eut des Conseils Ouvriers qui organisèrent une résistance opiniâtre. ce n’était donc pas une simple mouvement d’indépendance nationale, mais que sait-on au juste sur ce que furent la lutte des ouvriers et le rôle de ces fameux Conseils ?

Il faudrait vraiment que votre interlocuteur de moins de trente ans appartienne à quelque groupuscule pour vous en cire un peu plus,, sur ces Conseils hongrois d’abord, puis éventuellement sur ceux de Yougoslavie, sur les Comités d’autogestion algériens, sur la gestion ouvrière en général et tous les problèmes qu’elle soulève dans les organisations révolutionnaires. Pour finir, vous auriez probablement droit au baratin obligatoire sur la nécessité du parti révolutionnaire, d’un vrai de vrai celui-là, et le seul capable de guider et diriger ces pauvres Conseils de travailleurs issus de la base.

Il y a donc lieu d’expliquer ce qu’ont été et ce que peuvent être ces Conseils. Ce n’est pas une forme théorique d’organisation préconisée par des stratèges de la révolution. Ce sont au contraire des organismes surgis spontanément au cours des luttes ouvrières. Rappeler ce fait bien concret est tout simplement tirer un des plus importants enseignement de l’histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire.

Mais nous sommes en France et le mot Conseil n’a jamais été très employé pour désigner ces organismes que les travailleurs élisent au cours des batailles qu’il leur faut livrer contre le patronat et l’État. Comme en Espagne, c’est le mot Comité qui est couramment utilisé pour nommer ce groupe de délégués chargé des tâches d’organisation de toute action de quelque envergure.

Pour comprendre ce qu’est un Conseil ouvrier, partons donc tout bonnement d’un simple Comité de grève. Mais d’un vrai Comité de grève, c’est-à-dire élu par l’ensemble des travailleurs au début de la grève et susceptible d’être modifié dans sa composition au cours des assemblées générales tenues pendant la durée de l’action engagée, ce qui lui donne le caractère d’un Comité exclusivement exécutif et non d’un Comité dirigeant. Comme on le voit, un tel Comité de grève n’a, d’autre part, rien à voir avec un comité composé exclusivement de responsables des différents syndicats d’une entreprise, ce qui ne veut pas dire qu’au sein d’un Comité de grève élu par l’ensemble du personnel ne figurent pas des militants syndicaux ou des d’un parti ou organisation politique. Tous les courants de pensée influencent les travailleurs et un Comité élu ne peut que refléter ce qui est et qui change au cours de la lutte.

Qu’une grève dure, s’étende et se fonde dans un assaut plus global contre le régime d’exploitation, etr voilà chaque Comité de grève placé devant des problèmes nouveaux. Il doit faire face à des responsabilités plus élargies qui peuvent aller jusqu’à la tentative de gestion de l’entreprise, en coordination avec tous les autres Comités ayant pris en charge l’administration, la distribution, etc… bref l’organisation et la gestion de toute la société nouvelle qui se crée.

Organismes de lutte au départ, les Comités de travailleurs, ces Conseils ouvriers, peuvent donc devenir des organismes du pouvoir ouvrier, et il leur reviendrait de défendre ce pouvoir contre l’assaut de toutes les forces répressives de la classe dominante menacée. C’est une lutte sans merci comme l’histoire des grands mouvements révolutionnaires nous l’a appris. C’est alors qu’aux Comités ou Conseils de travailleurs se joignent des Comités de soldats, de marins, et que dans les villes se créent des Comités de quartiers, enfin que partout les exploités s’organisent, et tout en livrant bataille, mettent en place les structures d’une nouvelle société.

On comprend que tout comme au cours d’une grève, la plus grande vigilance soit nécessaire pour que les Comités ou Conseils de travailleurs conservent leur originalité, c’est-à-dire qu’ils restent toujours sous le contrôle de ceux qui les ont élus. Car l’histoire nous a appris qu’aucune forme d’organisation n’est garantie contre la bureaucratisation ou contre la conquête par un parti hiérarchisé, auquel cas les Conseils Ouvriers peuvent devenir de simples instruments au service d’une minorité agissante.

Tel fut le sort des Soviets de 1917 lorsque les bolchéviks devinrent majoritaires en leur sein, et celui des Conseils Ouvriers allemands lorsque le parti social-démocrate parvint à les contrôler. Si donc les Comités ou Conseils sont pour les travailleurs la meilleure forme d’organisation qu’ils se soient donnés spontanément dans le passé et qu’ils [se] recréent à l’occasion de nouvelles luttes, faut-il encore que le niveau de conscience atteint dans ces luttes permette de préserver ces organisme de toute dégénérescence. Nous touchons là un problème qui méritera d’être repris. Le texte de Pannekoek publié dans notre numéro 1 nous y aidera. C’est dans un processus de transformation permanente que s’effectue l’adaptation de la conscience à l’existence sociale, nous dit Pannekoek qui s’est efforcé de démêler tout ce qui intervient dans cette formation d’une conscience. En fait le niveau de conscience ne se laisse guère analyser, il se vérifie dans et par la lutte des classes.

Pour en rester aux Conseils ou Comités qui peuvent nous intéresser présentement ou dans un proche avenir, c’est-à-dire des Comités de grève ou Comités d’action qui verraient le jour au cours de grèves sauvages ou de nouveaux combats d’ouvriers ou d’étudiants de quelque envergure, il faut évidemment souligner l’avantage énorme qu’ils présentent en tant qu’organismes mobilisateurs et unificateurs. Qu’importe alors la multiplicité des tendances qui peuvent s’exprimer au sein des Comités, et dont il serait vain de souhaiter la disparition. Les nécessités de l’action donnent aux divergences leur véritable importance et aux formations de toutes sortes leur vraie dimension.

Il faut d’autre part remarquer, et cela aussi est une leçon de l’histoire, que les travailleurs ne créent des Comités ou Conseils que lorsque les organisations traditionnelles, partis et syndicats, n’ont plus leur confiance, et sans que pour autant ils puissent miser sur les groupements d’extrême gauche dont la multiplicité ou la faiblesse sont rebutantes. Dans de telles situations il ne faut donc pas s’étonner que s’impose la création d’organismes unitaires élus par les travailleurs eux-mêmes.

Nous ne prétendons pas être les seuls à considérer les Conseils ou Comités comme les organismes indispensables à toute action révolutionnaire. Mais ce qui nous distingue des autres courants communistes et qui nous vaut cette appellation de Communistes de Conseils, c’est le fait que nous voyons dans ces Conseils les seuls organes réellement représentatifs des travailleurs, et que tous nos efforts tendent à les aider à conserver leur autonomie par rapport à toutes les formations qui se proposent de les diriger.

Nous nous rattachons à, et nous nous réclamons de ce communisme de gauche que Lénine essaya d’éreinter en le dénonçant comme "la maladie infantile du communisme". Depuis 1920, date à laquelle ce livre de Lénine fut écrit, nous pensons que l’histoire a tranché. La notion léniniste du parti dirigeant ne peut que conduire à une société techno-bureaucratique au sein de laquelle une nouvelle classe dominante remplace la bourgeoisie pour perpétuer l’exploitation des travailleurs. Le léninisme mène au Capitalisme d’État et non au socialisme qui ne peut être que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Revenons à la situation présente caractérisée par le fait que chez de nombreux jeunes ouvriers et étudiants se manifeste la volonté de "continuer le combat" et de faire survivre ou revivre ce qui s’était spontanément créé en Mai et Juin. Vouloir à tout prix, c’est-à-dire artificiellement, prolonger la vie d’organismes nés dans et pour l’action risque, en l’absence d’une participation massive des travailleurs ou des étudiants, de conduire à l’animation de petits cénacles dont la vie est conditionnée par l’entente ou l’affrontement des militants des multiples tendances qui cherchent surtout à étendre leur influence.

Mais il n’en reste pas moins que nous ne pouvons nous désintéresser de l’existence tant dans les entreprises qu’en milieu étudiant de noyaux qui peuvent malgré tout être considérés comme les embryons des nouveaux comités qu’un rebondissement de la lutte de classes ferait naître. N’oublions jamais que la réalité nous offre rarement l’exemple de création d’organismes aussi purs que nous les voudrions. L’action concrète ne se déroule pas davantage suivant des schémas et dans le sens que nous pourrions souhaiter.

Notre rôle consiste simplement à défendre nos conceptions grâce à une participation active aux combats dans lesquels nous nous sommes engagés en tant que travailleurs.

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